La musique traditionnelle lao

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Les amis du Laos connaissent le lamvong mais le lam saravan mérite qu’on le connaisse. Dire que c’est simplement une danse, c’est laisser de côté ses autres composantes. C’est plus qu’une danse ou une musique c’est une véritable tradition culturelle qui se maintient à l’heure actuelle contre vents et marées. Comme son nom l’indique c’est d’abord une tradition régionale, celle de Saravan et son rayonnement (Paksé, le Plateau des Bolovens). Elle a séduit aussi les régions septentrionales comme Vientiane et Luang Prabang pour s’installer dans les fêtes. Pas de fêtes sans le lam saravan ou le lamvong.
La sonorité du Sud apporte un élément disons-le « exotique » bien charmant pour ceux du Nord.

La danse à elle seule mérite le détour. Quand on regarde les gens danser c’est déjà plein d’humour : danser sur un seul pied, avec une seule main/un seul bras, se baisser, se lever tout en dansant. Si la musique est reconnaissable à des passages invitant les danseurs à se conformer à ces fantaisies, elle est pleine d’humour et de gaieté et très souvent à double sens : le sens figuré fait allusion à des situations cocasses ou à des évocations amoureuses, voire sexuelles. Parce que c’est aussi une cour d’amour, un chant alterné entre jeunes filles et garçons à la recherche de l’âme sœur. Quand on entend cette musique les jambes se mettent au rythme toutes seules puisqu’elle est bien rythmée et un peu plus rapide que le lamvong qui est une danse très reposante et très douce qui reflète la vie paisible de ces contrées. Il faudrait des pages et des pages pour parvenir à faire ressortir ce que ces danses vous inspirent et vous enchantent. Vieux vaut peut-être une prise directe avec elles en écoutant quelques échantillons. L’interprétation par la gracieuse Latsami Phoudindong ne va pas vous laisser, espérons-nous, indifférents.

Pay mouane nam kan, Lam Saravan, un mode de chant du Sud (*) :

Pha kan ma mouane, une variante de Lam Saravan (*) :

Yan te ai bo ka, encore une autre variante de Lam Saravan (*) :

Si vous appréciez cette chanteuse, vous pouvez la voir sur des vidéos mises en ligne sur le web. Il suffit de chercher « lam saravan » ou directement « Latsami Phoudindong » et vous trouverez.
Kulap Paksan, le Lamvong, une danse populaire du Laos sur l’air devenu un grand classique puisqu’il s’agit de :

Kulap Paksan (**) :

Khapthum, un mode de chant traditionnel de Luang Prabang sur Youtube
Une autre interprétation, par une autre chanteuse cette fois, et une jolie danse exécutée par de jeunes filles. On s’amuse.
En tout cas nous appelons de tous nos vœux pour que ces traditions soient classées patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Les voisins vietnamiens ont déjà fait classer plusieurs traditions (Le chant de Cour de Hue, la traditions quan ho, le mode de chant ca trù, les fêtes et la musique de gong chez les minorités des Hauts Plateau du Centre Vietnam, les fêtes du village Phù Đổng qui a pour génie tutélaire un personnage légendaire), la France n’a eu aucun problème à faire classer « Le compagnonnage, réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier », « Le repas gastronomique des Français », etc. Mais le chemin vers le classement n’est pas toujours évidente, il faut comme tout, connaitre la procédure, savoir frapper à la bonne porte, à supposer qu’on a déjà bien recensé les traditions à sauvegarder.

Voir la liste complète du patrimoine immatériel classé par l’UNESCO

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(*) Ces trois chansons sont extraites de l’album ຂັບ ລຳ ທ້ອງ ຖີ່ນ ແຕ່ ເຫນືອ ເຖີງ ໃຕ້ qu’on peut traduire rapidement par Chants traditionnels du Nord au Sud, de la chanteuse Latsami Phudindong  (ລັດສມີ ພູ ດີນ ດົງ).

(**) Cette chanson est tirée de l’album ກ໊ຽວ ສາວ ຫລາຍ ເມືອງ (« danser » avec les filles de différentes provinces) du chanteur Kongla Vongsamphan (ກົງ ລາ ວົງ ສຳ ພັນ).