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Parcours des anciens initiés de l’Inde

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« O vous tous de Paris, de Padoue, de Montpellier, de Salerne, de Vienne et de Leipzig ! vous n’êtes pas des instructeurs de la vérité, mais des confesseurs de l’erreur. Votre philosophie est un mensonge. Si vous voulez savoir ce qu’est réellement la MAGIE, cherchez-le dans l’Apocalypse de saint Jean… Puisque vous ne pouvez pas prouver vous-mêmes vos enseignements au moyen de la Bible et de la Révélation, mettez un terme à vos farces. La Bible est la clé et le véritable interprète. Saint Jean, de même que Moïse, Elie, Enoch, David, Salomon, Daniel, Jérémie et tous les autres prophètes, était un magicien, un cabaliste et un devin. Si aujourd’hui un de ceux que je viens d’énumérer, ou même eux tous, étaient encore de ce monde, je ne doute pas que vous en feriez un exemple dans votre infâme abattoir ; vous les immoleriez sur place, et si cela vous était possible, le Créateur de toutes choses aussi !!! » Paracelse (1493 – 1541), médecin, alchimiste.

Délimitons bien, pour arriver à la plus grande clarté possible dans cette exposition, les attributs des différentes classes d’initiés.
Il résulte des études que nous venons de faire :
1. Que les initiés du premier degré, étaient soumis à un traitement qui avait pour but de comprimer leur volonté et leur intelligence, et par des jeûnes, des macérations, des privations de toutes espèces, des exercices violents dans le même cercle, de changer pour ainsi dire la direction de leurs forces physiologiques. Celte classe de brahmes, ne s’élevait jamais au-dessus des manifestations extérieures de la puissance occulte ;
2° Que les initiés du second degré ne faisaient qu’un pas de plus dans la voie des évocations et des phénomènes, et tout en résumant en eux l’expression la plus élevée de la puissance manifestée, n’arrivaient pas à l’initiation philosophique;
3° Que seuls les initiés du troisième degré, sannyassis-nirvanys et yoguys, soulevaient le voile des formules qui cachaient les hautes spéculations métaphysiques.
Le principal devoir de cette classe d’hommes est d’arriver à l’oubli complet des choses de ce monde.
Les sages de l’Inde, comparent les passions à ces nuages épais qui, jusqu’à ce qu’ils se dissipent, dérobent la vue du soleil et obscurcissent l’éclat de sa lumière ; à un vent violent qui en agitant la surface de l’eau, l’empêche de réfléchir les splendeurs de la voûte céleste ; à l’enveloppe des chrysalides qui les prive de liberté ; à la coque de certains fruits qui empêche leurs parfums de se répandre au dehors.
Cependant, ajoutent-ils, la chrysalide ronge son enveloppe, s’ouvre un passage, et s’envole dans l’espace, conquérant l’air, la lumière et la liberté.
« Il en est de même de l’âme, dit l’Agrouchada. Sa prison dans le corps, où la tiennent séquestrée les embarras du monde et le tumulte des passions, ne sera pas éternelle ; après une longue suite de renaissances, l’étincelle de sagesse qui est en elle venant à s’allumer, elle réussira enfin par la pratique longtemps continuée de la pénitence et de la contemplation, à rompre à peu près tous les liens qui l’attachaient au monde, et redoublera de vertu jusqu’à ce qu’elle ait atteint le degré de sagesse et de spiritualité qui doit l’identifier avec la divinité ; alors quittant son corps qui la retient captive, elle prendra librement son essor et ira s’unir pour toujours au premier principe dont elle est émanée. »
Parvenu au troisième degré d’initiation, le brahme doit se perfectionner, se spiritualiser par la contemplation; il passe alors par les quatre états suivants :
Salokiam,
Samipiam,
Souaroupiam,
Sayodjyam.
Salokiam signifie unité de lien. Dans cet état, l’âme s’efforce, par la pensée, de s’élever jusqu’à la céleste demeure, et de se placer en face de la Divinité, elle converse avec les pitris qui l’ont précédée dans les espaces immortels, et elle se sert de son corps comme d’une machine inconsciente, pour transcrire sous la forme durable de l’écriture, les sublimes enseignements qu’elle reçoit des mânes des ancêtres.

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Éléphant sculpté. Inde

Samipiam signifie proximité. Par l’exercice de la contemplation et l’éloignement des objets terrestres, la connaissance et la pensée de Dieu deviennent plus familières; l’âme semble se rapprocher de lui, elle devient voyante et commence à entrevoir des merveilles qui ne sont plus de la terre.
Souaroupiam signifie ressemblance. Dans ce troisième état, l’âme acquiert peu à peu une parfaite ressemblance avec la Divinité, et acquiert une parcelle de tous ses attributs ; elle lit dans l’avenir et l’univers n’a plus de secrets pour elle.
Sayodjyam signifie identité. L’âme s’unit alors intimement à la grande Âme. Cette dernière transformation n’a lieu que par la mort, c’est-à-dire le dégagement complet de tous les liens matériels.
L’ouvrage que nous analysons explique le passage de l’âme dans ces quatre états par la comparaison suivante :
« Si l’on veut extraire d’une masse composée de quatre métaux, l’or qui s’y trouve incorporé, on n’en viendra pas à bout en la soumettant une seule fois à la fusion ; ce n’est qu’en faisant passer à plusieurs reprises cet alliage par la coupelle, qu’on divisera en définitive les parties hétérogènes qui le composent, et que l’or en sera départi dans toute sa pureté. »
Les deux modes de contemplation les plus en usage portent les noms de Sabda-Brahma et de Sabda-Vischnou, ou entretien avec Brahma et Vischnou.
C’est par le jeûne et les prières dans les forêts, dans les jungles, au milieu des bêtes fauves qu’ils dominent par la puissance du fluide pur -agasa– sur les bords déserts des torrents, que les nirvanys— nus—et les yoguys — contemplatifs — se préparent à ces méditations supérieures.
A toutes les époques de grandes crises dans l’histoire de l’Inde, et lorsque la caste sacerdotale s’apprêtait à frapper un coup décisif pour faire rentrer les populations dans la soumission et le devoir, on les a vus quitter leurs réduits dans les déserts, ou leurs sombres retraites de l’intérieur des temples, pour venir prêcher aux masses l’obéissance et l’abnégation.
Ils arrivaient, entourés de tigres et de panthères, aussi doux sous leurs mains que des agneaux, et accomplissaient les phénomènes les plus extraordinaires, faisant déborder les fleuves, pâlir la lumière du soleil, ou encore faisant inscrire par une puissance inconnue, sur les murailles de leurs palais, la sentence de condamnation des Rajahs persécuteurs des brahmes.
L’étude des vérités philosophiques, ne supprime pas pour les contemplatifs les tapassas ou macérations corporelles. On dirait, au contraire, que ces derniers se sont appliqués à les exagérer.
Il en est qui, une fois par semaine, se tiennent nus au centre d’un cercle entouré par quatre feux ardents, sans cesse alimentés par les novices.
D’autres se font enterrer jusqu’au cou dans le sable brûlant, laissant leur crâne exposé à toutes les ardeurs du soleil.
D’autres encore se tiennent debout sur un pied jusqu’à ce que la jambe enfle et se couvre d’ulcères.
Tout ce qui atteint le corps, le ronge, tend à l’anéantir sans le supprimer d’une manière immédiate, est méritoire.
Chaque soir nirvanys et yoguys interrompent leurs exercices et leurs études pour aller méditer dans la campagne, au soleil couchant. Cependant ces macérations corporelles prirent, quelques siècles avant notre ère, un extraordinaire caractère de sauvagerie.
Aux premiers contemplatifs de l’Inde, qui donnaient tout leur temps à la méditation et ne livraient leur corps à la souffrance physique qu’une fois la semaine, succédèrent des fanatiques qui ne mirent plus de bornes à l’exagération d’un fol enthousiasme, et s’imposèrent les plus atroces supplices.
Les initiés supérieurs abandonnèrent alors, par une réaction plus spiritualiste, tous les anciens tapassas —punitions corporelles, — il ne s’appliquèrent plus à captiver l’admiration populaire par des austérités excessives, contraires aux lois de la nature ; une humilité profonde, un ardent désir de vivre inconnus du monde, de n’avoir que la divinité pour témoin de la pureté de leurs mœurs, s’emparèrent d’eux, et s’ils conservèrent la pratique des jeûnes excessifs, ce fut peut être pour ne pas se mettre en contradiction avec les préceptes formels de l’Écriture sacrée.
Aujourd’hui, ce genre d’austérités est le seul qui soit imposé à toutes les classes des initiés.
Par contre, les fakirs se sont peu à peu attribué tous les anciens supplices, et en les exagérant encore, ils se les imposent en public, aux jours de grandes fêtes, avec un indomptable fanatisme.

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Kissing rock. Quelque part en Californie sur le rivage de Pacific Grove.

Depuis la chute du pouvoir temporel des brahmes, les initiés supérieurs ne sont plus, en résumé, que des cénobites qui, soit dans le désert, soit dans les cryptes souterraines des temples, partagent leur vie entre la contemplation, la prière, les sacrifices, l’étude des problèmes philosophiques les plus élevés, et l’évocation des pitris, qu’ils considèrent comme les intermédiaires entre la divinité et les hommes.
Ces esprits, mânes des saints personnages qui ont abandonné le monde, après une vie de privations, de bonnes œuvres et d’illustres exemples, reçoivent un culte régulier et sont invoqués comme les directeurs de leurs frères, retenus encore par les liens de l’existence terrestre.
Les premiers chrétiens, avec leurs apparitions, leurs apôtres qui recevaient le don des langues, leurs thaumaturges, leurs exorcistes, ne furent que les continuateurs d’une tradition qui ne s’est jamais interrompue dans l’antiquité ; il n’y a aucune différence entre les disciples de Pierre et de Paul et les initiés de l’Inde, entre les saints du christianisme des catacombes et les pitris des brahmes.
Plus tard, les chefs, dans l’intérêt de leur domination temporelle et religieuse, firent déroger la pratique et les croyances, et peu à peu le vieux culte de l’antiquité a revêtu les formes modernes que l’on connaît…
C’est seulement après avoir franchi les trois premiers des quatre états contemplatifs que nous venons de signaler, que les nyrvanis et yoguys étaient introduits aux suprêmes études philosophiques, qui leur livraient les secrets du présent et de l’avenir des destinées humaines. Lorsque l’initié du troisième degré, dépassait l’âge de quatre vingts ans, et qu’il ne faisait pas partie du conseil suprême, dont les membres restaient dans la vie militante jusqu’à leur mort, il était tenu d’abandonner la pagode ou l’ermitage qu’il habitait, de renoncer à toutes les pratiques pieuses, cérémonies, sacrifices et évocations, et de se retirer dans quelque lieu inhabité pour y attendre la mort; il ne recevait plus sa nourriture que du hasard, il devait s’éteindre dans la contemplation de l’infini.

« Se désistant alors de tous ses devoirs, dit Manou, abandonnant la direction des sacrifices et l’accomplissement des cinq ablutions, ayant effacé toutes ses fautes par les purifications prescrites, réprimé ses organes et compris toute l’étendue du Véda, qu’il s’en remette à son fils pour toutes les cérémonies et l’offrande du repas funéraire.
« Après avoir ainsi abandonné toute pratique pieuse, tout acte de dévotion austère, appliquant son esprit à la contemplation unique de la grande cause première, exempt de tout désir mauvais, son âme est déjà sur le seuil du swarga, alors que son enveloppe mortelle habite encore, comme les dernières lueurs d’une lampe qui s’éteint. »

Extrait de :

Louis Jacolliot, Le spiritisme dans le monde : l’initiation et les sciences occultes dans l’Inde et chez tous les peuples de l’antiquité, E. Flammarion, 1892, pp. 99 – 105

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Les initiés des temps anciens

vignette« Souviens-toi, mon fils, disaient les brahmes indous au néophyte, qu’il n’y a qu’un seul Dieu, maître souverain et principe de toutes choses, et que tout brahme doit l’adorer en secret. Mais sache aussi que c’est un mystère qui ne doit jamais être révélé au stupide vulgaire. Si tu le faisais, il t’arriverait de grands malheurs. »

Ce n’est pas dans les ouvrages religieux de l’antiquité, tels que les Védas, le Zend-Avesta, la Bible, qu’il faut aller chercher l’expression exacte des croyances élevées de leur époque. Écrits pour être lus, ou plutôt chantés dans les temples, aux jours de grandes fêtes, ces Livres de la loi, conçus dans un but de domination sacerdotale, n’avaient point mission de livrer au vulgaire, le secret des sciences, dont les prêtres et les initiés occupaient leurs loisirs.
« Souviens-toi, mon fils, disaient les brahmes indous au néophyte, qu’il n’y a qu’un seul Dieu, maître souverain et principe de toutes choses, et que tout brahme doit l’adorer en secret. Mais sache aussi que c’est un mystère qui ne doit jamais être révélé au stupide vulgaire. Si tu le faisais, il t’arriverait de grands malheurs. »
La même prohibition se montre à chaque pas dans Manou.
«  La Sainte Syllabe primitive, composée de trois lettres A – U – M, dans laquelle la Trinité védique est comprise, doit être gardée secrète... »
(Manou, liv. XI, sloca 205.)
Ces trois lettres symbolisaient tous les secrets de l’initiation aux sciences occultes. Lire la suite

Les fakirs – suite

vignette« Les jouissances temporelles passent comme un songe; la beauté se flétrit comme une fleur; la vie la plus longue disparaît comme un éclair; notre existence est comparable à une de ces bulles qui se forment sur la Surface de l’eau. » Sagesse indienne

Il fut exact au rendez-vous.

Nous recommençâmes la même série d’expériences, qui réussirent aussi bien que la veille.

Mon émotion première, parfaitement compréhensible dans le milieu où elle s’était produite, avait disparu ; mais je n’avais pas fait un seul pas vers les croyances au merveilleux et aux évocations. Je me bornai à formuler en moi-même cette supposition:

« Si ce n’est pas charlatanisme pur, influence magnétique ou hallucination, qui doivent surtout être regardés comme les causes de ces faits…, peut-être y-a-t-il là une force naturelle dont les lois sont encore inconnues, qui permet à celui qui la possède d’agir sur des objets inanimés et de traduire votre pensée comme le télégraphe qui met en communication deux volontés sur deux points opposés du globe. » Lire la suite

Les fakirs

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« De même que l’âme est enfermée dans le corps ;
« Que l’amande est cachée par son enveloppe ;
« Que les nuages voilent le soleil ;
« Que les vêtements dérobent la vue du corps;
« Que l’œuf est comprimé par sa coque ;
« Et que le germe se repose dans l’intérieur de la graine,
« De même la loi sacrée, a son corps, son enveloppe, ses
nuages, ses vêtements, sa coque, qui la dérobent à la connaissance
de la foule.
« Tout ce qui a été, tout ce qui est, tout ce qui sera, tout ce qui a été dit, se trouve dans les védas. Mais les védas n’expliquent pas les védas, et ils ne peuvent être compris, que quand la main du gourou les a dépouillés de leurs vêtements, a dissipé les nuages qui voilent leur céleste lumière. »
Agrouchada-Parikchai
(compendium philosophique des spirites indous).


Juste un mot sur les fakirs avant de laisser la parole à notre auteur indianiste Louis Jacolliot qui présente le parcours et la vie d’un brahmane de la naissance à la mort dans la première partie de l’ouvrage dont nous avons extrait les passages ci-dessous. Les fakirs sont dans la tradition des brahmanes les initiés du premier degré « après avoir passé vingt ans de leur vie, macérant leur corps par le jeune et les privations de toute nature, assouplissant son intelligence par les prières, les invocations et les sacrifices» mais qui ne seront pas initiés du second degré. Il faut vingt ans pour passer d’un degré à un autre quand on réussit, et il y en a trois sans parler des vingt ans après.
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Quelques mots sur la chronologie des Indous

vignette« La Fontaine a copié Phèdre, Phèdre a copié Babrias, Babrias a copié Esope, Esope a copié le fabuliste indou Pilpay de l’époque royale, Pilpay a copié Bamsamyayer de l’époque brahmanique, et Bamsamyayer a copié Casyappa de l’époque patriarcale. Voilà une généalogie indiscutable, car les œuvres de ces différents fabulistes nous sont restées et il suffît de les interroger pour se convaincre qu’aucun d’eux n’a pris la peine de dissimuler son imitation. » Louis Jacolliot, Les fils de Dieu.

Afin de rendre la lecture plus fluide, nous insérons au début de chaque article des liens de cette série inédite d’une vingtaine d’extraits de plusieurs ouvrages sur l’origine du christianisme et ses rapports avec les anciennes religions de l’Inde, bref une comparaison de la Bible avec les anciens textes sanscrits. C’était l’oeuvre de Louis Jacolliot (1837 – 1890), magistrat français aux Indes au temps de la colonisation.

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Nous ne pouvions commencer ce chapitre par une citation mieux appropriée au sujet, que cette phrase d’un discours du savant brahme Tamasatchari, qui fut notre professeur de samscrit dans l’Inde…
S’il est un reproche que notre époque mérite qu’on lui fasse, c’est celui d’étudier l’Inde avec les préjugés de la chronologie biblique, et de faire de la science avec un système religieux. Il s’établit peu à peu, en matière d’orientalisme, une science officielle qui si on n’y prend garde sera la ruine des études ethnologiques, et remplacera la vérité historique par des inventions d’école. Lire la suite

La race des Aryas – Aryens ?

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« Je remplis de joie tout l’univers, semblable à un nuage qui verse [partout] une eau homogène, toujours également bien disposé pour les Âryas comme pour les hommes les plus bas [1], pour les hommes vertueux comme pour les méchants. » (parole de Bouddha)

Afin de rendre la lecture plus fluide, nous insérons au début de chaque article des liens de cette série inédite d’une vingtaine d’extraits de plusieurs ouvrages sur l’origine du christianisme et ses rapports avec les anciennes religions de l’Inde, bref une comparaison de la Bible avec les anciens textes sanscrits. C’était l’oeuvre de Louis Jacolliot (1837 – 1890), magistrat français aux Indes au temps de la colonisation.

Afin de rendre la lecture plus fluide, nous insérons au début de chaque article des liens de cette série inédite d’une vingtaine d’extraits de plusieurs ouvrages sur l’origine du christianisme et ses rapports avec les anciennes religions de l’Inde, bref une comparaison de la Bible avec les anciens textes sanscrits. C’était l’oeuvre de Louis Jacolliot (1837 – 1890), magistrat français aux Indes au temps de la colonisation.

ARYAS — ARIOI — ARII — ARIA  — ARIMAN

Avant d’aborder l’histoire des cérémonies, des mystères, des incarnations indous, de présenter dans son ensemble ce symbole religieux que les différentes émigrations parties des plateaux de la haute Asie ont emporté. en le transformant, sur les terres nouvelles qu’elles venaient coloniser, que l’Égypte conserva dans le sanctuaire de ses temples, que les compagnons d’Iodha abritèrent dans les sombres forêts du nord, que la Grèce honora dans les mystères d’Ephèse et de Delphes, et dont le christianisme ne fut qu’une rénovation aussi complète que possible:
Qu’on nous permette d’emprunter à la philologie une des plus extraordinaires preuves qu’elle puisse fournir, que tous les peuples du globe, hors ceux appartenant à la race noire, ont eu pour berceau les plateaux de l’Hymalaya et les plaines de l’Inde; et que les émigrations successives qui se sont répandues jusque dans les contrées les plus éloignées, n’ont commencé qu’à une époque où la langue était déjà fixée, la domination brahmanique bien établie, et par conséquent ont dû emporter avec elles, tous les préjugés, idées, mœurs et coutumes d‘une civilisation déjà Vieille. Lire la suite

Zeus – Iezeus – Isis – Jésus

vignette« Poussé par le désir de créer (qui est en Brahmâ), l’Esprit opère la création et produit l’éther auquel on reconnaît la propriété du son. L’éther en se transformant donne naissance à l’air, pur, puissant, véhicule de toutes les odeurs, auquel on attribue la propriété de la tangibilité. Puis l’air en se transformant donne naissance à la lumière brillante, qui éclaire et dissipe les ténèbres : on lui reconnaît la propriété de la couleur. La lumière en se transformant (donne naissance à) l’eau qui a pour propriété la saveur; de l’eau (provient) la terre qui a pour propriété l’odeur : telle est la création à l’origine. » (Les lois de Manou)

Afin de rendre la lecture plus fluide, nous insérons au début de chaque article des liens de cette série inédite d’une vingtaine d’extraits de plusieurs ouvrages sur l’origine du christianisme et ses rapports avec les anciennes religions de l’Inde, bref une comparaison de la Bible avec les anciens textes sanscrits. C’était l’oeuvre de Louis Jacolliot (1837 – 1890), magistrat français aux Indes au temps de la colonisation.

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De même que les quatre législateurs dont nous avons parlé, Manou, Manès, Minos et Moses, dominent la société antique tout entière, de même ces quatre noms, Zeus, Iezeus, Isis, Jésus, sont à la tête de toutes les traditions religieuses des temps anciens et modernes.
Zeus, en sanscrit, signifie le Dieu par excellence; c’est l’épithète de Brahma, non agissant, irrévélé avant la création. Ce nom renferme en lui tous les attributs de l’Être suprême : Brahma-Vischnou-Siva.
Cette expression de Zeus fut admise sans le moindre changement par les Grecs; pour eux elle représente également Dieu dans sa pure essence, dans son existence mystique ; quand il sort de son repos et se révèle par l’action, l’Être suprême reçoit de la mythologie grecque le nom de Zeus-pater, c’est-à-dire Jupiter, Dieu père, créateur, maître du ciel et des hommes.
Le latin, adoptant ce mot sanscrit et grec de Zeus, ne lui fit subir qu’une légère modification d’écriture, et ce nom de Zeus devint Deus, d’où nous avons tiré nous-mêmes notre expression de Dieu, avec une signification identique à celle adoptée par les anciens.
Dieu est, en effet, dans l’idée chrétienne, le nom de l’Être symbolique, réunissant en lui tous les attributs des trois personnes de la Trinité : le Père, le Fils, le Saint-Esprit.
Ainsi, ce nom de Dieu, dans son origine grammaticale, c’est-à-dire dans son étymologie, aussi bien que dans le sens figuré qu’on y attache, n’est qu’un legs du sanscrit, qu’une tradition indoue. De Zeus, les Grecs firent aussi Théos. Cette seconde expression s’éloignait peu de la première, car si nous avons rendu par notre ‘th’ le ‘z’ un peu aspiré du sanscrit et le ‘thêta’ du grec, en suivant les règles de prononciation de ces deux langues, nous lirions Zéos, plutôt que Théos. Le ‘th’ grec n’est qu’un ‘z’ fort et aspiré.
Du Zeus sanscrit est né également le Jéhova des Hébreux, qui signifie celui qui existe par lui-même, copie évidente de la définition de l’Être suprême par Manou, livre Ier, sloca 6 : « Le Seigneur existant par lui-même, et qui n’est pas à la portée des sens externes. » Lire la suite

Minos et la Grèce

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« Un homme donne à l’Inde des lois politiques et religieuses, et il s’appelle Manou. Le législateur égyptien reçoit le nom de Manès. Un Crétois se rend en Égypte pour étudier les institutions dont il veut doter son pays, et l’histoire conserve son souvenir sous le nom de Minos. » Louis Jacolliot ( 1837 – 1890), La Bible dans l’Inde.

Afin de rendre la lecture plus fluide, nous insérons au début de chaque article des liens de cette série inédite d’une vingtaine d’extraits de plusieurs ouvrages sur l’origine du christianisme et ses rapports avec les anciennes religions de l’Inde, bref une comparaison de la Bible avec les anciens textes sanscrits. C’était l’oeuvre de Louis Jacolliot (1837 – 1890), magistrat français aux Indes au temps de la colonisation.

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La preuve la plus irréfutable de l’influence de l’Inde sur la Grèce est dans ce fait, sur lequel nous nous sommes déjà fort longuement étendu, que le sanscrit a formé la langue de ce pays. En effet, tous les noms des époques fabuleuses et héroïques des dieux et des demi-dieux, tous les noms des peuples que la Grèce nous a transmis sont du sanscrit presque pur ; on peut dire également que la plupart des mots qui composent cette langue et sa syntaxe ont la même origine, et cela sans craindre le plus léger démenti, et, si les discussions pouvaient se produire sur ce terrain, il nous serait facile de démontrer que cette assertion est simplement une vérité mathématique qui, comme telle, peut vigoureusement s’affirmer et se prouver. Aussi ne consacrerons nous que quelques lignes au législateur crétois, dont l’oeuvre écrite, du reste, ne nous est pas parvenue.
Minos a une origine incontestablement asiatique; l’histoire grecque le fait venir de l’Orient en Crète, où le peuple, frappé de sa sagesse, lui demanda des lois. Il se mit alors à voyager en Égypte, dont il étudia les institutions ; l’Asie, la Perse et les rives de l’Indus le virent à leur tour interroger les traditions et les législations antiques, puis il revint donner aux Crétois son livre de la loi, qui, peu après, fut adopté par la Grèce entière.
Ce fut probablement à la suite de ses voyages qu’il reçut le nom de Minos, dont, ainsi que nous l’avons dit, la racine sanscrite signifie : législateur, et on conçoit qu’en présence de ses pérégrinations en Égypte et en Asie, en présence de son origine orientale, nous nous trouvions à l’aise pour le rapprocher de Manou et de Manès et émettre l’opinion, attestée par les faits, puisqu’il est remonté aux sources primitives pour s’instruire, qu’il s’est inspiré des oeuvres des législateurs indous et égyptiens, et qu’il a tenu à honneur de s’approprier le titre honorifique que la reconnaissance des peuples avait décerné à ses deux devanciers. Lire la suite

Jacolliot indianiste par passion

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« Les rois cherchent la guerre comme les mouches recherchent les ulcères; les méchants ne se plaisent que dans les querelles; l’honnête homme fuit les rois, les mouches et les méchants. » (Sagesse indienne)

Afin de rendre la lecture plus fluide, nous insérons au début de chaque article des liens de cette série inédite d’une vingtaine d’extraits de plusieurs ouvrages sur l’origine du christianisme et ses rapports avec les anciennes religions de l’Inde, bref une comparaison de la Bible avec les anciens textes sanscrits. C’était l’oeuvre de Louis Jacolliot (1837 – 1890), magistrat français aux Indes au temps de la colonisation.

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Nous avons, dans nos dernières publications, présenté Louis Jacolliot (1837-1890) à travers des extraits de ses ouvrages. Avant de publier d’autres traductions de textes indiens découverts par notre chercheur, notamment la version indienne de la Genèse, du déluge, etc., nous tenons à présenter à nos lecteurs-internautes le point de vue de Jacolliot sur les recherches menées par des Occidentaux en Inde en matière d’histoire et de civilisation, sa méthode d’approche qui n’a rien à envier à nos méthodes actuelles à plus d’un siècle de distance. Tout anthropologue ou ethnologue en particulier, doit connaître son terrain pour être pris au sérieux, et pour connaître son terrain il faut avoir fait du terrain : partir pour la terre étrangère, y vivre avec le peuple étudié, apprendre sa langue, sa culture matérielle et idéelle, etc. Ces aspects nous semblent évidents mais ce n’était pas le cas au XIXe siècle où bien des « savants » ont déclaré : « J’ai tout lu sur … » sans jamais sortir de leur bureau. Lire la suite