Archives pour la catégorie Pot-pourri

billets d’humeur et autres écrits

Salauds de Russes

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Salauds de Russes qui rapprochent leurs frontières de nos missiles et bases militaires
Salauds de Russes qui ont choisi comme président un ancien du KGB
Salauds de Russes qui accordent le droit d’asile au traître terroriste Snowden
Salauds de Russes qui ne veulent plus brader leurs industries comme au bon vieux temps de l’ Alcoolo
Salauds de Russes qui nous empêchent d’intervenir en Syrie
Salauds de Russes qui, au Conseil de sécurité de l’ONU, bloquent nos guerres
Salauds de Russes qui dénoncent nos interventions en Afghanistan, en Irak, en Libye, et pourtant nous y avons sauvé la démocratie et la liberté. La paix s’est installée, il suffit d’ouvrir les yeux
Salauds de Russes qui coopèrent avec les Chinois pour nous emmerder
Salauds de Russes qui veulent en finir avec nos dollars comme les Chinois et autres mécréants
Salauds de Russes qui contribuent à créer une nouvelle banque au sein des BRICS [1] pour marginaliser nos FMI et BM
Salauds de Russes qui ne se laissent pas provoquer en envoyant des troupes en Ukraine comme on s’y attendait
Salaud de Russes qui se cachent derrière l’attentat frappant un avion de ligne
Salauds de Russes qui arment et équipent les terroristes séparatistes ukrainiens
Salauds de Russes qui ne respectent pas l’intégrité du territoire national ukrainien
Salaud de Russes qui accueillent des réfugiés ukrainiens pour mieux manœuvrer les masses crédules
Salauds de Russes qui dénoncent le trafic d’organes alimenté par la guerre en Ukraine comme au bon temps du Kosovo
Salauds de Russes qui dénoncent nos snipers tirant dans la foule des deux côtés
Salauds de Russes qui ne croient pas à la révolution colorée
Salauds de Russes qui dénoncent les excès et la barbarie commis par les forces ukrainiennes
Salauds de Russes qui dénoncent la présence des néo-nazis dans le gouvernement de nos amis ukrainiens

Nos amis ukrainiens qui nous ont confié en toute confiance leur or
Nos amis ukrainiens qui viennent de privatiser leurs industries comme on attendait d’eux
Nos amis ukrainiens qui n’hésitent pas à tirer dans la foule pour se faire respecter
Nos amis ukrainiens qui ne font que bombarder la population avec des munitions au phosphore [2] pour la faire renoncer à la sécession
Nos amis ukrainiens qui accueillent les bras ouverts nos conseillers militaires
Nos amis ukrainiens qui ont le courage d’appeler à prendre des armes pour tuer les Russes
Nos amis ukrainiens qui parlent simplement de tuer 1,5 millions d’Ukrainiens inutiles de la région du Donbass [3]
Nos amis ukrainiens qui ont les meilleurs défenseurs de la liberté, les Femen
Nos amis ukrainiens qui sont des agneaux à côté des loups russes

Salauds de Russes qui nous ont trahi sur la marche du monde
Salauds de Russes qui soutiennent Satan qui rime avec l’Iran
Salauds de Russes qui continuent à diriger leur pays comme un goulag
Salauds de Russes qui emprisonnent leurs défenseurs de la liberté d’expression, pensez au Pussy Riot
Salauds de Russes qui interdisent l’activité de nos fondations promouvant la démocratie et la liberté

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Salauds de Russes, si vous installez vos missiles et bases militaires près de nos frontières on vous grillera avec nos lance-flammes, on vous écrasera comme des bêtes sous nos bottes
Salauds de Russes si vous comptez faire des affaires avec nous, on vous montrera ce dont on est capables
Salauds de Russes, si vous envoyez vos agents chez nous pour mieux nous dénoncer on les enverra en vacances à Guantanamo
Salauds de Russes, si vous dénoncez nos 600 camps de la FEMA [4] nous transformerons la Russie en enfer
Salauds de Russes, si vous dénoncez notre Patriot Act [5] nous livrerons Moscou aux flammes
Salauds de Russes si vous dénoncez notre leadership nous noierons votre économie dans le sang
Salauds de Russes si vous dénoncez notre puissance unilatérale nous ramènerons Saint-Petersbourg – comme Bagdad – à l’Âge de pierre
Salauds de Russes, si vous dénoncez l’emprisonnement de Léonard Peltier [6] nous capturons tous les Russes à l’étranger
Salauds de Russes si vous dénoncez nos mensonges nous vous abreuverons de votre sang
Salauds de Russes si vous dénoncez nos médias patriotes nous brûlerons tous vos journaux
Salauds de Russes si tout cela ne suffit pas alors il faut qu’on soulage la Terre de votre poids en appuyant sur NUKE et le monde vous condamnera…

Les Gangsters du N.O.M

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Notes :

[1] . Ce bloc rassemble les cinq pays suivants : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud.
[2]. Les munitions au phosphore sont interdites par la Convention de Genève.
[3] . Pour ukrainiser la région du Donbass, un journaliste dans le camp de l’actuel gouvernement ne trouve rien de mieux que de tuer 1,5 millions d’Ukrainiens « inutiles ». On voit qui sont les monstres ! Voir la vidéo ci-dessous :

Image de prévisualisation YouTube

[4]. Ces camps qui peuvent recevoir chacun 20.000 personnes sont opérationnels depuis Bush fils. Les mauvaises langues parlent de camps de concentration en cas de guerre civile. En tout cas il y a largement la place pour les opposants de tous ordres. La FEMA (Federal Emergency Management Agency) est une agence fédérale de gestion des situations d’urgence.
[5]. Loi adoptée au lendemain du 11 septembre 2001 au nom de la lutte contre le terrorisme et qui réduit les libertés individuelles: par exemple, sur simple soupçon de terrorisme par des agences de sécurité, toute personne sur le territoire, citoyen ou non des États-Unis, peut être arrêtée et détenue sans formalité aucune.
[6]. Léonard Peltier est actuellement le plus ancien prisonnier politique dans le monde : arrêté après la révolte de Wounded Knee en 1973 menée par les Oglala (Sioux pour les Français), il est accusé d’avoir tué deux agents du FBI trouvés morts après une fusillade, crime qu’il a toujours nié d’avoir commis. La famille et les associations qui le soutiennent ont épuisé toutes les voies légales et administratives de recours pour essayer de le faire libérer, en vain.

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Bonne année 2014

vignetteLe blog.danco souhaite

À toutes & à tous une bonne et heureuse année, une année d’espoir & de changement. Repartir sur de nouvelles bases saines sans avoir à recourir aux barricades !

Kính chúc các anh, các chị, các bạn, và các quý nhân một năm mới vui tươi và nhiều hy vọng.

To all a Happy New Year, a year of hope & change.



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Crédit illustration :
cette peinture naïve a été empruntée au site d’Alain Thomas

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Au fond du bois la dioxine

vignetteUn projet d’incinérateur géant au bord du Parc Naturel Régional du Morvan

En dépit des mensonges accumulés, et du « secret professionnel » qu’on leur opposait, ceux des habitants de la région qui se sont alertés et regroupés en ont appris toujours davantage, sur ce projet d’un incinérateur-scierie géant et très polluant à Sardy, à 500 mètres du Parc du Morvan, à 6 km du gros bourg de Corbigny dans la Nièvre (58).
Le Morvan : une sorte de « poumon vert » de la région Bourgogne, ou même le Cœur de la France comme l’a écrit Joseph Bruley (1910-1999) [1], pour seules ressources l’élevage des bovins charolais et le bois justement, et il le sait très bien, le Morvan dont la chanson emblématique La Morvandelle évoque « les bois, les prés, les eaux, et la forêt si belle ».

Fini, la forêt si belle ?
Le saccage de la forêt commencé dans les années 1970 par les banquiers et assureurs français va s’accélérer avec la pression des investisseurs belges et luxembourgeois.

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La forêt qu’on saccage

Le projet actuel d’incinérateur-scierie de Sardy est mené par l’entreprise ERSCIA et son directeur pour la France Pascal Jacob, les principaux actionnaires sont au Luxembourg, paradis fiscal. Coiffant le tout, on dit que le grand patron est en Belgique, un ancien avocat radié, reconverti, et qui aurait plus d’une fois « bouffé la grenouille » comme disent les Morvandiaux quand quelqu’un fait faillite. ERSCIA a commencé par annoncer une scierie et un cogénérateur, les citoyens mobilisés se sont vite aperçus que sous la façade affirmée se cachaient un incinérateur et une usine de production électrique. L’incinérateur était annoncé par l’entreprise ERSCIA comme devant incinérer 0 % de bois pollués, on en est actuellement à l’aveu d’une tranche de 53 % à 75 % de bois non biomasse donc pollués : des vieux bois peints, vernis, contenant de la peinture au plomb, des colles, etc. Le stockage et les fumées polluant non seulement les airs mais les sols, les eaux, les nappes phréatiques nombreuses ici. Avec un danger particulièrement mortel représenté par la dioxine, au vu des maxima de pollution autorisés dans l’arrêté préfectoral.
Sans compter les camions : entre les entrants qui transportent les grumes (bois entrant) et les sortants qui emportent les pellets ou les planches (bois sortant) dans ce petit pays calme, 336 passages de camions par jour. Routes défoncées, gaz d’échappement et vacarme sur les routes et dans les rues des villages, dangers publics, commerce et tourisme sinistrés.
Autre chiffre décisif, celui des emplois. Les élus promettent 120 emplois. Un rêve pour les Morvandiaux. Mais quand on constate ce qui se passe réellement, l’évaluation tombe à 50 créations d’emplois, pour combien de suppressions liées aux fermetures des autres scieries, au tourisme fusillé ?

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Le point Info-Accueil

 

La ruée vers l’or vert

Laissons la parole aux citoyens mobilisés, dont nous parlerons plus loin.

«Pour quoi ? Pour faire des planches de mauvaise qualité et ce qu’ils osent appeler de l’électricité verte : du carburant pour chaudières transporté en Belgique par camions. Quelques emplois pour quelques années (le pic de production sera atteint dans cinq ans). Quelques sondages en hausse et puis viendra la délocalisation vers une autre région à ravager. Un petit nombre sera enrichi, beaucoup auront tout perdu : les employés des petites entreprises locales du bois, qui n’auront pu faire face à la concurrence,tous ceux qui vivent de la forêt et de l’attrait d’une région trop « pauvre » pour attirer les requins de la finance… jusqu’à la crise énergétique et la ruée vers l’or vert. Il faudra un siècle au moins pour restaurer la forêt réduite par cette économie coloniale à une surface de monoculture intensive (de résineux, NDLR), d’arbres calibrés pour l’industrie.
Les tribunaux ont donné trois fois raison aux citoyens contre ce projet industriel aberrant, mais pendant que la procédure s’éternise, il avance »

La fin de l’été 2013 est en effet décisive, on attend une énième décision de la justice.

Comptons sur les élus pour prendre le parti de la raison, de l’honnêteté, du désintéressement. Voyons un peu.

Monsieur Magnon, maire de Corbigny et président de la communauté de communes.

Il a déployé à la mairie une optimiste bannière : « Des emplois. Vite la scierie ERSCIA »

Il a fait une déclaration rassurante concernant les rejets en affirmant » qu’il n’y avait aucun problème pour la santé et qu’il faudrait dépasser la dose maximale de 50 fois pour qu’il puisse y en avoir« . Le total d’heures de fonctionnement sans filtre annuel autorisé en cas d’incident correspond à 500 fois la dose maximale. C’est-à-dire 10 fois la dose que M. Magnon considère comme dangereuse pour la santé.

Monsieur Magnon enfin nous indique dans le Journal du Centre du 14 février 2013 : « C’est un projet respectueux de l’environnement, un projet construit par un industriel compétent ». Il insiste : «Ce projet (ERSCIA) va apporter une bouffée d’air frais sur tout le pays Nivernais-Morvan. »

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Un abri contre les bêtes humaines

Humour ? En tout cas vous avez deviné la profession de Docteur Magnon. Il est … médecin…

 

Continuons à compter sur les élus.

« Le ministre – comme son collègue du « Redressement productif », comme le député, soutiennent ERSCIA.

Voyons le député. Continuons à citer à ce sujet les citoyens mobilisés. Précisons que dans la région, terre de gauche, on vote Parti socialiste.

À Corbigny, le député Christian Paul soutient le projet et protège les bûcherons qui ont commencé à saccager le site avec l’aide des gendarmes mobiles.

Et à Paris, il est co-créateur de la gauche durable, mouvement de parlementaires appelant à « Créer des cadres démocratiques nouveaux (…) Pousser les feux de la réflexion et de l’action (…) Pour soi et pour les autres une société meilleure. »

Sans commentaire.
Voyons donc les élus de base. Les maires des villages… eh bien craignent des représailles et suivent les directives d’en haut favorables à l’incinérateur.

On dira qu’il existe heureusement l’instance du Parc Naturel Régional, créée comme l’indique son nom,, pour veiller sur la nature, c’est-à-dire pour ici la forêt. Mais le Parc s’est mis aux abonnés absents, semble-t-il.

L’humain a abandonné la sagesse.
Il s’est égaré loin d’elle.
La sagesse nous abandonne, nous laissant aller à notre perte…
Le Morvan existe encore, mais pour combien de temps !
Le Morvan, terre bénie, est le poumon de la Bourgogne.
Un projet satanique est né, ERSCIA ! Roi du mensonge en permanence, Erscia a projeté de raser, pour commencer, une forêt de feuillus de 100 ha, pour développer une scierie dévastatrice et un incinérateur super polluant susceptible de polluer toute une région et polluer aussi une énorme nappe phréatique située dans le sous-sol de cette forêt.
Rappelons-nous Tchernobyl dont le nuage n’a pas franchi la frontière française !
Ce projet est une super aberration écologique d’abord puis économique ensuite.
Comment donner notre richesse collective à des gens venus de l’étranger qui n’ont rien à faire de la dioxine qui se répandra sur les zones d’élevage bovins, dans les jardins, dans les maisons ? La pollution est invisible mais elle sera violente ; la dioxine et le reste seront des poisons très dangereux au fil des temps.
Subissant des pressions, les maires des communes avoisinantes sont pour le projet. De toute façon, aux questions posées la réponse est toujours : « secret professionnel ».

Herbeverte

Reste à compter sur la population.

Sinistrée, elle est fascinée en grande partie par les promesses de création d’emplois. Les Morvandiaux actuels sont nés dans une région encore verte, encore naturelle, encore préservée… mais il est difficile d’affirmer que la majorité d’entre eux s’intéresse vraiment à cette nature qui leur paraît plate et banale, alors que la modernité et le confort technique des villes miroitent au loin. En un mot, ceux qui s’opposent à ERSCIA sont des convaincus et des militants fervents… mais pas trop nombreux. Les « locaux » qui se mobilisent sont rejoints par des amis de la nature et de la région, par d’anciens militants de Notre-Dame-des-Landes. Morvandiaux, encore un effort pour retrouver la tête dure de vos ancêtres !

Restent donc les citoyens mobilisés.

À l’été 2013, la pétition anti-ERSCIA avait rassemblé plus de 73.000 signatures (voir adresse plus bas).

Le collectif qui a lancé l’appel aux premières heures a repris l’acronyme ZAD inventé sur le site de Notre-Dame-des-Landes et qui signifie « Zone à Défendre » et a nommé le site menacé par ERSCIA « ZAD du Bois du Tronçay ». Ils ont installé au bord de ce bois menacé une vigilance permanente, hiver comme été, et environ 600 personnes s’y relaient.
Au bord du bois, s’est installée une ruche avec accueil, point d’information, documentation, visite organisée… Le quotidien s’est organisé sous les arbres, point cuisine, point salle d’eau, plusieurs points enfants, point réunions, petit potager… On explique , on compare, on échange des idées, des adresses. Cet été 2013 les visiteurs n’ont pas manqué, chacun apportant une aide matérielle, technique ou morale. Toute présence, toute visite sont les bienvenues ! L’information a été diffusée sur les réseaux sociaux, d’où les soutiens larges.

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La popote dans un coin du bois

L’Association ADRET-MORVAN, dans le collectif, est à l’origine du périodique L’écho des Adrets qui en est à son troisième numéro, auteur de nombreuses feuilles d’information, contenant des nouvelles politiques et sociales et des études de fond animées par son comité scientifique, par ses investigations administratives et juridiques.

 

La fin d’été et le début d’automne seront décisifs ! N’oublions pas que le projet de méga décharge à Volgré (Yonne) en 2007, pendant la campagne présidentielle, a été enterré suite aux mobilisations du collectif des Trois Vallées qui s’y opposait.

N’oublions pas que chaque résistance locale crée autour d’elle des vagues qui pourraient submerger des dangers qui nous menacent.

De notre envoyé spécial

Ajiel

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ADRET-MORVAN : http://www.adretmorvan.org
Email : contact@adretmorvan.org

Pétition : http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/touche-pas-%C3%A0-ma-for%C3%AAt-non-%C3%A0-la-destruction-du-morvan

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Note :
[1]. Journaliste, écrivain originaire du Morvan et auteur entre autres de : Morvan cœur de la France, 3 volumes, Éd. La Morvandelle, Paris, 1964 à 1966.

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Sectes thérapeutiques et thérapies sectaires : le Sénat aussi sort sa seringue

Sur le site du Sénat le rapport sur les dérives sectaires est ainsi présenté : « La commission d’enquête livre son constat et formule 41 propositions après 72 auditions au cours desquelles elle a entendu associations de victimes, professionnels de santé, experts et représentants d’autorités sanitaires ainsi que des principales administrations concernées. Elle a aussi souhaité entendre des représentants d’organismes et d’associations faisant la promotion de pratiques thérapeutiques sur lesquelles son attention a été alertée. »

Ce rapport qui a été adopté à l’unanimité [1] des présents le 2 avril puis remis au président du Sénat et enregistré le 3 avril 2013, a fait l’objet d’un débat au sein du Sénat le 11 juin dernier.

Ceux ou celles qui souhaitent connaître ce rapport en détails comme la composition de la commission, l’examen du rapport, les auditions, etc., peuvent aller le télécharger directement sur le site du Sénat. Pour notre part, faute de temps, nous ne faisons que le parcourir en en relevant les aspects les plus inquiétants : sa dérive dictatoriale. Au nom de l’ordre public, de l’ordre social, au nom des patients donc des citoyens, on formule des recommandations ou des propositions sans être allé au fond du problème, ni donner la parole aux citoyens, les premiers concernés. L’un des membres de la commission va jusqu’à se soustraire de la responsabilité en disant : « A ce stade, le rapport ne fait qu’une suggestion, il ne décide de rien. [2] ». Cette réflexion hallucinante de la part d’un élu ressemble à une scène de lapidation où l’un des participants se cache après y avoir participé. Imaginons la portée des propositions énumérées dans ce rapport si elles sont appliquées !

Ce rapport est un réquisitoire en règle ! On a déjà en tête des suspects, des pratiques suspectes, on cherche à confirmer les idées reçues en faisant peur avec des histoires abracadabrantes.

D’abord sur la méthode : la médecine conventionnelle est présentée comme victime dans un « combat à armes inégales : les promesses de la magie contre la rigueur de la pensée rationnelle » [3]. Cette vision réductrice, partielle et partiale, teintée de mauvaise foi rappelle aussi des procès politiques dans les régimes totalitaires, ou l’Inquisition qui, sans aucun remords, et au nom d’un dogme, a jeté au brasier par centaines de milliers des êtres humains accusés de sorcellerie. C’est encore et toujours les tenants du pouvoir qui accusent, avant de punir et détruire des destins et des vies d’une petite minorité dérangeante, au nom de l’ordre public, et en l’occurrence pas au nom d’un ordre professionnel quelconque. Ici comme dans des thrillers, il suffit de se poser la question : « À qui profite le crime » pour avoir une idée sur le commanditaire.

Cette commission cherche à faire peur avec des cas sensationnels même si elle peine à trouver des victimes de sectes ou de thérapies alternatives, ou même des personnes en danger. C’est dans ce but de faire peur qu’elle ressasse le cas de l’Ordre du Temple Solaire qui d’après la version officielle a provoqué des suicides collectifs de ses membres en 1995, alors que les tenants et aboutissants de cette affaire demandent à être mis en lumière. En 2005, l’avocat Jean-Pierre Joseph a bien sonné l’alarme dans une interview en disant que cette affaire est très suspecte car elle impliquait le monde de la finance, la politique, l’immobilier, le blanchiment d’argent sale pour ne pas dire la mafia. Tout a été orchestré dans le moindre détail à tel point qu’on « découvrit » que les « suicidés » ont tous été criblés de balles dans le dos puis grillés au lance-flamme ! Tout récemment, il y un mois le psychosociologue et psychothérapeute, Christian Cotten, président-fondateur de Politique de Vie revient sur cette affaire trouble dans son communiqué de presse en s’adressant à l’ancien secrétaire général de l’Élysée et ancien ministre de l’intérieur du quinquennat précédent, Claude Guéant. Il n’est pas du tout établi que les crimes qui sont attribués à l’Ordre du temple solaire soient commis par cette secte [4].
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Les sectes, combien de bataillons ?

Le cas du « présumé gourou » Robert Le Dinh est bien sûr du pain béni. Rappelons brièvement que Le Dinh a été arrêté pour motif de dérive sectaire sur dénonciation d’un couple de disciples. De la garde à vue à la détention, le « gourou » fut accusé à la Cour d’assises de l’Ariège de « viol », « agressions sexuelles, y compris sur des mineures », d’ »hypnose mentale » (NouvelObs), de « manipulation et d’emprise mentale » (La Dépêche). Une des principales plaignantes, Isabelle Lorenzato, dit avoir été violée pendant 22 ans par Robert Le Dinh, c’est-à-dire depuis son arrivée dans le « groupe » à 19 ans avec son mari ! Et c’est la parole de l’une contre celle de l’autre. Mais dans un climat antisecte, l’UNADFI soutenue par la Miviludes, s’est constituée partie civile, où « l’émotionnel l’emporte sur la Justice de la preuve », on condamne « le gourou » bien entendu. Mais très curieusement (ou hypocritement?) on a entendu l’avocate générale souligner « qu’elle ne venait pas requérir « contre une secte », une « philosophie » ou « une croyance » dans le respect des « deux principes fondateurs de la liberté de conscience et de la liberté religieuse » mais contre « un homme » [5] ».

Le « gourou total » Robert Le Dinh s’est trouvé finalement avec une condamnation de 10 ans par la Cour d’assises de la Haute-Garonne pour « agressions sexuelles aggravées ». D’après les avocats de Robert Le Dinh « La secte est aujourd’hui abandonnée, elle n’existe pas. Il n’y a plus rien de l’idée de secte, tant sur la manipulation mentale pour obtenir des faveurs sexuelles que sur la même manipulation mentale pour obtenir de l’argent ». Soulignons simplement que Le Dinh a été arrêté avec chef d’inculpation de dérive sectaire, à la fin du procès, il n’y a plus de dérives sectaires, plus question de sectes, en toute logique, le présumé coupable aurait dû être relâché ! Mais non. Au cours de sa détention, les choses ont évolué ! Allez comprendre les arcanes de la Justice !
La commission a aussi rapporté le cas de Mme B. reconnue victime, sous l’emprise pendant douze ans d’un psychopathe, un petit malin qui vit aux dépens des autres. Elle est finalement sauvée par son frère venu l’aider. Mais avant d’en arriver là, la famille de Mme B. a alerté le procureur de la République qui n’a pas donné suite car Mme B. est majeure donc consentante [6] ; une plainte a même été déposée par la famille, classée sans suite là aussi ! Pourquoi la Justice n’est-elle pas intervenue à temps pour sauver une personne en danger vivant dans une «petite épicerie de la manipulation mentale»,  alors qu’elle a été par deux fois alertée ? Bien sûr que la Justice est infaillible ! « Le gourou a été condamné à quatre ans de détention » sur la base du dossier rassemblé par l’avocat de la victime, dans lequel la violence physique et sexuelle était mise sur le tapis. De l’autre côté « le gourou total » Le Dinh a été condamné à 10 ans sur simple dénonciation d’une personne comme on vient de le voir. La Justice a décidément des logiques que le profane a du mal à suivre car ça lui donne des maux de tête.

Un autre cas fut rapporté par la commission : l’affaire des reclus de Monflanquin qui s’est avérée une affaire d’escroquerie dont l’instigateur, Thierry Tilly, nommé aussi « gourou » fut condamné à 10 ans de prison ferme dont 5 ans de privations des droits civiques et civils pour avoir dépouillé une famille aristocratique du sud-ouest [7].
Voilà l’état des lieux brossé par la commission sénatoriale.

Le président de la Miviludes, M. Serge Blisko estime à 400 le nombre de « pratiques étranges » dont la liste complète serait très impressionnante. Voici un extrait de cette liste :
Acupuncture, Aromathérapie, Bioénergie, Biomagnétisme, Biorésonance, Diététique chinoise, Digitopuncture, Feng Shui, Géobiologie, Guérisseur, Homéopathie, Hydrothérapie, Hypnose, Kinésiologie, Kinésithérapie, Magnétisme, Manupuncture coréenne, Médecine ayurvédique, Médecine traditionnelle chinoise, Musicothérapie, Naturopathie, Ostéopathie, Phytothérapie, Psychothérapie, Qi Cong, Radiesthésie, Reiki, Relaxation, Sage-femme libérale, Shiatsu, Yoga, etc. Le nombre de pratiquants de toutes ces thérapies s’élèverait à 15.000 [8].

Comme méthode, on commence par ameuter tout le monde dont le pouvoir public et des collectivités en disant qu’il y a un « danger » [9], et pour faire peur on montre du doigt l’exemple le plus terrifiant (mais qui reste à être élucidé) et quelques suspects condamnés ou non, puis on donne la liste des thérapies suspectes, l’amalgame et la « magie manipulatrice » fait le reste : ces thérapies représentent un danger pour la santé publique !

Si la Commission sénatoriale observe qu’il règne une confusion dans les rangs des contestataires de la médecine conventionnelle du fait de l’utilisation des termes tels que : »médecine traditionnelle », « médecine alternative », « médecine douce », « médecine parallèle », etc., elle ne s’est pas donné la peine d’appliquer cette rigueur à elle même, car la médecine conventionnelle est nommée tantôt « médecine traditionnelle », tantôt « médecine classique », tantôt « médecine traditionnelle occidentale ». En parlant des médecines douces, alternatives ou traditionnelles quand elles sont d’origine étrangères (comme l’acupuncture qui est une branche de médecine traditionnelle chinoise, ou la médecine ayurvédique), la Commission déclare : « La terminologie « médecine traditionnelle » est d’autant plus inadaptée que la notion de médecin suppose de s’appuyer sur la recherche, l’innovation et le progrès scientifique qui ne sont pas nécessairement du ressort de ces traditions. » On part de « la médecine traditionnelle » on dérive vers la notion de « médecin » , et d’autre part on suppose qu’une tradition ne peut qu’être figée dans le temps comme une momie. Les anthropologues apprécieront cette affirmation gratuite et spontanée ! Si la commission est logique avec elle-même, elle doit abandonner l’appellation « médecine traditionnelle » de la médecine conventionnelle.
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Cette médecine toute puissante se réclame de la science, soit. « Mais ces contestations sont paradoxales car la médecine, dans la mesure où elle est une science, se construit justement sur la remise en cause de ses présupposés et s’ouvre depuis toujours aux critiques qui lui sont adressées » [10]. La médecine conventionnelle est ouverte aux critiques dit-on, il suffit de voir le nombre de médecins menacés ou rayés par le Conseil de l’Ordre et interdits d’exercer leurs professions, comme le suggère encore le Rapport, pour apprécier cette ouverture aux critiques. C’est à l’instigation de cette médecine conventionnelle qu’on continue à faire disparaître à coups de réglementations ou de mesures administratives, des pratiques et des savoirs traditionnels légués par des générations anciennes qu’on appelle par commodité la « médecine traditionnelle » et qui relève des connaissances empiriques, comme en matière de plantes médicinales par exemple. Mais ceci n’est nullement une hypocrisie, c’est simplement du double langage ! À ce qu’on sache, le double langage n’est pas un délit ni un crime, c’est simplement une virtuosité d’un esprit … malsain.

Le langage de la guerre

Question langage, celui utilisé dans ce rapport relève de l’art… de faire la guerre : « propagande », « tentative de déstabilisation », « cyberpatrouille », « attaques », « menaces », « réprimer avec une sévérité particulière », « que les pouvoirs publics réagissent énergiquement », « combat à armes inégales », etc. Il s’agit bien de mener la guerre contre les insoumis qui refusent le monopole d’une corporation ayant pignon sur rue, autrement dit les premiers concernés et lucides se dressent contre une volonté dictatoriale : « Si vous ne faites pas comme nous vous êtes contre nous ! » À ce qu’on sache, on n’a encore entendu ou vu aucun représentant, ou adepte, etc. d’une thérapie quelconque menacer des médecins conventionnés en leur dictant de quitter la médecine conventionnelle pour le rejoindre ! Ce qui se passe c’est plutôt l’inverse : le Conseil de l’Ordre des médecins menace ses confrères de les rayer de l’Ordre s’ils n’abandonnent pas leurs méthodes non reconnues, le pouvoir public stigmatise et intimide les pratiquants de thérapies alternatives en les faisant passer pour des sectes, et on sait ce qui pourra arriver au tribunal avec de telles accusations ! Cette volonté hégémonique sonne mal avec la liberté pour les citoyens de choisir la thérapie qui leur convient, pour les thérapeutes alternatifs d’exercer leur profession tout simplement, elle appauvrit les connaissances humaines pour les réduire à une seule pratique. Si les résultats des thérapies alternatives, douces, parallèles, etc. sont scrutés à la loupe, (malheur à celui qui échoue à guérir un malade) est-ce qu’on en exige avec autant de zèle des médecins conventionnés ? Ces derniers ne sont nullement sanctionnés pour leurs résultats soient-ils catastrophiques.  D’un côté si le malade décède, c’est la faute de ses maladies, de l’autre c’est la faute du thérapeute ! Que fait-on des erreurs médicales ? Mais il n’y a aucun parti pris ! On est guidé par l’objectivité, par la science ! Et blablabla, blablabla !

Comme il n’existe pas de définition de la secte en droit français, la commission sénatoriale adopte une terminologie plus floue de « dérive sectaire » dont les contours dépendent de celui qui l’utilise. C’est bien pratique, comme la guerre préventive. On se retrouve donc devant une situation qui, selon le Rapport, met en danger des individus, mais reste insaisissable car mal définie. Pour y remédier on a recours à des « faisceaux d’indices », des « effets produits » sur des victimes, ou des « critères », qui appliqués à d’autres domaines, feront tomber ces derniers automatiquement dans la « dérive sectaire ». Parmi « les neuf critères d’emprise mentale exposés par M. le Professeur Parquet » [11], on trouve par exemple : « adhésion et allégeance inconditionnelle, affective, comportementale, intellectuelle, morale et sociale à une personne, un groupe ou une institution ». Si la Commission devait appliquer ce critère à un militaire de l’armée, un militant zélé d’un parti politique ou un croyant de l’Église, elle obtiendrait obligatoirement le résultat attendu : celui qui relève des mouvements sectaires. L’armée, le parti politique en question et l’Église seraient passibles de dérives sectaires ! Prenons un autre critère : « impossibilité de se remettre en cause et de promouvoir un changement ». Dans l’état actuel des choses est-ce qu’on peut vraiment dire que le Conseil de l’Ordre des médecins, la Commission elle-même, la Miviludes sont capables de se remettre en cause ? Sinon, ils sont susceptibles eux-aussi d’être accusés de « dérive sectaire »…Voilà les accusateurs qui se retrouvent accusés par leurs propres accusations ! On peut objecter que ces critères ne sont pas ceux de la Commission mais d’une personne, le Professeur Parquet, ceci dit, la Commission les a fait siens en les intégrant dans son rapport.

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Passons maintenant au « faisceau d’indices » (de dérive sectaire) que la Commission a découvert sans l’aide de personne cette fois. Nous trouvons par exemple :

  • « les atteintes à l’intégrité physique (on se demande vraiment si les sectes ou les thérapies stigmatisées ne charcutent pas leurs adeptes, les victimes, ceux qui les font vivre, soulignés par nous…) ;
  • le discours plus ou moins antisocial ;
  • les troubles à l’ordre public ;
  • l’éventuel détournement des circuits économiques traditionnels ;
  • les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics. »

À la lecture de ces passages identificateurs, on reste sur notre soif de savoir quand est-ce qu’il y a dérive sectaire : est-ce quand l’ensemble des « critères », ou « des faisceaux d’indices », ou « effets produits sur les victimes » est vérifié, ou bien il suffit qu’un des faisceaux, des indices ou des critères soit constaté ou vérifié pour identifier un groupe ou un individu, une pratique thérapeutique à une dérive sectaire ou thérapeutique ? Là aussi c’est le flou caractéristique de la paresse d’esprit qui domine. Là aussi, le flou rendrait le travail de l’enquêteur plus confortable, comme c’est ni oui ni non, ni le contraire, tout devient possible, il suffit de l’interpréter comme on veut.

En tout cas, avec les « faisceaux d’indices » on passe à un autre registre, celui de l’ennemi public. Et c’est ce qui est sous-entendu qui nous effraie : un discours antisocial peut être assimilé à une dérive sectaire, par conséquent délictueux, passible de peines. Cela veut dire aussi que pour être tranquille, il vaut mieux s’abstenir de critiquer la société quelle qu’elle soit sous peine de sanctions, de peines, etc. On dérive bien vers un état autoritaire ou dictatorial car toute critique devient intolérable. Le « faisceau d’indices » intitulé « les troubles à l’ordre public » n’est pas non plus rassurant car la commission se passe d’explications pour assimiler, associer « les dérives sectaires » aux troubles à l’ordre public. Il suffit de l’affirmer ! C’est la porte ouverte à toutes les dérives, dictatoriales comprises. Le « faisceau d’indices » de « l’éventuel détournement des circuits économiques traditionnels » n’est pas à prendre à la légère. La Commission ne s’est pas donné beaucoup de peine, là non plus, pour définir ce que veut dire exactement un « détournement des circuits économiques traditionnels ». De quoi s’agit-il ? Les circuits économiques traditionnels, on voit à peu près ce que c’est, mais le détournement de ce circuit ? On fait du trafic de médicaments ? On vend aux Chinois, aux Russes, à Cuba des produits des firmes pharmaceutiques françaises destinés aux hôpitaux ? Les charlatans guérissent leurs victimes avec des médicaments vendus en pharmacie ? On est passé de la manipulation mentale, du charlatanisme au trafic ? Là c’est plus que flou, on se demande ce que c’est que ce « détournement des circuits économiques traditionnels ». En tout cas l’odeur de l’argent est parvenue jusqu’au nez de la commission ! Il y a sans aucun doute des groupes ou des ordres professionnels qui voient la pratique des thérapies alternatives comme une menace à leur commerce lucratif ! Leur monopole risque de se fragiliser. Ils sont bien prévoyants car à l’heure actuelle où les industries se délocalisent les unes après les autres, le petit commerce est démantelé par les gros centres de distribution, les chômeurs sont de plus en plus nombreux à se demander ce qui les attend dans leur proche avenir, mais à l’heure où la crise sévit, on voit des pharmacies qui grandissent dans de petites villes de province, et chaque matin des vieux gavés de médicaments y font la queue pour leurs rations prescrites. Mais ce n’est pas de la « consommation ». Par contre, le fait qu’une large partie de la population se tourne vers des médecines traditionnelles est déjà souligné par la commission comme de la consommation [12]. Une source professionnelle au Québec estime que 95 % des antibiotiques sont prescrits inutilement [13] ! Suite aux restructurations-rationalisations, on gère les hôpitaux comme on gère une entreprise : les patients deviennent les clients, on ampute un organe comme on change un élément du moteur d’une voiture, l’humain est traité comme un objet [14]. C’est pourquoi certains qualifient la médecine conventionnelle de « médecine de garagiste », une médecine déshumanisée.

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Les questions gênantes

Au lieu de se pencher sur les vrais problèmes et de trouver des solutions, on préfère chercher des boucs émissaires pour leur faire endosser la responsabilité des maux.
Voici quelques questions fondamentales que la Commission et l’Ordre des médecins font l’économie de se poser et d’y trouver de vraies solutions :

  • Pourquoi les gens se détournent de la médecine conventionnelle ?
  • Qu’est-ce qui ne va pas dans la pratique de cette « science » ?
  • Pourquoi certains n’hésitent pas à payer plus cher en allant voir un homéopathe, non conventionné, au lieu de s’adresser à leur médecin qui leur prescrirait des médicaments plus ou moins remboursés ?
  • Malgré des sommes colossales englouties dans la recherche sur le cancer depuis des dizaines et des dizaines d’années, a-t-on fait des progrès dans le traitement des malades sans parler de la guérison ?
  • L’Ordre des médecins est-il capable de se remettre en cause sur les pratiques médicales ou campe-t-il sur sa position comme les vulgaires sectaires incapables « de se remettre en cause et de promouvoir un changement » ?

À ces questions fondamentales il faut ajouter le constat effrayant pour la santé publique :

  • En France chaque année 150.000 hospitalisations sont liées à des accidents médicamenteux, et de 13 à 18.000 morts sont provoquées par des médicaments [15];
  • La France est en tête en Europe dans la consommation de psychotropes (tranquillisants, somnifères, neuroleptiques, antidépresseurs, etc.) [16] ;
  • La France est le premier pays consommateur de pesticides dans l’Union européenne, et le second dans le monde [17] ;
  • Au bout de 20 ans de recherches, trois médecins australiens: Graeme Morgan, Robyn Ward & Michael Baton publient un article dans une revue spécialisée [18], où l’on apprend qu’en Australie, sur les 10.661 personnes atteintes du cancer du sein et traitées par la chimiothérapie, seulement 164 personnes ont survécu pendant cinq ans. [L’article] « étudie les données d’études cliniques avec chimiothérapie au cours des 20 dernières années en Australie et aux USA. Le résultat est tout simplement consternant. En ce qui concerne la survie au bout de 5 ans, et bien qu’en Australie seuls 2,3 % des patients tirent profit d’une chimiothérapie et qu’aux USA, il n’y en ait que 2,1 %, on continue malgré cela à proposer ces mêmes thérapies aux patients cancéreux.

Que fait l’Ordre des médecins avec ce constat, avec ces questions ? Chercher les coupables chez les sectes, chez les thérapeutes farfelus ?

illus Que les choses soient bien claires. Il n’est nullement question ici de protéger les charlatans qui doivent exister dans toutes les professions, y compris chez les politiques. Mais il faut arrêter la politique de deux poids deux mesures. Arrêter de crier au loup quand on est soi-même un loup ! Arrêter de noyer son chien en disant qu’il a la rage. Arrêter de diaboliser un groupe en s’appuyant sur le pouvoir, sinon cela relèvera de la pensée unique stérilisante, du terrorisme médical.
À supposer que les sectes attirent certains à la recherche de quelque chose. Mais avant de rejoindre une secte il faut déjà quitter son milieu d’origine. Si celui-ci a failli, n’a rien à proposer à celui qui est à la recherche d’un sens de la vie, il ne faut pas venir accuser une tierce personne d’en proposer un. On ne quitte pas sa famille, un endroit, un milieu dans lequel on se sent bien, on est heureux, on le quitte car on s’y sent mal, on n’y trouve pas sa place. Que fait la société pour les gens qui n’y trouvent pas leur place ? Il n’y a qu’à regarder le nombre de SDF qui grossit d’année en année sans que cela gêne personne parmi ceux qui ont des responsabilités dans les affaires publiques et sociales. Déjà il est plus facile d’intervenir dans le domaine matériel, mais RIEN ! On ne soigne pas les causes, le mal-être, l’absurdité d’une vie en cage, d’une consommation frénétique de produits frelatés, le ressentiment d’une vie de labeur suivie d’un rejet à la retraite, etc., mais on criminalise celui qui propose des solutions alternatives. Accuser et incriminer l’homme avec qui l’épouse s’en va relève de l’enfantillage. Les sectes n’auraient pas trouvé leur place dans une société où les gens se sentent bien, heureux ! Est-ce qu’on peut dire que la société moderne avec sa médecine scientifique, etc. génère du bonheur, de la solidarité, de la fraternité, de l’humanité ? La déshumanisation est en marche, le rouleau compresseur est à l’oeuvre et celui qui s’écarte de son chemin devient l’homme à abattre. Voilà où en est la société !

Médecine de santé & médecine de maladies

À propos de l’homéopathie, on peut lire ceci dans le rapport de la commission : « La recherche est donc consubstantielle à la médecine française. Or l’homéopathie et l’acupuncture sont pratiquées depuis le début du XIXe siècle dans notre pays : après deux siècles d’usage en Occident, l’absence de preuve de leur efficacité ne tient donc pas à l’absence de possibilité de recherches, mais à l’impossibilité de les évaluer de manière satisfaisante. » [19] C’est de la cécité, de l’aveuglement d’avoir déclaré cette contre-vérité, il faudrait ajouter pour les autres citoyens la réponse à cette question : qui estime que l’homéopathie ou l’acupuncture sont impossibles à évaluer de manière satisfaisante, à part leurs détracteurs ?

En passant, la commission rappelle ironiquement qu’ « En France, chacun se souvient de la triste hypothèse de la « mémoire de l’eau » qui, destinée à justifier l’efficacité des hautes dilutions homéopathiques, affecta fortement la réputation et la carrière de Jacques Benveniste, parce qu’elle était fondée sur des expériences non reproductibles à ce jour.» [20] Cette affaire, comme bien d’autres qui touchent à la science et donc à la médecine, relève du dogme et non de la science. Quand la science a besoin du service d’un illusionniste pour trancher, bonjour la clairvoyance ! Bonjour la science ! Quand on a affaire aux croyants, aux dogmatiques, la foi écrase les faits. Ceux qui ont poursuivi les travaux du malheureux chercheur n’ont rien trouvé à redire, d’autres sont allés encore plus loin dans la même direction. [21]

Puisque la médecine chinoise à été mise à l’index au même titre que d’autres thérapies sans qu’on sache pourquoi, sans que la commission trouve un seul argument ou un seul délit imputable à cette pratique, arrêtons un instant pour faire une petite comparaison entre cette médecine millénaire et la médecine conventionnelle occidentale. En cas de maladie, la médecine traditionnelle chinoise en cherche les causes, fait un diagnostic pour connaître l’état général du malade en dialoguant avec lui avant de lui prescrire un remède personnalisé qui est à base de plantes médicinales dans la plupart des cas [22]. Avec la médecine conventionnelle occidentale, une fois le diagnostic établi, on se contente de lui prescrire un médicament standard, le même pour tout le monde qu’on soit jeune ou vieux, homme ou femme, fort ou faible, etc., et de surcroît ce médicament est fabriqué industriellement à base d’éléments chimiques de synthèse, c’est de l’industrialisation de la médecine. En cas de cancer du sein par exemple, la médecine conventionnelle occidentale sort facilement son bistouri pour enlever ce qu’elle croit être le mal. Mais ce qu’on voit n’est que le symptôme du mal et non le mal lui-même. Alors que la médecine traditionnelle chinoise recourt à des remèdes pour faire disparaître les causes mêmes du mal, elle s’attaque aux causes et non aux symptômes. Éteindre un incendie avec des moyens aussi sophistiqués soient-ils, ne fait pas disparaître ses causes. Les remèdes de la pharmacopée chinoise ont été étudiés depuis des siècles voire des millénaires pour éviter les effets secondaires : un principe actif est toujours accompagné d’un autre élément qui pourrait le cas échéant le tempérer, et ce qui vient tempérer est à son tour contrôlé par un autre principe qui l’empêche de faire tout foirer, etc. Les remèdes doivent obéir aux lois qui les régissent. Alors qu’à l’heure actuelle, lors d’une opération délicate ou d’une chimiothérapie lourde, le patient qui vient se faire soigner le foie par exemple, peut se retrouver avec la tête d’un fémur décalcifié ! Si on pose la question au médecin ou au chirurgien pour savoir pourquoi, on obtiendrait comme réponse du genre : ce sont des « complications » post-opératoires, un euphémisme pour ne pas reconnaître les effets secondaires produits par la méthode du garagiste. Le malade est venu se faire soigner le foie mais il se retrouve en prime avec un fémur qui se décalcifie, alors une deuxième opération qui n’a rien à voir avec le foie, au frais de la sécu. Que demande le peuple ?
Soyez malades, on s’occupe du reste ! La médecine conventionnelle occidentale dite scientifique s’englue encore dans un marécage des effets secondaires, que d’autres thérapies, notamment la médecine chinoise, ont résolu depuis des lustres. Autrefois en Chine, le médecin personnel de l’empereur avait pour tâche de le maintenir en bonne santé. Le jour où le souverain tombait malade, c’était mauvais signe pour son médecin. Car c’est une médecine de santé et non de maladies comme celle pratiquée à l’heure actuelle en Occident. Voilà des réalités qui ne plaisent pas aux tenants de la médecine conventionnelle.

Les seins d’Angelina Jolie

Récemment, le cas de l’actrice Angelina Jolie à qui on a conseillé de se faire amputer les deux seins pour prévenir un cancer du sein est à ce titre symbolique et symptomatique : comme si pour éviter un éventuel accident de voiture on détruit la voiture ! Quelle prévention et quelle science ! Bien sûr ce n’est pas de la publicité pour la médecine de garagiste dans la prévention du cancer ! Bien sûr on ne pourra pas dire que l’actrice aurait eu un cancer du sein car elle n’aura plus de sein, par contre est-ce qu’on est sûr qu’elle n’aura pas de cancer du tout ? Et son cancer de l’ovaire estimé à 50 % sur lequel on a fait l’impasse [23]. Saluons la cohérence médicale ! À la place de cette médecine de charcuterie, on aurait pu lui conseiller d’autres thérapies moins agressive et respectueuse de l’intégrité du corps humain : les produits Beljanski, le 714-X du biologiste Gaston Naessens ou la méthode Lakhovsky, entre autres, auraient pu faire quelque chose sans que le chirurgien ait eu à sortir son bistouri. Mais ces méthodes-là n’ont pas droit de cité dans le milieu médical conventionnel aux États-Unis où la chimiothérapie et la chirurgie règnent en maîtres. En France ce n’est pas mieux, peut-être pire, d’ailleurs Beljanski a été traité de secte le jour où le GIGN, forte de 180 membres, est venu arrêter ce chercheur de 73 ans en hélicoptère comme s’il s’agissait d’un bandit de grand chemin ; et ses produits ont été torpillés. Le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres, parait-il.
Pour terminer ce petit compte rendu, jetons un coup d’oeil sur quelques unes des propositions de la commission : c’est révélateur et il y a de quoi se poser bien des questions :

  • Interdire de faire état de leur titre de docteur aux médecins, dentistes et pharmaciens radiés par leur Ordre et renforcer la coordination internationale, et en premier lieu européenne, en matière d’interdiction d’exercice des praticiens radiés par leur Ordre national.
  • Appeler les procureurs de la République à porter une attention particulière aux suites à donner aux plaintes et signalements s’inscrivant potentiellement dans un contexte sectaire (circulaire du ministère de la justice), notamment lorsqu’ils sont déposés par des proches des victimes.
  • Renforcer le statut de la Miviludes, qui reposerait sur un fondement législatif accordant une immunité encadrée à son président, dans le cadre du rapport qu’il remet chaque année au Premier ministre.
  • Recommander que le CSA exerce une vigilance particulière pour que les défenseurs de pratiques sectaires ou thérapeutiques dénuées de fondement scientifique ne puissent s’exprimer dans les médias sans que la contradiction leur soit apportée.
  • Permettre aux enquêteurs de la cyberpatrouille de la Gendarmerie nationale de mener des investigations sous pseudonyme.
  • Corriger la fiche ROME K 1103 (« développement personnel et bien-être de la personne »), en concertation avec la DGEFP et la Miviludes, pour en extraire certains métiers potentiellement dangereux.
  • Rendre obligatoire un contrôle médical annuel par un médecin assermenté pour les enfants de plus de six ans scolarisés à domicile ou dans des établissements hors contrat.
  • S’assurer que les programmes de l’enseignement secondaire, tant au collège qu’au lycée, intègrent une sensibilisation aux dérives thérapeutiques et sectaires.
  • L’annexe 2 donne la liste des actions à cibler en priorité, qui correspondent au code ROME1 K1103 : aromathérapie, iridologie, bioénergie, fasciathérapie, naturopathie, reiki, etc.

En 2006, la commission d’enquête sur « l’enfance volée » a déjà fait des propositions allant dans ce sens :

  • Concernant l’instruction à domicile, définir précisément les conditions de ce choix, exiger le recours aux instruments pédagogiques offerts par le Cned ou par les organismes privés d’enseignement à distance déclarés, limiter l’instruction à domicile à deux familles et rendre effectif le contrôle annuel de ses modalités ;
  • Renforcer le régime d’agrément des organismes de soutien scolaire ;
    rendre obligatoire un contrôle annuel par la médecine scolaire pour les enfants de plus de 6 ans ;
  • Unifier les régimes de sanction pour les parents refusant de vacciner leurs enfants ;
  • Passer outre le refus des parents en cas de refus de transfusion sanguine sur leur enfant ;
  • Permettre aux grands-parents d’un enfant de saisir directement la justice lorsque la santé, la sécurité ou la moralité de l’enfant est en danger.

illus Il serait trop fastidieux de commenter toutes ces propositions. N’oublions pas que le rapport est le résultat d’enquêtes d’une commission composée de 21 sénateurs qui ont travaillé pendant des mois avec des moyens à la hauteur des enjeux. Le tome 1 contient 318 pages, et le tome 2 (les auditions) 677 pages. Nous tenons cependant à souligner quelques aspects qui nous semblent révélateurs de la volonté hégémonique et de l’attitude dictatoriale de la commission.
Pour un historien, ce rapport n’est pas délimité dans le temps, il perd la moitié de sa valeur : si on veut étudier l’évolution du phénomène sectaire, c’est impossible. On n’a aucun chiffre précis sur les victimes de dérives sectaires d’une année, d’une organisation, d’une région, etc. Il n’y a ni commencement ni fin. Libre donc aux enquêteurs, utilisateurs d’interpréter ! C’est donc un rapport atemporel, ou bien il est valable pour tous les temps. L’absence de délimitation dans le temps installe le sujet dans le présent permanent, dans la durée. On crée un antécédent pour l’ancrer dans les esprits. Une volonté de manipulation ou une carence méthodologique !
En 2012, l’ancien président de la Miviludes, Georges Fenech, a été condamné par la justice pour diffamation envers une association citée dans le rapport pour 2009. Pour éviter ce « dérapage » et c’est un euphémisme, la commission n’a rien trouvé de mieux que de protéger  d’une immunité le président en exercice contre toute attaque. Voilà où nous en sommes. Un esprit sain aurait encadré l’exercice du président pour éviter des dérapages diffamatoires faciles qui nuiraient à l’institution, au lieu de cela on le protège d’une immunité : c’est la porte ouverte à tout : abus, diffamation, désinformation, accusation gratuite avec intention de nuire à autrui. Allez, foncez, vous avez le feu vert de l’Administration, de la loi, la loi d’une société malade, une société de malades.

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Notes

[1] Même si les Écologistes n’ont pas approuvé ce rapport, leur représentante, Mme Lipietz, vice-présidente de la commission a présenté plusieurs amendements qui ont été rejetés dont « L’amendement n° 34 qui tend à rendre possible d’assortir la radiation de l’ordre par une sanction pénale consistant à retirer le titre de docteur. »
[2] Rapport, p. 224.
[3] Ibid., pp. 87, 94.
[4] Des éléments de cette affaire sont mises en ligne sur le site de Politique de vie :
Communiqué de presse du 4 juillet 2001
Citation directe des 40 menteurs devant le TGI
De l’affaire Schuller à l’Ordre du Temple Solaire
Charlie et les 40 menteurs : suite
[5] Affaire du « présumé gourou » Robert Lé Dinh
[6] Rapport, op.cit., p. 598.
[7] http://www.lefigaro.fr/
[8] Rapport, op.cit., p. 35.
[9] Sur le site du Sénat on parle de « la santé en danger », dans le rapport le mot danger revient régulièrement seul ou sous autres formulations: http://www.senat.fr/
[10] Rapport, op.cit., p. 94.
[11] Ibid., p. 240.
[12] Ibid., p. 78.
[13] Ghislaine Lanctôt, La mafia médicale. Comment s’en sortir en vie et retrouver santé et prospérité, Édité par l’auteure, 2002, nouvelle édition, p. 65.
[14] Voir la Lettre ouverte du Dr. Nicole Delepine au ministre de la Santé dans laquelle le pratiquant sonne l’alarme d’une médecine à la dérive aux risques des patients : http://www.nicoledelepine.fr/message-nicoledelepine.php
[15] http://www.ouvertures.net/
[16] http://www.pourlascience.fr/
[17] Voir : – http://www.senat.fr/
http://www.agoravox.fr/
[18] « The contribution of Cytotoxic Chemotherapy to 5-year Survival in Adult Malignancies » in Clinical Oncology, 2004 Dec;16(8):549-60.
[19] Rapport, p. 92.
[20] Ibid. p. 93.
[21] Voir :
– les travaux de Masaru Emoto, entre autres, Les messages cachés de l’eau, Guy Trédaniel Editeur, 2004, 159 p.
– Le documentaire Water. Le pouvoir secret de l’eau, Éditions Jupiter Communications, qui donne la parole aux chercheurs actuels « sur l’eau (ignorée par les médias) qui font le point théorique sur cet élément indispensable qui constitue 99 % de nos molécules ».
[22] Les minéraux font également partie de la composition d’un remède mais c’est moins fréquent.
[23] Avant l’opération, les médecins estimaient la probabilité pour l’actrice d’avoir un cancer du sein est de 87 % et celui de l’ovaire à 50 %.
[24] Sources : http://www.santenatureinnovation.com/

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Crédits Illustrations

– unadfi : http://lille-art.com/
– oms_corruption: http://www.next-up.org/
– irradié : http://www.agoravox.fr/
– buste de médicaments : http://www.mondialisation.ca/
– big pharma & odm : http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/
– petit médicament : http://www.terresacree.org/
– vaccin : http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/

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Ouvrages anciens numérisés de la BNF

Ouvrages anciens numérisés

Un aperçu sur La Bibliothèque numérique de la BNF riche déjà de plus de deux millions de documents, et qui ne cesse d’évoluer, car chaque semaine deux milliers de nouveaux documents viennent s’y ajouter.
Ces documents numérisés, des ebooks, viennent des ouvrages tombés dans le domaine public, sont mis à la disposition du public sous conditions (usage personnel ou commercial), et ils sont téléchargeables en format pdf). Il est inutile de préciser que ces ouvrages sont rares ou introuvables ailleurs, certains d’entre eux que nous relayons remontent au XVIIe siècle.

  • Dictionarium annamiticum lusitanum et latinum ope Sacrae Congregationis de Propaganda Fide in
    lucem editum ab d’Alexandre de Rhodes, Rome 1651. (Dictionnaire annamite, portugais, et latin, avec le soutien
    de La Sacrée congrégation pour la propagation de la foi, d’Alexandre de Rhodes.)

 

  • Lettre d’un philosophe sur le secret du Grand Oeuvre écrite au sujet des instructions qu’Aristée a laissées à son fils touchant le Magistèrte Philosophique. Paris, 1688, avec Privilège du Roi.

 

  • Défense de l’antiquité des tems, où l’on soutient la tradition des Pères et des Églises, contre
    celle du Talmud; et où l’on fait voir la corruption de l’hébreu des juifs, par le P. Dom Paul Pezron,
    Paris, 1691, avec Privilège du Roi.

 

  • Les oeuvres magiques de Henri-Corneille Agrippa par Pierre d’Aban. Latin et français. Avec des secrets occultes. Liège 1788

 

  • Le secret de l’État ou le dernier cri du patriote. 1796

 

  • L’Alchimie et les Alchimistes. Essai historique et critique sur la philosophie hermétique, par Louis Figuier, Paris, 1860

 

  • Voyage au centre de la Terre, Jules Vernes, Paris, 1867.

  • La controverse

sur le Talmud sous Saint Louis, par Isodore Loeb, Paris 1881.

 

  • Diamant et pierres précieuses. Cristallographie, description, emplois, évaluation, commerce, Paris, 1881.

 

  • Les origines de l’Alchimie, par Marcellin Berthelot, membre de l’Institut, Paris, 1885

 

  • Les endormeurs de W. de Fonvielle, La vérité sur les hypnotisants…, Paris, 1887.

 

  • La chèvre d’or, roman inédit de Paul Arène, Paris 1888.

  • L’esprit juif

, ou les juifs peints par eux-mêmes d’après le Talmud, par Goré O’Thouma, 1888

 

  • Le secret de l’Absolu, par E.-J Coulomb (Amaravella), préface de M.E. Burnouf, Paris 1892.

 

  • Essai sur l’histoire et la géographie de la Palestine d’après les Talmuds et les sources rabbaniques, par J. Derenbourg, Pris, 1867

 

  • Le chariot de la terre cuite. Cinq actes d’après la pièce du théâtre indien attribué au roi Soudraka, par Victor Barrukand, 1895.

 

  • Mémoires de Saint Simon, nouvelle édition collationnée sur la manuscrit autographe, Paris, 1897

 

  • Le vieil Aix. Album de gravure, par A. M. de la Tour-Keyrié, Aix, 1896

 

  • Souvenirs de Seoul, Corée par Maurice Courant, 1900.

 

  • Pauvre et douce Corée, par Georges Ducrocq, Paris, 1904.

 

  • La doctrine secrète, 1er volume, par Mme H.-P. Blavatsky, Paris, 1906

 

  • La doctrine secrète, 2e volume, par Mme H.-P. Blavatsky, Paris, 1907

 

  • La doctrine secrète, 4e volume, par Mme H.-P. Blavatsky, Paris, 1925

 

  • Cinquante merveilleux secrets d’Alchimie, par G. Phanag, avec une préface-étude de Papus, Paris, 1912.

 

  • Dans le jungle. À travers l’Indo-Chine anglaise et les Indes néerlandaises, Paris, 1913.

 

  • Les gloses françaises dans les commentaires talmudiques de Rashi. Tome premier, Paris, 1929

 

  • L’abominable vénalité de la presse, d’après les documents de la Russie (1897-1917), Paris, 1931.

 

  • Hokusai. Tôto shôkei ichiran, vol. 1

 

  • Hokusai. Tôto shôkei ichiran, vol. 2

 

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Meilleurs voeux pour 2013

Bonne année

Chúc mừng năm mới

Pour une bonne partie du monde, la nouvelle année du serpent va commencer si ce n’est pas déjà commencée depuis quelques heures si on se trouve en Asie orientale ou en Asie du sud-est. Alors bonne année à toutes et à tous pour la nouvelle année qui pointe son nez. Que le serpent nous apporte paix et sérénité, lucidité et générosité.

Bon vent au serpent.

 

i cartee

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La fin du monde étant passée, nous présentons nos meilleurs voeux aux rescapés & rescapées pour ne pas dire les chanceux & chanceuses (sans être les élus car la place est déjà prise depuis la création du monde…).
Nous adressons nos voeux de santé, de paix et de lucidité aux abonnés à notre liste de diffusion et aux internautes qui ont croisé notre chemin ainsi qu’à tous ceux et toutes celles qui ont rêvé et qui continuent à rêver d’un monde meilleur.

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La médecine conventionnelle & la chasse aux sorcières

La machine inquisitoriale s’est mise en branle, d’ailleurs elle n’a jamais été au repos. Au nom de la Science et des patients, cette machine a déjà broyé bien des destins qui voulaient simplement exercer leur profession selon leur conscience, leur sensibilité, leur approche, leurs connaissances, leurs compétences. Mais l’inquisition ne tolère aucune déviation, aucune “brebis galeuse” n’est autorisée à venir brouter l’herbe des pâturages gardés.

En une seule semaine deux médecins sont mis à l’index, l’un est le docteur Didier Moulinier, cancérologue menacé d’être rayé de l’Ordre national des médecins qui lui reproche de ne pas « appliquer strictement les dogmes » prescrits par l’Ordre dans l’exercice de son métier, autrement dit il risque d’être interdit d’exercer son métier, et l’autre le Docteur Dukan qui a fait l’objet d’une campagne de dénigrement, on lui reproche de « faire du commerce » avec la médecine. « Ce que ses nobles confrères lui reprochent, c’est d’avoir vendu un trop grand nombre d’exemplaires de son livre Je ne sais pas maigrir (plus de 4 millions d’exemplaires en France, traduit dans plus de 14 langues) », d’après Jean-Marc Dupuis, animateur et responsable du site Santé – Nature – Innovation, et celui-ci de poursuivre : « Il ne fait pour moi aucun doute que c’est la jalousie, dans ce qu’elle a de plus vil et méprisable, qui est le principal mobile derrière les attaques dont est victime le Docteur Dukan. Certains médecins ne supportent pas de voir un de leurs confrères devenu une célébrité mondiale, et être écouté par des millions de personnes. Et évidemment, l’argent qu’il a gagné en vendant ses livres en rend certains verts de jalousie. »

Voilà le tableau !

En consultant le Bulletin d’information de l’Ordre national des médecins , n° 21 (jan-fev 2012), dont le dossier est consacré « aux dérives sectaires« , on peut être sûr que la chasse aux sorcières est annoncée en grande pompe par cet Ordre qui regroupe la majorité des pratiquants de la médecine conventionnelle. Quand on découvre que cet Ordre s’est associé avec un organisme intergouvernemental piloté par l’UNADFI (mais celle-ci restée dans l’ombre), il y a de quoi se poser bien des questions. L’ADFI est l’Association de défense de la famille et de l’individu, d’obédience catholique à sa création mais qui s’est fait par la suite doubler par des francs-maçons, la pourchasseuse de petites « sectes » sans défense. Les ADFI sont à leur tour regroupées au sein de l’Union nationale des Associations de défense de la famille et de l’individu (UNADFI) qui joue le rôle de conseil auprès de la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, créée en 2002). À en croire une enquête indépendante, l’UNADFI n’est pas au-dessus de tout soupçon  [1], notamment en matière d’argent. Ceux qui souhaitent en savoir un peu plus sur cette association qui veut se faire passer pour vertueuse aux yeux du public peuvent aussi consulter le dossier la concernant rassemblé par le CICNS, ils sauront à qui ils ont affaire.

Des suicidés criblés de balles dans le dos

Dans le dossier consacré « aux dérives sectaires » du Bulletin d’information de l’Ordre national des médecins cité plus haut, on commence par faire peur avec l’image véhiculée sur les sectes par les médias dominants en évoquant un événement dont l’horreur dépasse un peu l’imagination d’un être sain : « Le drame de l’Ordre du temple solaire (OTS) est resté dans toutes les mémoires : entre 1994 et 1997, 74 personnes tombées sous l’emprise de ce mouvement ont péri en France, en Suisse et au Canada. » Ce que l’Ordre national des médecins a oublié c’est la vérité sur ces événements dont les tenants et aboutissants ne sont pas aussi simples qu’on a laissé entendre. Il suffit d’écouter l’interview de l’avocat Jean-Pierre Joseph, pour se rendre compte que ce qu’on nous racontait sur l’OTS reste à prouver, pour ne pas dire que ce sont de purs bobards. On nous a expliqué que les membres de cette secte se sont « suicidés », mais on a oublié de donner des détails qui fâchent : chacun a reçu plusieurs balles dans le dos, puis a été grillé au lance-flamme. L’ouvrage de Christian Cotten et Alejandro Jodorowsky intitulé Mafia et démocratie, publié aux Éditions Louise Courteau en 2003 peut aussi apporter un éclairage saisissant sur cette affaire impliquant le monde politique et le trafic d’armes, camouflée en drame résultant des agissements d’une secte.

Utiliser un événement dramatique dont la véracité est sujette à caution pour faire peur est un procédé monstrueux, cela relève de la manipulation, de la désinformation, mais visiblement le Cnom n’en a cure. Quelle crédibilité peut-on alors accorder à ses sirènes annonçant des catastrophes, ou à ses conseils de sauveurs de l’humanité ?

Cette collaboration entre une association pourchasseuse de « sectes » dont la réputation sur le plan efficacité, utilité, méthode et objectivité reste à prouver pour ne pas dire plus, et un ordre professionnel dont la mission consiste à veiller « au maintien des principes de moralité, de probité, de compétence et de dévouement indispensables à l’exercice de la médecine, et à l’observation, par tous ses membres, des devoirs professionnels, ainsi que des règles édictées par le code de déontologie prévu à l’article L. 4127-1. », a de quoi inquiéter tous les esprits libres et lucides, car, si le sabre et le goupillon peuvent faire bon ménage, c’est aux dépens des autres.

Manuel d’inquisition à l’usage de Mr. Tout-le-monde

D’après le Centre d’Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS), cette dérive totalitaire n’a cependant suscité aucune réaction publique à part la sienne. Dans le dossier consacré aux « dérives sectaires » de ce numéro du Bulletin d’information de l’Ordre national des médecins, toutes les pratiques thérapeutiques non conventionnelles, autrement dit hors de contrôle de l’Ordre, sont visées. L’approche de la médecine chinoise est particulièrement mise à l’index, nous semble-t-il, car c’est l’Ordre qui a lui-même signalé ce qui lui semble douteux : « …nous avons pu constater des actions de la Fédération de médecine chinoise dans toute la France, que nous avons signalées à la Miviludes » . Et un conseil a été mis en exergue dans le même encadré qui donne le point de vue de l’Ordre à travers le président de la section Santé publique et Démographie médicale du Cnom, le Dr. Patrick Romestaing :« Au moindre doute, alertez votre conseil départemental » (p. 23).
Si on regarde de plus près le signalement des sectes élaboré par l’UNADFI, voici les perles rares :

« COMMENT RECONNAITRE UNE PERSONNE EN DANGER ?”

Il se peut que, dans votre ENTOURAGE (votre famille ou vos amis), vous connaissiez une personne VICTIME, malgré elle, d’un groupe dont les intentions vous semblent suspectes. L’ADFI, pour vous aider dans son diagnostic, a dressé une liste de SYMPTOMES qui confirmeront, peut-être, vos doutes :

 

  • Modification du comportement, de la tenue vestimentaire, du vocabulaire, des centres d’intérêt
  • Citations répétitives et inhabituelles
  • Discours appris …ou effet de magnétophone
  • Désinvestissement de la vie familiale, affective, professionnelle ou scolaire, des loisirs.
  • Multiplication des réunions en semaine, le week-end …
  • Déplacement en France ou à l’étranger.
  • Nombreux appels téléphoniques
  • Courrier abondant
  • Long temps de lecture ou de méditation
  • Régime alimentaire
  • Changement d’accent (voix monocorde)
  • Agressivité ou indifférence
  • Repli sur soi ou exaltation pour une cause nouvelle
  • Importantes dépenses financières : emprunts bancaires, tournée des grands-parents, des frères, sœurs, amis. [2]

 

 

Si l’on se fie à cette description de symptômes manifestés chez les embrigadés des sectes, cette fiche signalétique est un véritable manuel d’inquisition à l’usage de la chasse aux sorcières qui laisserait peu de gens y échapper. Des indices définis en termes aussi vagues qu’infondés, c’est la porte ouverte à toutes les dérives et tous les abus imaginables. Quand ce manuel est dans les mains des gens dont l’intention saine reste à prouver, on peut s’attendre à justement des dérives sectaires de la part de ceux qui proclament haut et fort combattre ces mêmes dérives. Pour ne pas citer les pourfendeurs de cette association qui a pignon sur rue, prenons simplement par exemple le témoignage de son ancienne présidente Janine Tavernier pour se faire une idée de cette association chasseuse de sectes. Cette femme courageuse a fini par quitter l’association suite à des dérives sectaires : elle parle de « climat de peur« , de « drogue psychique« , de « viol psychique » ou d' »infection sectaire« , de « pieuvre« , de « localiser les proies« , d' »objectifs subversifs« , de « rapt psychologique« , de « contamination sectaire« , de « mutilés de l’entendement« , de « sida spirituel« , etc. Avec une telle publicité, si l’État continue à lui renouveler sa confiance, c’est que l’État est soit bien myope soit complice de ces dérives.

L’UNADFI est une association privée reconnue d’utilité publique ce qui lui permet de toucher des subventions de la part de l’État ou d’autres collectivités. Chaque année elle reçoit 600.000 € de subventions [3] pour un résultat presque insignifiant. À elle seule avec 290 membres actifs déclarés, elle reçoit beaucoup plus que la Fondation de l’abbé Pierre dont la réputation n’est plus à faire, laquelle perçoit 437.000 € de subventions d’État et diverses collectivités, pour 10 972 membres actifs [4]. Ces deux chiffres mis côte-à-côte révèlent, sans entrer dans les détails, déjà un certain favoritisme dans la pratique d’aide aux associations de la part des organismes d’État. Qu’est-ce qui justifie ce parti pris ? Les intéressés doivent bien connaître la réponse. Par ailleurs les fonds publics reçus par l’UNADFI ne font l’objet d’aucune redistribution vers ses antennes départementales, bien nombreuses d’après les données affichées sur son site web. Une situation pour le moins bizarre de la part d’une association qui entend lutter contre le phénomène des sectes sur l’ensemble du territoire.


Mais ces chiffres nous plongent aussi dans une réalité en complète contradiction avec la loi de séparation de l’Église et de l’État, autrement dit la laïcité : voici l’État français qui finance presque entièrement (97%) une association privée qui pourchasse les petites minorités spirituelles appelées pour la circonstance les « sectes », ce qui arrange tout le monde. En outre cette situation plus qu’ambiguë qu’on doit garder à l’esprit, c’est qu’elle contrevient à la liberté de croyance garantie par la République et la Constitution.

Sur le terrain, à en croire l’UNADFI, le nombre de mouvements sectaires n’arrête pas de progresser d’année en année en France et de plus en plus de monde est touché [173 mouvements sectaires recensés pour l’année 1995, 600 en 2004, 782 en 2006] [5]. Le gonflement de ces chiffres ne cherche-t-il pas tout simplement à justifier l’utilité de l’UNADFI, pour continuer à toucher des subventions publiques ? Si cette organisation chasseuse de « sectes » fait feu de tout bois pour se faire mousser dans les médias et particulièrement à la télévision, il n’existe toujours pas sur le plan juridique une définition précise d’une secte, par ailleurs tout ce qui touche à la religion, aux croyances relève de la sphère privée. Faut-il rappeler aussi que d’après la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ». Si on prend en compte toutes ces considérations, l’UNADFI a-t-elle encore une raison d’être ? Mais tant que l’État ne révise pas ses engagements, cette situation peut encore perdurer, puisque « la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit » nous avait fait remarquer Napoléon.

Une démarche maladive et malsaine

Le Cnom qui représente le respect et le dévouement auprès du grand public n’est pas censé ignorer tout cela, s’il collabore avec l’UNADFI c’est en toute connaissance de cause. Cette démarche maladive et malsaine qui consiste à éliminer toute voix discordante en se camouflant sous la bannière de lutte contre des phénomènes sectaires n’est certes pas entreprise pour assainir la situation, puisqu’elle cherche tout simplement à écraser, éliminer, faire taire, toute autre personne qui conteste l’approche de la médecine conventionnelle, pour ne pas dire tout autre concurrent. Ceux qui sont visés par cette déclaration de guerre sont des professionnels de la santé qui ont choisi d’autres approches moins brutales, plus globales et plus respectueuses du corps humain, qui n’est pas une simple association d’organes inertes comme des pièces mécaniques d’une voiture [6] qu’on remplace ou qu’on jette comme un gobelet en plastique ayant servi.

Puisqu’on est aussi dans une économie de marché dont le but est de gagner de l’argent (aux dépens des autres qu’on ignore royalement), toute personne qui propose des soins alternatifs est considérée comme un concurrent dangereux qui vient arracher une part du gâteau protégé par l’Ordre, mais cela ne se dit pas, quelle horreur, alors on argumente au nom des patients à qui personne n’a demandé leur avis.

C’est aussi prendre le problème à l’envers, et on peut se demander si les responsables du Cnom n’ont pas agi en toute connaissance de cause parce qu’ils ont pris le parti de défendre l’Ordre contre vents et marées, car, au lieu de se poser des questions, de faire un état des lieux,  – et pourquoi ne pas organiser les États généraux de la médecine conventionnelle -, au lieu de faire une recherche pour connaître les raisons qui ont amené des patients à se tourner vers des thérapies alternatives en en payant le prix car les consultations ou les soins ne sont pas remboursés par la Sécu, pour connaître le bilan des traitements à base de chimiothérapie en matière de cancer, l’efficacité d’autres soins alternatifs, etc. etc., au lieu de cela on sort la massue pour écraser une mouche, on accuse tel chien d’être atteint de la rage pour mieux le noyer publiquement. C’est une véritable méthode dictatoriale puisqu’elle ne laisse aucun espace à la discussion, à la recherche, à la compréhension de l’autre. Venant de la part de personnes instruites, cultivées, puisqu’il s’agit des médecins, cette méthode a de quoi indigner plus d’un. Mais nous en sommes là. La pensée unique est à l’œuvre !

D’après les chiffres fournis par la Miviludes « quatre Français sur dix ont recours aux médecines dites complémentaires (dont 60 % parmi les malades du cancer), et 3.000 médecins seraient en lien avec la mouvance sectaire » [7], cela fait tout de même un joli paquet de déviants aussi bien chez les patients que chez les médecins-traitants conventionnels. Ce serait sans fondement d’accuser aujourd’hui les patients d’être atteints d’obscurantisme médical en prêtant l’oreille aux premiers charlatans venus. Une enquête faite par Olivier Schmitz, sociologue et anthropologue, chargé de cours à l’Université Charles de Gaulle de Lille-III, met les points sur les i : « Contrairement à une idée fort répandue, le recours à des pratiques « magiques » n’est pas l’apanage de paysans dont les conditions de vie feraient obstacle à la « rationalisation » des pratiques et des croyances. L’urbanisation des campagnes et l’évolution du monde rural ont rendu caduque l’opposition entre zones rurales et espaces urbains. Aujourd’hui, nombreux sont les citadins à consulter les guérisseurs et on trouve de nombreux guérisseurs exerçant en ville. D’autre part, la clientèle se compose aussi bien d’ouvriers que d’employés, d’enseignants, de cadres, de professions libérales, etc. » [8]

Si cet Ordre se penche un peu plus sur la formation des médecins et leurs rapports avec des firmes pharmaceutiques, sur l’efficacité des comprimés prescrits, sur la consommation élevée et inquiétante de somnifères et autres psychotropes, etc. etc., au lieu de braquer les projecteurs sur des confrères plus originaux, on aurait plus de respect et de considération pour lui. D’un autre côté, si on est acculé à sortir l’argument de choc qui consiste à accuser le concurrent de faire partie d’une secte c’est qu’on n’a plus grand-chose comme argument scientifique ou médical valable, pour le vaincre et convaincre, alors, on s’appuie sur le pouvoir puisqu’on tient le bon côté du couteau, le manche, et puisqu’on a le pouvoir, qu’on est du côté du pouvoir. Ceux qui gagnent par la force sont-ils respectables ? Les lois sont certes légales (par leur nature) mais elles ne sont pas toutes morales ni justes puisqu’elles sont l’instrument de pouvoir pour ceux qui ont le pouvoir et le manipulent. Le pouvoir peut faire peur, mais il n’inspire en aucun cas le respect. Il y a plus de deux mille ans, un philosophe politique des contrées lointaines qui ont légué à l’humanité des méthodes de soins inappréciables mais décriées aujourd’hui par les tenants de l’ordre établi, disait déjà : « Si le prince conduit le peuple au moyen des lois et le retient dans l’unité au moyen des châtiments, le peuple s’abstient de faire le mal, mais il ne connaît aucune honte. Si le prince dirige le peuple par la vertu et fait régner l’union grâce aux rites, le peuple a honte de faire le mal […]« . Ces paroles vont sans doute glisser sur l’oreille des membres du Cnom comme l’eau sur la tête du canard, « des chinoiseries », pourrait-on dire, mais peu importe, car on n’entend que ce qu’on a envie d’entendre.

Peut-on espérer que le Cnom retrouve sa sérénité, sa lucidité, sa largesse d’esprit au lieu de s’enfermer dans des rhétoriques belliqueuses ? Au su des actions engagées par le Cnom, on est tenté de répondre par la négation. Il appartient donc au Cnom de prouver la supériorité et l’efficacité des méthodes de soins promulgués par la médecine conventionnelle par rapport aux autres approches alternatives. Chacun d’entre nous connaît dans son entourage des exemples d’individu atteint qui du diabète, qui du cancer, qui d’autre chose, à qui des médecins conventionnels travaillant dans des hôpitaux ont fini par dire qu’il n’y a plus rien à faire avant de le renvoyer dans sa famille. Mais la famille ne baisse pas les bras : en cherchant, elle a fini par trouver un thérapeute non conventionnel, certains sont domiciliés hors de France puisque celle-ci ne les accueille pas comme thérapeutes, qui veut bien s’occuper du diabétique dont la médecine conventionnelle ne veut plus. Au bout de 6 mois de soins et de suivis par un acupuncteur, le malade a retrouvé sa santé, il continue à marcher, sauter sur ses jambes comme à l’époque de ses vingt ans, alors que ses membres étaient paralysés. On pourra aligner des exemples comme celui-ci qui, au lieu d’intéresser les médecins traitants conventionnels, ce qui est dans l’ordre des choses, du bon sens, normal dans une démarche scientifique qui consiste d’abord à comprendre les choses, est rejeté : on se métamorphose en autruche en ignorant le problème. Et si problème il y a cela ne peut venir que du côté des charlatans. Voilà où nous en sommes.

Est-ce que les morts parlent des effets secondaires ?

Il ne nous vient pas à l’esprit de nier l’existence de charlatans, cependant les charlatans existent dans tous les camps aussi bien chez les conventionnels que les autres. Prendre un cas particulier pour en faire une généralité, voilà une autre erreur pour ne pas dire faute professionnelle de la part de l’ordre établi. Chez beaucoup de peuples pour ne pas dire des minorités ethniques, celui qui est en charge de guérir les autres est considéré comme irréprochable, autrement dit, il doit être bon (cela ne veut pas dire encore une fois qu’il n’y existe pas de charlatans). Combien de médecins parmi les adhérents au Cnom peuvent-ils s’affirmer bons moralement ? Combien d’entre eux peuvent affirmer sans mauvaise foi qu’en tant médecin, il n’y a que l’attention portée au malade, la volonté de guérir son patient qui le guident sans autres considérations, soient-elles pécuniaires, de prestige, de privilège, de carrière, etc. ? Combien peuvent-ils dire, sans mauvaise foi que leur boussole reste la morale ?

On peut aussi nourrir ce débat avec quelques chiffres qui ne proviennent pas du camp des charlatans puisqu’il s’agit du rapport de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée en conclusion des travaux de la mission sur le Médiator et la pharmacovigilance, d’après le député Roland Muzeau : «On estime dans notre pays à 150 000 le nombre d’hospitalisations annuelles liées à des accidents médicamenteux et de 13 à 18 000 le nombre de morts provoquées par des médicaments » [9]. 13 à 18.000 morts liés à la prise des médicaments prescrits par des médecins conventionnels sans que cela les pousse à réfléchir, à se remettre en question, en cause ! 150.000 hospitalisations, cela représente quel prix que la communauté doit payer annuellement par la faute des autres ? Est-ce qu’on est entré dans la logique du Dr Knock ? Les esprits lucides et sains ne peuvent pas ne pas s’indigner de ces gâchis alors qu’on aurait pu faire autrement au moindre coût et sauver plus de vies humaines. Face à cela le Cnom brandit la menace à l’adresse des pratiquants de thérapies alternatives avec l’aide de l’Unadfi. La technique d’amalgame est mise en œuvre, on associe tout pratiquant de médecine non conventionnelle à l’appartenance à une secte ! La honte, on ne sait plus ce que cela veut dire. On peut toujours fustiger la Chine comme cela arrange certains, mais là-bas deux médecines (la médecine occidentale et celle issue des traditions pluri-millénaires) coexistent et non sans règlementations pour le bien de tout le monde, patients compris. Alors la liberté dont on se réclame à tort et à travers, elle est où dans ce cas qui nous concerne, en Chine ou en France ? Bien sûr le Cnom réclame pour lui la liberté d’écraser les autres. Ça aussi est une forme de liberté sélective qui ne peut aboutir qu’au monopole. On tombe ainsi sur le domaine de l’économie, pardi. L’argent n’a rien à voir avec tout cela, vont sans doute proclamer haut et fort certains, alors jetons-le par la fenêtre ! On verra bien qui franchira le pas.

La tradition populaire dit sans équivoque : à quelque chose malheur est bon. Les fabricants de médicaments chimiques ne chôment pas, leurs chiffres d’affaires montent en flèche, leur secteur se consolide même en temps de crise. Non, les firmes pharmaceutiques ne vivent pas des malheurs des autres, elles trouvent tout le temps de nouveaux médicaments pour venir soulager les patients, n’est-ce pas ? Pour terminer on peut aussi poser quelques questions à ceux qui détiennent le pouvoir de défaire, d’éliminer, casser les autres. Qu’ont-ils à répondre à des données chiffrées fournies non pas par des charlatans mais par leurs confrères australiens, et aux auteurs mentionnés ci-dessous pour ne citer que les plus connus.
Au bout de 20 ans de recherche, trois médecins australiens: Graeme Morgan, Robyn Ward & Michael Baton publient dans une revue spécialisée [10 ] , qu’en Australie, sur les 10.661 personnes atteintes du cancer du sein et traitées par la chimiothérapie, seulement 164 personnes ont survécu pendant cinq ans.
[L’article] « étudie les données d’études cliniques avec chimiothérapie au cours des 20 dernières années en Australie et aux USA. Le résultat est tout simplement consternant. En ce qui concerne la survie au bout de 5 ans, et bien qu’en Australie seuls 2,3 % des patients tirent profit d’une chimiothérapie et qu’aux USA, il n’y en ait que 2,1 %, on continue malgré cela à proposer ces mêmes thérapies aux patients cancéreux.
Au total, ce sont les données de 72 964 patients en Australie et de 154971 aux USA, tous traités par chimiothérapie, qui ont été étudiées. Ici, personne ne peut plus prétendre qu’il ne s’agit que des données de quelques patients et, par conséquent, « insignifiantes »…Les auteurs s’interrogent, avec raison, sur le fait qu’une thérapie qui a si peu contribué à la survie des patients au cours des 20 dernières années, ait dans le même temps connu un tel succès commercial. Et cela devient totalement incompréhensible, lorsque l’on considère, une par une, les différentes sortes de cancer. C’est ainsi qu’aux USA, depuis 1985, il y a eu exactement 0 % de progrès dans les cancers suivants :-Cancer du pancréas, Sarcome des parties molles, Mélanome, Cancer des ovaires, de la Prostate, des reins, de la vessie, tumeurs cérébrales, Myélomes multiples.
Pour le cancer de la prostate, par exemple, rien qu’aux USA, 23.000 patients ont été analysés. Mais au vu des « taux de succès », on ne peut que constater : ils étaient de 1,4 % pour le cancer du sein, de 1,0 % pour le cancer de l’intestin, et de 0,7 % pour le cancer de l’estomac. Et ceci au bout de 20 années de recherches intensives dans le domaine de la chimiothérapie et l’investissement de milliards provenant de fonds pour la recherche et de dons faits aux grandes organisations pour le cancer. »  [11]

Des auteurs à jeter au bûcher ?

 

  • Peter H. Duesberg, L’invention du virus du SIDA, Éd. Marco Pietteur, Collection Résurgence, EMBOURG (Belgique), 640 p. ;
  • Dr Étienne de Harven& J-C Roussez, Les 10 plus gros mensonges sur le SIDA, Éd. Dangles, 2005, 253 p.
  • Sylvie Simon, Les 10 plus gros mensonges sur les vaccins, Éd. Dangles, 2005, 221 p.
  • Nicole Delépine, La face cachée des médicaments, Éd. Michalon, 2011, 299 p.
  • Marc Girard, Médicaments dangereux : A qui la faute ? Éd. Dangles, 2011, 128 p.

 

 

De deux choses l’une soit ces auteurs ont raison et qu’attend le Cnom pour se mettre au travail afin d’examiner les questions épineuses et changer éventuellement d’approche pour le bien des patients et leur propre bien, ou bien s’ils écrivent tous des âneries dans ce cas, il faut les dénoncer avec des arguments scientifiques et des expériences prouvées à l’appui et non avec des accusations gratuites sans fondements. Où en est le Cnom dans toutes les graves questions touchant la société dans sa totalité ? Quel est le véritable enjeu ? L’efficacité des approches ou la carrière personnelle des hommes de pouvoir ? La santé publique ou le chiffre d’affaire des firmes pharmaceutiques ?

CICP (Collectif d’Initiative Citoyenne Pyrénées)

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Notes :
[1]. Les fonds publics sont-ils utilisés dans l’intérêt général ?, p. 13 (Brochure publiée par la CAP LC (Coordination des Associations et Particuliers pour la Liberté de Conscience)
[2]. http://membres.multimania.fr/jausiers/
[3]. Les fonds publics, op. cit.
[4]. Les fonds publics… op.cit.
[5]. Les fonds publics… op.cit.
[6]. Voir le témoignage de l’actrice Charlotte Valandrey, De cœur inconnu, Le Cherche Midi, 2011.
[7]. http://www.unadfi.org/
[8]. Schmitz O., Soigner par l’invisible. Enquête sur les guérisseurs aujourd’hui, Ed. Imago, 2006, p. 10.
[9]. http://www.ouvertures.net/
[10]. « The contribution of Cytotoxic Chemotherapy to 5-year Survival in Adult Malignancies » in Clinical Oncology, 2004 Dec;16(8):549-60.
[11] http://www.medecine-ecologique.info/

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Crédits photos :

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À propos de l’appel du Dr Didier Moulinier

Menacé par le Conseil national de l’ordre des médecins d’être rayé de l’Ordre, le Dr Didier Moulinier a fait un appel de détresse à travers un site web qui a bien voulu entendre sa cause, le seul moyen qui lui restait, car les médias dominants ont d’autres chats à fouetter. (Il faut qu’il s’estime heureux car quand les médias se détournent des chats ils hurlent avec les loups comme ils sont en train de faire contre un autre médecin, le Docteur Dukan). Qu’est-ce que ce médecin cancérologue a fait de mal, qu’est-ce qu’il a commis comme crime pour qu’on invoque l’excommunication ? Il le dira dans son appel au public.

Cet appel a soulevé une vague de sympathie qu’on peut voir dans la page de Youtube qui le retransmet. C’est un premier pas. Mais est-ce qu’on peut se contenter de paroles consolantes face à une entreprise dictatoriale, une machine inquisitoriale qui vise à monopoliser le secteur de la Santé qui nous concerne tous ?

Si le Cnom arrive à faire taire, éliminer tous ses concurrents, ce sont les patients qui devront payer les pots cassés : demain il n’y aurait plus de thérapies alternatives, fini les soins par les plantes et par-là même, aux orties les connaissances ancestrales léguées par des générations et générations, fini toutes les approches différentes de celle de la médecine conventionnelle qui, rappelons-le, privilégie les pathologies au détriment du patient, contrairement à l’approche de la médecine traditionnelle chinoise qui place le patient au centre de la thérapie, pour ne citer que cet exemple. On se retrouve donc dans l’approche de la médecine conventionnelle avec le même médicament pour tous les patients atteints de la même maladie alors qu’avec la médecine chinoise chaque patient reçoit une ordonnance différente, c’est-à-dire une potion pharmaceutique personnalisée selon les résultats obtenus par le médecin. On ne s’étonne pas après de constater que les effets secondaires sont devenus un véritable problème dans l’approche de la médecine occidentale, et pour cause : on donne le même médicament à tout le monde sans connaître les caractéristiques quant à la tolérance de chacun des patients. Mais pour les médecins traitants, s’il y a des effets secondaires c’est le patient qui est en cause et non pas le remède censé le soigner ! Une paresse d’esprit et une insulte à l’esprit scientifique ! En se fondant sur cet exemple, on voit bien quelle est l’approche la plus globale, la plus riche, la plus intéressante pour les patients comme pour les médecins-traitants. Mais si on se bande les yeux dans ce cas tout va bien. Cela nous rappelle une blague racontée par une connaissance : « Je fais bien la cuisine mais ce sont les autres qui ne la mangent pas ! »

Profitons de cette occasion pour réclamer la liberté dans le choix de thérapies, le devoir de cultiver puis de transmettre les traditions thérapeutiques ancestrales aux générations futures, l’échange des méthodes d’approches pour trouver la meilleure pour chaque patient, au lieu de se soumettre à un ordre dictatorial qui traite les malades comme des moutons.

Après la parution de ce papier, nous avons trouvé une pétition qui a été lancée pour le droit à la liberté thérapeutique des malades et le libre choix du thérapeute.

Voici l’appel du Dr. Didier Moulinier :

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Rapport de la Commission des Affaires étrangères sur l’eau

L’eau, un élément si familier et tellement banal de notre vie quotidienne qu’on oublie son importance. Sans elle il n’y aurait pas eu de vie possible sur Terre, plus d’eau plus de vie simplement.

La mission d’information sur la géopolitique de l’eau 1 créée le 5 octobre 2010 par la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale vient de déposer son rapport qui est une mine d’informations intéressant le public. Nous en profitons pour publier quelques extraits, vu la longueur du rapport qui fait plus de 300 pages en version pdf nous ne pouvons pas le mettre en ligne intégralement. Mais un lien sera pointé vers ce rapport en fin des extraits.

Dix chiffres clés sur l’eau

  • 3,2 millions de personnes meurent chaque année par manque d’accès à l’eau potable (soit 6 % des décès). Un enfant meurt toutes les 3 secondes, 20 toutes les minutes par manque d’eau ou à cause d’une eau de mauvaise qualité.

C’est plus de 10 fois les dégâts provoqués par le Syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA).

  • 900 millions de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable

La majorité de ces populations se trouvent dans les pays pauvres ou en développement, ce qui est un facteur aggravant de pauvreté et se rajoute à d’autres facteurs sanitaires (choléra, paludisme, etc.)

  • 2,9 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau courante chez eux, et se fournissent à un puit…

En moyenne, la distance du puit aux habitations est de 3 kilomètres, mais dans certaines zones arides, les habitants parcourent parfois jusqu’à 10 km pour puiser de l’eau, et ce de manière quotidienne. Le taux de connexion à l’eau potable à domicile est de 100 % dans les pays du Nord, 44 % dans les pays en voie de développement, 16 % en Afrique subsaharienne

  • Plus d’un tiers de l’humanité vit dans un environnement insalubre, sans évacuation des eaux usées.

Cet environnement propice aux maladies est responsable de la mort de 3 900 personnes par jour. C’est dix fois plus que les conflits armés.

  • En moyenne, chaque être humain dispose de 5 000 mètres cubes d’eau douce par an, tous usages confondus

Cependant, ce chiffre masque une réalité toute autre : la répartition est très inégale. Un Islandais disposera de 630 000 mètres cubes par an, alors qu’un Gazaoui seulement de 59 mètres cubes

  • 70 % de l’eau prélevée et 93 % de l’eau consommée l’est … par l’agriculture

Il faut en moyenne 13 000 litres d’eau pour produire un kilo de viande de boeuf

  • Il faut de 2 000 à 5000 litres d’eau pour produire la nourriture quotidienne d’une personne, contre 2 à 5 litres pour boire et 25 à 100 litres pour les usages domestiques.
  • On compte 280 millions d’hectares irrigués dans le monde, contre 190 en 1980
  • En 2025, la demande d’eau sera de 56 % supérieure à ce qu’elle est actuellement
  • Il existe 276 bassins transfrontaliers dans le monde, qui couvrent 45 % des terres émergées et correspondent à 60 % des eaux douces superficielles

Ils regroupent 40 % de la population mondiale. Près de 40 Etats dépendent pour plus de la moitié de leurs ressources en eau de pays voisins. En haut de l’échelle on trouve l’Égypte et le Turkménistan (97 %), la Mauritanie (96 %), le Niger (90 %), la Syrie (80 %), le Pakistan et l’Ouzbékistan (77%).

Volumes globaux et cycle de l’eau

L’eau est une ressource naturelle que l’on trouve en abondance sur notre bien nommée « Planète bleue » : 75 % de sa surface est recouverte d’eau. Cependant, la proportion d’eau douce, s’entendant de l’eau renfermant moins d’un gramme de matières solides dissoutes par litre, est très faible, puisque les océans et mers représentent plus de 97,5 % des stocks d’eau. Près de 70 % de l’eau douce sont prisonniers des glaces, soit 2 % du stock total d’eau. Les deux énormes glaciers (inlandsis) de l’Antarctique et du Groenland stockent à eux deux 65 % de l’eau douce. En outre, 30 % des eaux douces sont souterraines, stockées dans les aquifères 2, le reste se trouvant dans les lacs, les cours d’eau, l’atmosphère et la biosphère. La part de l’eau douce effectivement accessible représente nettement moins d’1 % des stocks totaux d’eau, soit une infime quantité. Selon la FAO, sur les 1,4 milliard de km3 d’eau présents sur la planète, seuls 45 000 kilomètres cubes sont de l’eau consommable et 9 000 à 14 000 km3 d’eau sont accessibles.

Cette quantité d’eau est stable car renouvelable. C’est le cycle hydrologique, communément appelé le « grand cycle de l’eau » par opposition au « petit cycle de l’eau » qui correspond à celui des usages agricoles, industriels et domestiques de l’eau. Chaque année, il s’évapore plus d’eau qu’il n’en tombe sur les océans, mais il tombe plus d’eau qu’il ne s’en évapore sur les continents. Chaque année 500 000 km3 s’évaporent au-dessus des océans et 8 %, près de 40 000 km3, sont transférés sur les continents sous forme de précipitations (les autres retombent sous forme de pluie sur les océans). La vapeur océanique se transforme donc en pluie sur les continents, ce qui permet d’approvisionner les cours d’eau et les réserves souterraines.

Le climat influe sur la répartition géographique de la ressource hydrique en créant des conditions variées d’évaporation et de pluviométrie qui, combinées, affectent la répartition de la ressource hydrique. Concernant l’évaporation, les zones géographiques connaissant des températures très chaudes et un ensoleillement important voient leurs réserves d’eau s’amenuiser plus rapidement que les régions au climat tempéré ou froid, pour qui le renouvellement de l’eau est naturellement plus facile, et la ressource disponible en plus grande quantité. Concernant la pluviométrie, l’eau évaporée est restituée sous forme de précipitations, dont la quantité varie sensiblement en fonction des régions. Certains pays connaissent ainsi une pluviométrie plus importante que d’autres, et peuvent ainsi plus facilement régénérer leurs réserves en eau douce, notamment souterraines, par les processus d’infiltration ou de percolation 3. Si l’on ajoute la disposition et le relief des continents, les différences sont encore plus marquées : les contreforts de l’Himalaya reçoivent parfois plus de 10 mètres d’eau par an.

La répartition de l’eau douce à l’échelle de la planète : des inégalités « naturelles »

Neuf pays concentrent 60 % des réserves d’eau douce mondiales : le Brésil, le Canada, la Chine, la Colombie, les États-Unis, l’Inde, l’Indonésie, le Pérou et la Russie. Le Canada dispose ainsi de 86 177 m3 d’eau par habitant et par an. Les inégalités face à l’eau tiennent à la répartition géographique de la quantité d’eau disponible, mais aussi à la population présente sur un territoire donné. Tandis que l’Asie concentre près de 60 % de la population mondiale, elle ne dispose que de 30 % des ressources mondiales disponibles en eau douce. À l’opposé, l’Amazonie, qui ne compte que 0,3 % de la population du globe, possède 15 % de ces ressources.

Prise dans sa globalité, la ressource hydrique est suffisamment abondante pour satisfaire les besoins d’une population mondiale de près de 7 milliards d’individus. Chaque être humain dispose en effet en moyenne de 5 000 m3 d’eau par an. Naturellement, il ne s’agit que d’une moyenne et nombreuses sont les régions où la quantité d’eau brute disponible par habitant, exprimée par le ratio du mètre cube par habitant, est grandement inférieure, alors que certaines régions bénéficient d’une surabondance. Entre la bande de Gaza, en Palestine, très pauvre en eau douce (59 mètres cubes par habitant et par an) et l’Islande, où la ressource est pléthorique (538 000 mètres cubes par habitant et par an), le rapport est d’un à dix mille.

Des seuils ont été fixés par convention pour qualifier les degrés d’adéquation ou d’inadéquation de la quantité d’eau et du nombre d’habitants. En deçà d’un seuil de 2500m3 d’eau par habitant et par an, un pays est considéré en situation de vulnérabilité. Le seuil de pénurie en eau ou « stress » est fixé à 1700 m3 d’eau par habitant et par an. La pénurie est considérée comme chronique en dessous du seuil de 1 000 m3 d’eau par habitant et par an et la situation est qualifiée de critique en dessous de 500m3.

Environ un tiers de la population mondiale, plus de 2 milliards de personnes, vivrait en dessous du seuil de stress hydrique. 20 pays dans le monde seraient en état de pénurie : douze sur le continent africain (Afrique du Sud, Algérie, Burundi, Égypte, Éthiopie, Kenya, Libye, Malawi, Maroc, Rwanda, Somalie et Tunisie) et sept au Moyen-Orient (Arabie Saoudite, Iran, Israël, Jordanie, Koweït, Yémen et Territoires palestiniens). En réalité, des millions de personnes vivent avec moins de 500 m3 d’eau par an, situation obérant toute perspective de développement et de croissance. Le manque d’eau est structurel dans le vaste triangle qui s’étend de la Tunisie au Soudan et au Pakistan, c’est dire dans plus de vingt pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient, qui présentent une situation de pénurie chronique (moins de 1 000 m3 d’eau douce par an).

Les usages de l’eau, ressource multidimensionnelle au cœur de l’organisation sociale

Une pénurie relative d’eau s’instaure lorsque la structure de consommation induit des tensions dans le partage de la ressource. Si l’on se réfère au cycle de l’eau 4, il est possible de dissocier quatre usages de l’eau. Les deux premiers se rattachent à l’eau « verte » : elle est d’une part utilisée directement par l’agriculture pluviale et l’élevage et d’autre part utilisée indirectement pour le maintien des écosystèmes terrestres et de la biomasse. Les deux autres usages se rattachent à l’eau bleue, généralement utilisée pour déterminer la ressource mobilisable. Elle est d’une part utilisée par les écosystèmes, aquatiques mais pas seulement, pour le maintien de la biodiversité 5 et est, d’autre part, utilisée au moyen de prélèvements pour l’agriculture, l’industrie et les activités domestiques. C’est ce volume d’eau qui est généralement utilisé pour déterminer la ressource mobilisée et pour quantifier la répartition des usages de l’eau.

L’eau prélevée dans les cours d’eau et les aquifères est affectée à trois usages principaux : l’agriculture, la production industrielle et la consommation domestique. Il convient à cet égard de distinguer l’eau prélevée et l’eau consommée, c’est-à-dire qui ne retourne pas au cycle de l’eau. Le volume total d’eau prélevée est de 3 830 km3 selon la FAO, soit 571 m3 par habitant et par an ou 8,8 % des ressources renouvelables.

D’après les données de la FAO, les usages de l’eau se répartissent à 70 % pour l’agriculture, 20 % pour la production industrielle (utilisant l’eau comme fluide de procédés ou comme intrants dans des produits) et énergétique (hydroélectricité, énergie thermique et nucléaire), et 10 % pour la consommation domestique. L’eau sert donc d’abord à nourrir les hommes. Ceci s’explique en premier lieu par le fait qu’il faut de 2000 à 5000 litres d’eau pour produire la nourriture quotidienne d’une personne, contre 2 à 5 litres pour boire et 25 à 100 litres pour les usages domestiques. Si l’on s’attache à la consommation d’eau et non aux prélèvements, l’agriculture consomme même 93 % de l’eau douce, contre 4 % pour les industries et 3 % pour les collectivités. L’agriculture est donc de très loin le secteur qui prélève et qui consomme le plus d’eau dans le monde avec 2 844 km3 par an. Les aquifères, qui représentent un volume 100 fois supérieur à l’eau douce de surface, assurent eux aussi une bonne part de nos besoins et l’augmentation de la demande en eau s’est traduite depuis la deuxième moitié du XXème siècle par un recours croissant à ces bassins souterrains. A l’échelle mondiale, cette ressource est utilisée à 65% pour l’irrigation, 25% pour l’alimentation en eau potable et 10% pour l’industrie. Dans de nombreux pays, les systèmes d’irrigation reposent très largement sur les nappes souterraines (90 % en Libye, 89 % en Inde, 84 % en Afrique du Sud, 80 % en Espagne).

Cette répartition masque de réelles différences entre régions du monde. La part de l’agriculture dans les prélèvements s’établit ainsi en moyenne à 32,4 % en Europe, 38,7 % en Amérique du nord, 70,7% en Amérique du sud et Caraïbes, 81,3 % en Asie-Pacifique, 84,1 en Afrique et 87,6 % au Moyen Orient. Cependant, même en Europe, l’agriculture reste le principal consommateur d’eau. Ces écarts s’expliquent d’abord par le poids du secteur industriel dans les pays développés.

Les États qui prélèvent le plus d’eau sont ceux où l’agriculture irriguée est très importante. On compte actuellement 280 millions d’hectares irrigués dans le monde, contre 190 en 1980. L’agriculture irriguée est responsable de 95 % des prélèvements d’eau douce dans certains pays en développement.

Si l’on observe la part des ressources renouvelables prélevée pour l’agriculture, on constate des différences très nettes. Dans certaines régions, la ressource est peu mobilisée, y compris lorsque l’usage agricole est très largement dominant, soit du fait d’une densité de population faible, soit d’une mauvaise gestion de la ressource. Dans d’autres, le pourcentage de ressources renouvelables utilisées à des fins agricoles excède 40 %. Ces régions sont situées sur l’axe de stress hydrique, autant dire que leurs marges de mobilisation de la ressource sont faibles pour faire face à une augmentation des besoins.

La crise sanitaire : un scandale mondial

La crise sanitaire et sociale liée à l’eau résulte directement des problèmes d’accès à l’eau potable et à l’assainissement d’une partie de la population mondiale, et des pollutions qui rendent l’eau consommée de plus en plus insalubre. À titre d’exemple, selon l’OMS, le Gange reçoit 1,1 million de litres par minute d’eaux d’égout à l’état brut, chiffre alarmant quand on sait qu’un gramme d’excréments peut contenir 10 millions de virus, 1 million de bactéries, 1000 kystes parasitaires et 100œufs de vers intestinaux.

La crise sanitaire est aujourd’hui telle que, comme le souligne le programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), « L’ampleur de l’eau polluée fait que plus de gens meurent d’eau contaminée et polluée que de toutes autres formes de violence, y compris les guerres ». Bien entendu, il est difficile de donner des chiffres exacts. Ceux que les agences onusiennes publient – qui apparaissent les plus fiables – permettent cependant de prendre la mesure du drame :

– 3,2 millions de personnes meurent chaque année par manque d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, soit environ 6% des décès, et un enfant toutes les trois secondes 6;

– 80 % des maladies mortelles en Afrique sont dues à des problèmes d’épuration et plus d’un tiers des décès dans les pays en développement sont dus à la consommation d’eau contaminée ;

– 4000 personnes meurent chaque jour de maladies associées au mauvais assainissement de l’eau 7;

– 1,5 million d’enfants meurent chaque année de diarrhée. Un tiers de ces morts pourraient être évitées grâce à la mise en place de services adéquats d’assainissement. La diarrhée est la deuxième cause de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans après la pneumonie. Le simple lavage des mains divise le risque de diarrhée par deux ;

– plus de la moitié des lits d’hôpitaux dans le monde sont occupés par des personnes développant des maladies liées à l’usage d’une eau insalubre ;

– 100 millions de personnes souffrent en permanence de gastro-entérites hydriques ;

– les maladies liées à l’eau empêchent en moyenne chaque individu de travailler pendant un dixième de sa vie active ;

– 443 millions de jours d’école sont perdus chaque année du fait de maladies d’origine hydrique ou liées à l’absence de services d’assainissement ;

– 260 millions de personnes sont atteintes de bilharziose, près de 2 millions de décès sont observés chaque année parmi les personnes impaludées et 30 millions d’onchocercose sont dénombrées.

Ces chiffres sont imputables à la pauvreté, mais l’absence d’accès à l’eau potable et l’absence d’assainissement y participent, tout comme des soins insuffisants.

Eau utilisée pour la production

Production Volume d’eau utilisé (en litres)
1 tee-shirt coton 4 100
1 kilo de blé 1 300
1 kilo de graines de soja 1 800
1 kilo de riz 1 900
1 kilo de pommes 700
1 kilo de pommes de terre 900
1 paire de chaussure 1 800
1 kilo de fromage 5 000
1 kilo de poulet 3 900
1 kilo de bœuf 15 500
1 kilo de café torréfié 20 686
1 feuille de papier A4 10
1 kilo de fromage 4 914

L’eau, révélatrice d’un nouvel apartheid au Moyen Orient

Mise en place en 1948 par le premier ministre F. Malan, l’apartheid a vu le développement différencié des groupes ethniques en Afrique du Sud pendant un demi siècle. Cette politique consistait à la fois en une ségrégation raciale et spatiale (cloisonnement des populations noires et « coloured » dans des espaces confinés appelés bantoustans) mais aussi en une ségrégation citoyenne, les libertés d’une partie de la population (restriction du droit d’aller et venir, du droit de se rassembler dans les lieux publics, violences policières) étant bafouées. L’odieux régime de l’apartheid a pris fin en Afrique du Sud au début des années 90, avec la libération de Nelson Mandela et des prisonniers politiques, le compromis courageux entre M. de Klerk et Mandela et les premières élections libres de 1994 confiant massivement le pouvoir à l’ANC African National Congress, le parti de Mandela.

Bien sûr, comparaison n’est pas forcément raison : la Palestine n’est pas l’Afrique du Sud, et les années 2010 ne sont pas celles d’avant 1990. Pourtant, il est des mots et des symboles qui par leur force peuvent avoir une vertu pédagogique.

Or, tout démontre, même si bien peu nombreux sont ceux qui osent employer le mot, que le Moyen-Orient est le théâtre d’un nouvel apartheid.

La ségrégation y est raciale mais comme on n’ose pas le dire, on dira pudiquement « religieuse ». Pourtant, la revendication d’un état « Juif » ne serait-elle que religieuse ?

La ségrégation est spatiale également : le mur élevé pour séparer les deux communautés en est le meilleur symbole. La division de la Cisjordanie en trois zones, A, B et C en est une autre illustration :

L’armée israélienne a transféré à l’Autorité palestinienne la responsabilité des affaires civiles, c’est-à-dire la fourniture de services à la population, dans les zones A et B. Ces deux zones, qui contiennent près de 95 % de la population palestinienne de Cisjordanie, ne représentent que 40 % du territoire. La zone C reste entièrement placée sous l’autorité de l’armée israélienne. Cette zone représente 60 % du territoire de la Cisjordanie, avec toutes les réserves foncières et l’accès aux ressources aquifères, ainsi que toutes les routes principales.

La ségrégation est aussi hautaine et méprisante (« ces gens-là ne sont pas responsables »…répètent à l’envie certains responsables israéliens), vexatrice et humiliante (les passages aux check point sont restreints ou relâchés sans prévenir) voire violentes (la répression des manifestations fait régulièrement des morts…).

C’est donc bien d’un « nouvel apartheid » qu’il s’agit.

Et dans cette situation, l’eau est ainsi un élément particulier du conflit entre Palestiniens et Israéliens, au point qu’elle constitue le « 5ème volet » des accords d’Oslo. La Déclaration d’Oslo du 13 septembre 1993 reconnaît les droits des Palestiniens sur l’eau en Cisjordanie. L’accord intérimaire de Taba du 28 septembre 1995 prévoit un partage des eaux jusqu’à la signature d’un accord permanent. Mais ce partage est incomplet : il ne porte que sur les aquifères ; le Jourdain en est exclu, les Palestiniens n’y ayant plus accès. Ensuite il gèle les utilisations antérieures et ne répartit que la quantité d’eau encore disponible, c’est dire 78 mètres cubes de l’aquifère oriental. Il est donc très défavorable aux Palestiniens qui n’exploitent que 18 % des aquifères ; soit 10 % de l’eau disponible sur le territoire.

C’est pourquoi sans règlement politique global, on voit mal comment ce qui est devenu un véritable « conflit de l’eau » pourrait trouver une solution.

Israël ou la conquête de l’eau

Analyser le partage du Jourdain, c’est d’abord relater l’histoire de l’Etat d’Israël, qui se caractérise notamment par une conquête de l’eau : maîtrise de l’eau pour assurer sa distribution et rendre la terre fertile, conquête des territoires lui assurant la sécurité de l’approvisionnement, création d’eau par les procédés les plus innovants.

Le premier sommet des chefs d’États arabes en 1964 avait pour objet de réunir les Arabes contre le détournement des eaux du Jourdain par Israël. La maîtrise des ressources en eau n’est pas nouvelle dans l’histoire d’Israël. La nécessité de disposer des sources d’eau sur le territoire du futur Etat figurait déjà dans l’esprit de l’Organisation sioniste. Les limites du futur Etat étaient pensées comme devant inclure une partie du Liban, plus précisément le Litani. Il est difficile dans ces conditions de ne pas voir dans les conquêtes territoriales qui suivirent une conquête de l’eau. À l’issue de la guerre des Six jours, Israël s’emparait de territoires riches en eau : le Golan (les sources du Banias), qui fournit 20 % de l’eau « naturelle » d’Israël, et la Cisjordanie (Jourdain, Yarmouk et aquifères). Le 14 mars 1978, l’opération « Litani » se traduira par une occupation du sud-Liban à nouveau occupé après l’opération « Paix en Galilée » lancée en février 1982. Le barrage de Karaoun est pris, qui représente un réservoir de 220 millions de m3. Au total, l’eau « naturelle » d’Israël provient pour plus de la moitié de ses frontières d’avant 1967 et un quart des territoires occupés de Gaza et de Cisjordanie. Voilà pour la conquête des sources d’approvisionnement, sans que ce facteur de conflit l’emporte sur les autres.

Les droits à l’eau des Palestiniens : des droits reconnus dans le cadre d’un partage provisoire et inégal des ressources des seuls aquifères

En Cisjordanie, la nappe phréatique dite « des montagnes » est la principale ressource hydraulique partagée. Elle se divise en trois bassins. Le bassin ouest, dont 70 % de la surface se situe du côté palestinien, est le plus productif avec une capacité de renouvellement de 362 millions de mètres cubes (MCM) par an. La capacité estimée du bassin nord est de 142 MCM par an et celle du bassin de 172 MCM. Bien que ce dernier bassin se situe quasi exclusivement en Cisjordanie, l’exploitation israélienne représente 60 % des quantités extraites annuellement. En outre, la Cisjordanie borde la rivière du Jourdain mais les Palestiniens n’y ont pas accès. Cette ressource hydraulique est exploitée à 60 % par les Israéliens et à 40 % par les pays arabes.

Dans la Déclaration d’Oslo du 13 septembre 1993, « Israël reconnaît les droits des Palestiniens sur l’eau en Cisjordanie » (article 1-3). Le volet « eau » de l’accord intérimaire de Taba signé le 28 septembre 1995 entre l’Autorité Palestinienne et l’État d’Israël (Oslo II) prévoit un partage des eaux qui s’applique jusqu’à la signature d’un accord permanent.

Les clauses de 1995 des accords d’Oslo II ne concernent que les eaux souterraines. Son article 40 traite des principes de partage selon les quantités utilisées à l’époque de l’accord, plus une quantité supplémentaire que la partie Palestinienne pourrait exploiter à partir de l’aquifère Oriental. Les négociations à l’époque ne pouvaient en effet porter que sur le partage de cet aquifère qui offrait 78 millions de m3 non utilisés. Les aquifères du nord et de l’ouest étaient déjà totalement utilisés. La répartition a donc été gelée.

Ainsi, le développement des ressources hydrauliques est limité, premièrement par les dispositions de l’article 40 des accords d’Oslo II (1995) qui accordent aux Palestiniens le droit d’exploiter 18 % seulement de la nappe des montagnes. La part allouée aux Palestiniens a été définie en fonction du niveau de consommation à la date de la signature de l’accord (118 MCM/an). En outre, le développement des ressources hydrauliques palestiniennes est limité, géographiquement, au bassin Est et, en quantité, aux besoins futurs estimés sur la base d’une évolution de la population à 5 ans (+ 70 à 80 MCM/an). Or, la population a doublé depuis 1995.

Dans l’annexe III de l’accord d’Oslo II, il est précisé que 28,6 millions de m3 d’eau supplémentaire doivent être fournis pendant la période transitoire, 5 millions à Gaza, d’une part, et 23,6 millions en Cisjordanie, dont 4,5 millions à la charge des Israéliens, d’autre part.

Vu son importance, nous ne résistons pas à l’envie de signaler les dimensions ignorées encore par beaucoup de monde de notre eau si familière. À cet égard, les travaux et découvertes du chercheur japonais, Masaru Emoto, ont ouvert une voie pleine de perspectives et promesses pour l’humanité. Voici le documentaire sur les messages secrets de l’eau pour terminer ce papier :

Les messages secrets de l’eau

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Sources : RAPPORT D’INFORMATION, DÉPOSÉ en application de l’article 145 du Règlement PAR LA COMMISSION DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES en conclusion des travaux d’une mission d’information constituée le 5 octobre 2010 sur « La géopolitique de l’eau ».
Président : M. lionnel LUCA
Rapporteur : M. Jean GLAVANY, Députés

Rapport intégral

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Notes :

1 La mission d’information « Géopolitique de l’eau » est composée de : M. Lionnel Luca, président, M. Jean Glavany, rapporteur, Mme Nicole Ameline, MM. Jacques Bascou, Claude Birraux, Alain Bocquet, Gilles Cocquempot, Jean-Claude Guibal, Jean-Pierre Kucheida, Renaud Muselier et Jean-Marc Nesme.
2 Un aquifère est une formation perméable d’un point de vue lithologique où s’accumule l’eau et qui peut contenir celle-ci en quantité exploitable. Une nappe phréatique ou nappe souterraine est une nappe d’eau imprégnant les roches, formée par l’infiltration des eaux de pluie et alimentant les sources et les puits.
3 La percolation consiste pour l’eau de pluie à migrer lentement dans les sols pour alimenter notamment les nappes phréatiques. Elle se distingue ainsi du phénomène d’infiltration, où l’eau s’infiltre dans les fissures naturelles des roches et sols.
4 David Blanchon, L’eau, une ressource menacée ? Dossier N.8078), La Documentation française, 2010.
5 L’écoulement des eaux facilite notamment la dilution des polluants et le transport des nutriments.
6 Chiffres donnés par le représentant de la Bolivie lors de la présentation de la résolution sur le droit à l’eau de 2010. Les derniers chiffres de l’OMS font état d’un enfant mourant toutes les vingt secondes.. Les autres chiffres sont ceux qui figurent dans les bases de données publiques (OMS, PNUE, UNESCO). Naturellement, il est possible de trouver des estimations différentes, ces chiffres n’étant que des estimations.
7 Chiffre du rapport Une approche de l’eau et de la sécurité alimentaire et basée sur les services écosystémiques, publié lundi 22 août par le Programme des Nations-Unies pour l’environnement (Pnue) et l’Institut international de gestion de l’eau (Iwmi).
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Appel à solidarité avec Michaël Ruppert

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Quand on voit qu’un homme intègre et incorruptible se retrouve dans une détresse matérielle, il y a de quoi se retourner contre le monde entier. Bien sûr que maintenant on ne procède plus par assassinat à tout va comme au bon temps de la conquête de l’Ouest : on n’a plus besoin de ces méthodes barbares, on a des lois, des tribunaux, le marché, autrement dit le pouvoir de l’argent ; comme tout repose sur l’argent on peut aussi éliminer un gêneur sans avoir à recourir aux méthodes expéditives quand cela ne s’impose pas en empêchant l’emmerdeur par des mesures administratives et coercitives, de pouvoir gagner sa vie, le ruinant par des procès, lui rendant la vie impossible, puis le laisser mourir à petit peu. Le dernier exemple nous vient des États-Unis : il s’agit de Michaël Ruppert.

Quelles ne furent pas ma tristesse et ma colère quand j’ai appris dans le documentaire le concernant qu’il risquait d’être expulsé de son logement, du moins à l’époque où le documentaire fut tourné. Peut-être que ma réaction obéit à l’effet de retard dû à l’éloignement dans l’espace et dans le temps et qu’aujourd’hui Michaël Ruppert est hors de danger. Nous le souhaitons pour lui.

J’ai découvert le documentaire en cherchant des infos pour notre bulletin hebdomadaire. Je ne connais Michaël Ruppert qu’à travers Franchir le Rubicon. Le déclin de l’Empire américain à la fin de l’âge pétrole qui m’a beaucoup appris sur le désordre mondial dont l’épicentre se trouve aux États-Unis, l’empire en perte de vitesse. Rien que le fait qu’il a dénoncé le trafic de drogue au sein de la CIA m’a inspiré de l’estime. Pour avoir défendu l’honneur d’un flic, l’intégrité d’un homme, il a été victime d’une machination venant de très haut : on l’a fait passer pour fou, enfermé dans un hôpital psychiatrique pour faire taire le gêneur. Malgré des épreuves qui ont pulvérisé sa vie, comme il le raconte dans ce documentaire, il n’est jamais tombé dans la compromission, n’a jamais baissé les bras dans sa mission d’informer le public à la recherche des renseignements fiables. Chaque épreuve l’a rendu plus déterminé que jamais grâce sans doute à ses amis qui l’ont encouragé. Ils étaient aussi nombreux. Pour ne citer que les plus connus, il avait le soutien d’autres justes comme lui tels que :

  • Catherine Austin Fitts, ancienne Secrétaire-Adjoint au Logement de l’ère Bush I, celle qui a refusé un poste prestigieux au sein de la Federal Reserve pour créer une banque citoyenne, elle voulait expliquer les circuits de l’argent aux citoyens afin qu’ils prennent conscience de leurs actes, elle aussi, a été neutralisée, sa banque saccagée, etc. C’est Catherine A. Fitts qui a rédigé la préface de Franchir le Rubicon. Le déclin de l’Empire américain à la fin de l’âge pétrole
  • Cynthia McKinney, parlementaire élue de Géorgie qui a dénoncé la guerre faite à l’Irak, elle a par la suite perdu son fauteuil d’élue à cause de sa prise de position pro-arabe autrement dit pro-palestinienne. D’ailleurs ses détracteurs l’ont prévenue de cette défaite annoncée

Nous espérons que Mike ne se retrouve pas seul dans cette épreuve. illusCe serait trop triste. Les forces du mal auraient gagné. S’il y a quelque chose à faire c’est bien de protéger ceux qui nous aident à voir plus clair les choses, qui nous fournissent des informations fiables sur ce qui se trame dans notre dos contre nous, bref protéger les justes de l’infâme, de la désinformation, de la machination.

En parcourant le site From The Wilderness (En direct de la jungle) nous apprenons que son œuvre Franchir le Rubicon. est actuellement menacée : 4.000 exemplaires risquent d’être mis au pilon s’ils ne trouvent pas d’acquéreur. Le propriétaire du magasin de stockage souhaite se débarrasser de tout ce lot, pas de détail. Il va falloir trouver une solution à ce problème urgent.
Si on se mettait à la place de Mike, combien on serait triste de voir son œuvre de valeur partir en fumée sans pouvoir rien y faire faute tout simplement de moyens financiers. C’est donc à chacun d’entre nous qui pense que son œuvre a contribué à la compréhension de notre monde, de faire un geste pour le sauver. À l’heure actuelle, d’après les renseignements provenant du site From The Wilderness les arriérés dûs au magasin de stockage sont de 1.500$US, à revoir au moment des transactions, ce qui n’est pas la mer à boire. Cette petite somme permettrait de sauver les 4.000 exemplaires de Franchir le Rubicon qui se vendent encore bien aux États-Unis à raison de 14$ l’exemplaire.

Des dizaines puis des centaines et des milliers [1] de personnes (hommes politiques, chercheurs, journalistes, etc.) ont bénéficié des informations fiables que Mike et son équipe leur envoyaient à travers sa liste de diffusion pendant des années. Si chacun lui envoie ne serait-ce que 1$, il aurait de quoi payer ses dettes et récupérer les 4.000 exemplaires. Mais si un groupe de personnes souhaite acquérir ce lot au prix à décider avec le propriétaire du magasin de stock au moment des transactions, pour distribuer, par la suite, eux-mêmes l’ouvrage de Mike, il n’y aurait pas de problèmes, c’est cette solution-même que souhaite Mike, car son état actuel de santé ne lui permettrait pas de suivre cette histoire, il n’aurait pas non plus le temps de s’en occuper. Le cas idéal, à notre avis, c’est que tous ceux qui apprécient les écrits de Mike contribuent chacun en fonction de ses moyens à payer les dettes envers le propriétaire du magasin de stock pour que Mike puisse récupérer les 4000 exemplaires de Franchir le Rubicon, puis un groupe d’amis se chargerait de les distribuer à la place de Mike pour qu’il puisse bénéficier des retombées de son œuvre. Étant loin des États-Unis (nous sommes dans le sud de la France), nous ne sommes pas en mesure de nous occuper de la distribution de l’œuvre.

Nous lançons donc cet appel de solidarité entre gens de bonne volonté pour sauver une œuvre de valeur afin d’aider moralement un homme intègre et incorruptible qui a fait ses preuves. Ceux qui entendent ce cri de détresse peuvent contacter directement le site :

From The Wilderness

ou l’avocat de Mike dont l’adresse figure à la page :  liquidation notice

Mr. Ray Kohlman
116-16 142nd St.
Jamaica, NY 11436
raykohl@hotmail.com
646-785-0869

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Call for solidarity with Michael Ruppert [2]

 

When you see a man of integrity and incorruptible which is found in material distress, there is something to turn against the world. Of course now we will no longer by killing all goes to the good times of the conquest of the West : we no longer need these barbaric methods, we have laws, courts, markets, ie the power money : like everything depends on money we can also eliminate a nuisance without the need for expeditious methods when it is not necessary in preventing the pain in the ass by administrative and coercive measures, to be able to earn a living, the trial by ruining him making life impossible, then let him die in little. The latest example comes from the United States : This is Michael Ruppert.
What was not my sadness and anger when I learned in the documentary about him that he could be evicted from their home, at least at the time the documentary was filmed. Maybe my reaction is governed by the effect of delay due to the distance in space and time, and now Michael Ruppert is out of danger. We wish for him.
I found a documentary seeking information for our weekly newsletter. I know that through Michael Ruppert Crossing the Rubicon. The decline of the American Empire at the end of oil age, I learned a lot about global disorder whose epicenter is the United States, the empire in decline. Nothing that he denounced drug trafficking within the CIA inspired me esteem. For defending the honor a cop, a man of integrity, he was the victim of a plot from very high : we have passed for a madman, locked in a mental hospital to silence the intruder. Despite the trials that have powdered his life, as he relates in the documentary, he never fell into the compromise, has never given up in its mission to inform the public searching for reliable information. Each event has made it more determined than ever thanks probably to his friends who encouraged. They were also numerous. To mention only the most famous, he had the support of others just like him such as:

  • Catherine Austin Fitts, former Assistant Secretary for Housing-era Bush I, one who refused a prestigious position within the Federal Reserve Bank to create a citizen bank, she wanted to explain the channels money to citizens to aware of their actions, too, has been neutralized, the bank sacked, etc.. This is Catherine A. Fitts who wrote the preface to Crossing the Rubicon. The decline of the American Empire at the end of oil age.
  • Cynthia McKinney of Georgia elected member who denounced the war on Iraq, it has since lost her chair because of her elected position that is pro-Arab pro-Palestinian. Moreover, critics have warned of the loss announced.

We hope that Mike is not found only in the event. It would be too sad. illusThe forces of evil have won. If there is something to do it is to protect those who help us see things more clearly, we provide reliable information on what is happening behind our backs against us, in short, just protect the infamous, disinformation, of the machine.

Browsing through the site From The Wilderness we learn that his work Crossing the Rubicon is threatened: 4,000 copies may be pulped if they do not find a buyer. The owner of the warehouse wants to get rid of all that lot, not retail. We’ll have to find a solution to this pressing problem.

If we put in place of Mike, how much would be sad to see his work go up in smoke value without being able to do anything about it simply because of money. So each of us who think that his work contributed to the understanding of our world, do something to save him. At present, according to information from the website From The Wilderness arrears due to the warehouse is 1,500 USD, to review at the time of the transactions, which is not rocket science. This small amount could save the 4,000 copies of Crossing the Rubicon that still sell well in the U.S. at a rate of $ 14 per copy.

Tens and hundreds and thousands [3] people (politicians, scientists, journalists, etc..) received reliable information that Mike and his team sent them through his mailing list. If everyone would send him $ 1 Does he have enough to pay its debts and recover 4,000 copies. But if a group of people wants to buy this lot for the price to decide with the store owner at the time of stock transactions, to distribute, then, themselves the work of Mike, there would be no problems is this solution as well as Mike wants because its current state of health would not permit him to follow this story, he would not have time to do it. Ideally, in our opinion is that those who appreciate the writings of Mike each contribute according to their means to pay debts to the store owner to stock for Mike to get the 4.000 copies of Crossing the Rubicon and a group of friends would be responsible for distributing them in place of Mike so he can reap the benefits of his work. Being away from the U.S. (we are in the south of France), we are not able to handle the distribution of the work.
We therefore call this solidarity between people of good will to save a work of value to help a man morally upright and incorruptible, which has been proven. Those who hear this cry of distress can contact the site:
From The Wilderness
or to Mike Ruppert’s attorney whose email is listed on page: liquidation notice
Mr. Ray Kohlman
116-16 142nd St.
Jamaica, NY 11436
raykohl@hotmail.com
646-785-0869

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Notes:

[1] Ils étaient 12.000 à être inscrits sur sa liste de diffusion en 2004
[2] This translation was done with the help of our friend Polycarpe M. Kalembwe.
[3] They were 12.000 to be included on the mailing list in 2004.

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webmaster
Nguyen Van Ky

Meilleurs voeux 2012

Blog.danco.org xin kính chúc các thân hữu cũng như tất cả những ai đã ghé đây một năm Nhâm Thìn nhiều may mắn và thịnh vượng.

Nos meilleurs voeux pour l’année du dragon aux internautes.

Our best whishes to everybody for the new year of the dragon.

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Au seuil de la nouvelle année 2012, le site danco et son blog (où nous sommes) vous présentent leurs meilleurs vœux : vœux de santé bien sûr mais aussi de réussite dans les entreprises de contestation du modèle dominant, de solidarité entre les peuples, entre citoyens, vœux de liberté dans un monde qui cherche à enchainer les gens avec de la consommation, des dettes, des médias sous contrôle, etc.

À nous de nous libérer des chaînes. N’attendons pas que les autres viennent nous libérer. Le mouvement des Indignés en Europe, et Occupy aux États-Unis de cette d’année ont frappé juste, là où ça fait mal : l’argent et ceux qui le manipulent au sein des institutions étatiques et mondiales qu’ils ont créées.

Bonne année tout de même bien que nous ne soyons pas l’abri d’un conflit planétaire qui se trame au Moyen-Orient.

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danco & son blog

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Quelques considérations sur la guerre d’hier et d’aujourd’hui. Les barbares décomplexés

vignetteAu temps des Primitifs on se battait à coups de lances, de couteaux, de sabres, de flèches, etc., on razziait le village victime puis on remportait le butin et éventuellement quelques prisonniers pour les vendre aux autres tribus ou les garder comme otages contre rançons. Chez les peuples primitifs il n’y avait guère de prison, lieu d’enfermement et de privation de liberté [1], une invention des États avancés, civilisés, etc. Le summum de cette absence de lieu de privation et d’oppression s’illustre le mieux avec le cas des Amérindiens du Nord qui laissaient leurs prisonniers en liberté, mais surveillés bien entendu, en tout cas ils n’avaient pas le droit de maltraiter des êtres contraints à la soumission. Au bout d’un certain temps, les geôliers en avaient assez de voir leurs prisonniers tourner en rond, ils finissaient par leur donner un cheval pour qu’ils s’en aillent et retournent chez eux.

Au temps des Mongols dont l’empire était le plus vaste en termes de superficies conquises et contiguës, ces hordes de barbares dévastaient tout sur leur passage : Bagdad a été mise à sac et ce ne fut pas la dernière. Cependant le but de l’empire demeura la domination, la guerre n’était qu’un des moyens, fût-il ultime, pour y parvenir. Si on pouvait y arriver sans livrer bataille c’était le meilleur cas de figure possible puisque cela permettait à l’empire de ne pas gaspiller ses forces. Autrement dit si une principauté ou un royaume n’oppose aucune résistance et propose une entente ou une soumission, cette solution est préférable à la conquête par les armes. À notre époque on est loin de ces considérations primaires : à l’approche de la guerre faite à l’Afghanistan et à l’Irak, certains esprits naïfs pensaient qu’il suffit de livrer Ben Laden puis Saddam Hussein aux autorités états-uniennes pour éviter la guerre, puisqu’elles les réclamaient et les accusaient de représenter une menace pour leur sécurité. Cette éventualité a pourtant été proposée lors des préparatifs de guerre et les autorités états-uniennes ont fait savoir, d’une part que même si Saddam Hussein se rendait, la guerre aurait quand même lieu, et d’autre part, elles ne voulaient rien savoir quand le Mollah Omar se proposa de leur livrer Ben Laden si elles apportaient la preuve de son implication dans les attentats du 11 septembre, ce qui trahit les objectifs déclarés de la guerre : arrêter Ben Laden et se débarrasser d’un dictateur pour le bonheur du peuple irakien. Après l’arrestation du dudit dictateur, on a mis en place une justice digne du vaudeville pour le juger : on l’a fait pendre le jour de l’Aïd, le jour saint pour les musulmans du monde entier, c’est bien un message de haine et qui provoque la haine dans le monde musulman, car la coalition anglo-saxonne voulait faire croire au public que le clash de civilisations vient de commencer.

À l’époque moderne dominée par l’Occident, la guerre se targue de quelques règles de bonne conduite pour préserver le peu d’humanité qui en restait sur les champs de bataille : ménager le sort des blessés, prisonniers, civils, etc. Mais il existait une règle implicite qui fait des vainqueurs des arbitres dans la détermination du montant des réparations des dommages de guerre imposées aux vaincus. Ce fut la porte ouverte à tout : le traité de Versailles signé en 1919 entre les ex-belligérants en fut l’illustration la plus caricaturale et les Allemands n’ont fini de payer leurs réparations à la France et à l’Angleterre que l’année dernière (2010), presque un siècle après l’armistice.

À un autre niveau, cela suppose que les belligérants étaient consentants pour se faire la guerre. Mais on peut constater que la guerre eut quand même lieu dans bien des cas sans que l’une des deux parties soit consentante mais contrainte. C’est ce qui s’est passé pendant l’expansion de l’impérialisme colonial. Pour donner un seul exemple, la conquête du Vietnam par la France et l’Espagne illustre ce cas de figure. Voilà un État qui refusa de se soumettre au diktat des puissances coloniales et qui se trouva soumis par la force des canons. Une fois la victoire emportée, et ce fut facile contre un État qui n’avait pas les moyens militaires pour se défendre contre une armada moderne occidentale, la France exigea du vaincu des dédommagements de guerre. C’est formidable, on gagne sur tous les tableaux. (On verra que cette pratique cynique dictée par des gains faciles est poussée encore plus loin au début du XXIe siècle avec la guerre faite à l’Irak et la Libye). Certes, ces dédommagements exigés par les puissances coloniales, pour ne pas dire colonialistes, [ce dernier terme est malpropre dans le monde universitaire (!)], ont par la suite été annulés après la mainmise coloniale sur l’ensemble du pays.

Quelque temps auparavant des puissances coloniales (la France, l’Angleterre, la Russie…) ont forcé la barrière chinoise à coups de canons pour contraindre la Chine à accepter l’introduction du commerce de l’opium encore interdit dans l’empire du Milieu à cette date. Voilà un des buts de guerre des empires coloniaux : faire du trafic de drogue chez les autres. Notons en passant que beaucoup de peuples d’Asie consommaient de l’opium issu de leur culture ancestrale comme un passe-temps agréable sans être accoutumés comme par la suite. Bien des peuples amérindiens fumaient du tabac sans que celui-ci devienne une drogue, de même que les feuilles de coca qu’ils mâchaient pour garder une bonne vitalité, n’avaient pas la fonction d’une drogue. Mais au contact des Occidentaux qui voyaient là une source de profits, ces plantes sont devenues des composantes servant à la production de substances plus dangereuses pour la santé : au produit sain au départ on a ajouté des produits chimiques dans le but de créer une accoutumance chez la personne qui en consomme. C’est ainsi qu’on obtient de l’héroïne avec de l’opium, de la cocaïne avec de la coca, du tabac trafiqué contenant même de l’acide. Tout cela pour le bonheur des trafiquants contrôlés d’ailleurs en sous-main par des officines d’État, et celui qui a cru bien faire en dénonçant ce trafic a été traité de fou, enfermé dans une asile psychiatrique, puis poussé à la démission de son emploi de flic de Los Angeles [2]. À la belle époque de colonisation en Indochine, le budget de la colonie était alimenté par le commerce de l’opium, de l’alcool et du sel, puisque l’État colonial a institué ces trois Régies et en gardait le monopole. Et gare à celui ou à la collectivité qui n’en consomme pas ou pas assez, les amandes ou la prison les attendent.

Au siècle suivant dans les décennies 1960 et 1970, ce même pays, le Vietnam, était le théâtre d’une autre guerre beaucoup plus dévastatrice qui a duré vingt ans. Qu’avait fait ce petit pays aux États-Unis pour que ceux-ci interviennent en masse avec plus de 600.000 GI ? Rien ! Simplement il représentait le pays du bloc communiste le plus avancé sur le plan géopolitique vers l’Asie-du-Sud-Est, une menace contre le « Monde Libre » ! Après une guerre qui a fait plusieurs millions de morts côté Vietnam et plus de soixante mille côté États-Unis sans parler des millions de blessés, handicapés et invalides qui en résultent avec leur lot de malheur inhérent, sans compter une quantité phénoménale de bombes de toutes sortes larguées sur les champs de bataille, des millions de litres d’herbicides sous l’appellation d’agent orange déversés qui ont dévasté la couverture forestière, l’armée états-unienne était obligée de se retirer pour évacuer entièrement le Sud Vietnam. Certes sur le plan militaire les États-Unis n’ont pas perdu la guerre mais sur le plan politique et diplomatique ils ne savaient plus où se terrer pour garder la face le 30 avril 1975 : une superpuissance avec des armes les plus sophistiquées de l’époque n’a pas réussi à faire plier un petit pays, pire elle était contrainte de fuir comme de pauvres réfugiés à l’approche de l’armée ennemie. Certes d’un autre côté le Vietnam en sort exsangue. Après bien des années de brouille entre ces deux ex-belligérants, quand celui-ci évoqua la question des réparations et des dommages de guerre, les États-Unis eurent le culot de dire qu’il n’y avait pas vraiment de guerre puisqu’ils ne l’ont pas déclarée.

Ces quelques exemples sont mis en exergue pour souligner l’attitude des grandes puissances qui sont à la fois juges et parties dans ces circonstances. La parole du plus fort (en armes) devient la loi. Pascal à son époque l’a bien dit en d’autres termes : « N’ayant pu faire que ce qui était juste fût fort, on a fait en sorte que ce qui était fort fut juste« .

Depuis la fin du XVe siècle, les puissance coloniales, pour des raisons qui tiennent à leur expansion, en partie liée aux débouchés de leur commerce et industries, ont parcouru le monde puis se sont emparées par la force des positions stratégiques avant de s’installer pour durer. La destruction des lieux visés était la règle, ce fut ainsi pour Malacca (conquise en 1551 par les Portugais), Calicut (conquise en 1502 par les troupes de Vasco de Gamma), puis au XIXe siècle le Palais d’été de Pékin a été mis à sac en 1860 par les troupes anglo-françaises, le butin emporté dont les traces alimentent encore aujourd’hui le commerce des objets d’antiquités. La destruction ordonnée des statues géantes de Bouddha de Bâmiyân en Afghanistan à la fin du deuxième millénaire par les Talibans a scandalisé le monde entier. Quelle sauvagerie devant une oeuvre-témoignage à la fois historique et culturel ! Ce geste insensé relève du fanatisme religieux de leurs auteurs qui sont des islamistes radicaux. Quelques années plus tard, le monde assiste à la mise à sac de Bagdad et de son musée : les pièces les plus anciennes et les plus rares ont disparu dans la confusion. Rares étaient les voix qui se sont élevées pour protester contre ces actes de brigandage. Ce pillage fut commis sous bonne garde puisque des unités de l’armée US étaient stationnées devant ledit Musée sans broncher. La destruction de Bagdad par des bombes a couvert le pillage en règle des trésors archéologiques, l’anéantissement de la mémoire du pays victime. Dans le même temps, au lieu de braquer les caméras sur ce pillage d’une valeur inestimable, la télévision préféra montrer au monde entier des pilleurs minables de canapés et de frigidaires ! Quelques semaines avant le début de la guerre faite à l’Irak, de mauvaises langues ont signalé la pression exercée par des professionnels du marché d’antiquités international sur leurs pays respectifs afin d’obtenir un assouplissent des règles en la matière. Quelle coïncidence ! Quelle chance pour les collectionneurs !

Si les Talibans ont fait sauter leurs patrimoines historiques et culturels, ils n’ont pas détruit le patrimoine de leurs voisins ou celui d’un autre pays, c’était par pure foi religieuse : ils avaient tout de même une foi, même si cette foi finit par les aveugler. Mais les pilleurs en col blancs aux apparences respectables et sans doute respectés par beaucoup, ceux qui ont dévasté les musées d’Irak, se comportèrent comme de simples brigands, des bandits de grands chemins car seul l’appât du gain commandait leur geste. Si on devait les comparer avec les Talibans destructeurs de statues de Bouddha, qui sont les vrais sauvages, qui agissent par pur intérêt sans aucune autre considération ? Les pilleurs cupides ou les fondamentalistes religieux ? À cet égard, un petit reportage réalisé quelque part à Ankara à la veille de l’invasion de l’Irak par les troupes de la coalition anglo-saxonne fait sens : le journaliste posa la question à un passant pour savoir ce qu’il pensait de la guerre qui approchait. Celui-ci répondit en substance avec une colère maitrisée  : « Ces gens-là – les États-Uniens – n’ont pas de religion ? Seul le pétrole les intéresse ? » Hélas oui, seuls les profits, la volonté de domination commandent leurs actes. On verra par la suite que les profits ne s’arrêtaient pas là.

photoSur un autre plan concernant les Talibans, quoiqu’on en dise, en quelques années à la tête d’un pays comme l’Afghanistan, ils ont tout de même éradiqué la culture du pavot, source du trafic de drogue fabriquée à partir de l’opium. Après l’invasion par les troupes de l’OTAN en 2001, la culture du pavot y fleurit de plus belle : désormais c’est la CIA qui contrôle le trafic des drogues par l’intermédiaire des seigneurs de guerre. Les faits parlent d’eux-mêmes mais bien sûr, la machine de désinformation fait tout pour dire le contraire.

Il convient aussi de remarquer que si les moyens de destruction ont changé et sont plus meurtriers qu’avant, les méthodes utilisées pour provoquer la guerre restent, elles, inchangées. Une petite rétrospective peut nous éclairer sur cette question. Au XIXe siècle quand l’Empire britannique jetait un regard intéressé sur l’Iran, ses méthodes pour parvenir à ses fins résonnent en écho avec ce qui annonçait hier la guerre d’invasion de l’Irak, les pressions d’aujourd’hui sur l’Iran accusé de fabriquer en cachette des bombes nucléaires. Lisons ce qu’un observateur avisé de cette époque a écrit à ce sujet  :

La déclaration de la guerre à la Perse par l’Angleterre [3] ou plutôt par la Compagnie des Indes orientales, est la réédition d’un des coups astucieux et téméraires de la diplomatie anglaise en Asie, grâce auxquels l’Angleterre a étendu ses possessions sur ce le continent. Dès que la Compagnie [des Indes Orientales] jette un regard cupide sur n’importe lequel des États souverains indépendants ou n’importe quelle région dont les ressources politiques ou commerciales ou dont l’or et les joyaux sont prisés, la victime est accusée de violer telle ou telle convention fictive ou réelle, de transgresser une promesse ou une restriction imaginaire, de commettre quelques nébuleuses offenses, et la guerre est déclarée, et l’éternité du mal, la perpétuelle actualité de la fable du loup et de l’agneau teignent de sang une fois encore l’histoire nationale anglaise. (…)

 

L’Angleterre avait convoité depuis de longues années une position dans le golfe Persique et par-dessus tout la possession de l’île de Karak, située dans la partie nord de ces eaux. (…) La tentative récemment renouvelée et couronnée de succès de la Perse contre Hérat [4]avait fourni à l’Angleterre une occasion d’accuser le chah d’un manquement à la bonne foi envers elle et de prendre l’ile, comme un premier pas vers les hostilités.[5]

Un autre passage de ce même penseur sur l’intervention des forces anglaises en Chine résonne étranglement :

Sur les motifs qui viennent d’être exposés brièvement – les comptes rendus officiels présentés au peuple anglais confirment entièrement cet exposé – la guerre la plus inique a été entreprise. Les citoyens inoffensifs et les pacifiques commerçants de Canton ont été massacrés, leurs maisons rasées par l’artillerie, et les droits de l’humanité violés, sous le vain prétexte que « des vies et des biens anglais sont mis en danger par les actes agressifs des Chinois ! »[6]

Ce passé récent n’est hélas pas entièrement passé car il se perpétue selon des circonstances analogues dans notre présent. Mais la guerre du XXIè siècle a aussi pour but de détruire, raser un État, le ramener à l’âge de la Pierre », expression cynique employée par l’ex-Secrétaire à la Défense des États-Unis Donald Rumsfeld avant l’attaque de l’Afghanistan en 2001. Et l’innovation en matière de guerre moderne réside aussi dans l’acte d’accaparer les richesses de l’ennemi pour faire reconstruire le pays dévasté par des entreprises du pays envahisseur. On gagne donc sur tous les tableaux : on trouve un ennemi facile à vaincre par les armes, et de préférence riche en matières premières par exemple, on l’accuse de tous les maux, on porte l’affaire aux Nations-Unies, on fait voter une décision permettant d’intervenir pour légitimer la guerre, on détruit le pays, on bloque ses avoirs dans les banques étrangères, on met en place un gouvernement fantoche, on révise les contrats d’avant-guerre, on fait de nouveaux contrats d’exploitation des richesses du sous-sol au profit de nouveaux maîtres, on fait venir des entreprises de Travaux publics de son choix aux frais du pays conquis. Puisqu’on a tout détruit il faut reconstruire pas pour le bien des gens du pays conquis mais aux profits des entreprises amies. L’argent du pétrole en Irak coulait à flots, à tel point que des milliards de dollars ont disparu sans que personne ne le sache, dit-on.

Ce schéma cynique se répète maintes fois depuis les guerres faites à l’Afghanistan, puis à l’Irak et maintenant à la Libye. Soulignons également le courage de ces barbares de l’ère moderne qui s’attaquent immanquablement aux faibles, aux plus faibles qu’eux, et le plus souvent désarmés d’avance. Quand on soumet les autres par la force, par les armes, cela relève de quoi sinon de la barbarie ? Mais cette barbarie moderne est décomplexée !

photoLa guerre reste donc le dernier moyen pour soumettre des régimes récalcitrants face à la volonté de l’impérialisme quand celui-ci n’a pas pu trouver d’autres moyens (endettement, corruption…) et l’OTAN n’a pas hésité à montrer sa puissance de feu et de destruction. L’humanité a bien progressé dans la voie de la barbarie qui n’a jamais disparu… Alors les tenants de la force brutale, les brutes en somme, ne chantez plus les refrains mettant en avant la démocratie ou les droits de l’homme puisque vous êtes les premiers à les violer quand cela vous arrange. Bas les masques ! On a vu votre vrai visage de barbares modernes décomplexés.

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Notes :

[1] Remarquez aussi que l’industrie de la prison fonctionne à plein régime au pays prétendu champion de la Liberté, les États-Unis. Paradoxe? Non. Il suffit de lire les choses à l’envers et ne pas se fier aux slogans ou autres propagandes.

[2] Voir l’anecdote racontée par Michaël Ruppert dans son ouvrage Franchir le Rubicon, Tome 1, Éditions Nouvelles Terre, pp. 7-11,

[3] Il s’agit de la guerre anglo-persane de 1856-1857.

[4] Hérat est une ville de l’ouest de l’Afghanistan proche des frontières de l’Iran et du Turkménistan, et située dans la province de Hérat. C’est l’antique Alexandrie d’Asie fondée par Alexandre le Grand, une des villes-étapes de la Route de la soie

[5] Karl Marx, « La guerre anglo-persane », éditorial paru dans le New-York Daily Tribune, n° 4904 du 7 janvier 1857, in Marx Engels, Textes sur le colonialisme, Moscou, Éditions du progrès, 1977, pp.100-101.

[6] Ibid, « Les atrocités anglaises en Inde », éditorial paru dans le New-York Daily Tribune, n° 4984 du 10avril 1857, p. 130.

Marine Le Pen & Israël

vignetteLes élections présidentielles s’approchent. Les candidats se bousculent au portillon. Puisque les partis politiques se comportent aussi comme des machines à produire des candidats, tâche qui absorbe plus d’énergies et de moyens que celle qui consiste à remettre la société sur des fondations saines, à s’inquiéter de l’avenir de générations futures, etc. Nous versons ainsi au fur et à mesure des pièces au dossier des candidats. Nous commençons avec la candidate du FN, Marine Le Pen en nous posant des questions sur ses relations avec Israël. Non, ce n’est pas des questions incongrues ou absurdes car cela relèverait simplement de la « Realpolitik » :

Il va de soi que le fait d’être membre d’une délégation pour les relations avec un pays ne prouve pas qu’on est financé par ce pays, mais quand on représente un parti dont les idées sont diamétralement opposées à celles du pays en question, la question reste ouverte, c’est ce que Paul-Éric Blanrue se demande.

D’un autre côté, à travers les déclaration de Marine Le Pen sur Israël et le fait d’être juif en France, sur l’immigration, cause de tous les maux de France, on ne peut que se poser de grosses questions. On dirait que la fille a pris son père à contre-pied sur cette question en rendant le FN plus fréquentable : il n’est plus désormais antisémite mais seulement islamophobe, ce qui convient bien à nombre d’électeurs et de représentations communautaires dont le CRIF. Rappelons qu’entre les deux tours des élections présidentielles de 2002, lorsque Jacques Chirac allait affronter Jean-Marie Le Pen, le président du CRIF de l’époque, Roger Cukierman, a déclaré que « c’est un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquille« . Propos sans ambigüité. Quand plus d’un million de Parisiens sont descendus dans la rue pour barrer la route à l’extrême-droite, le philosophe inconditionnel de la cause d’Israël s’est indigné dans son émission hebdomadaire de France Culture le samedi matin, en qualifiant cette vague d’indignation populaire de manifestation de la pensée unique. Rien que ça ! Le sionisme et l’extrême-droite peuvent apparemment trouver des terrains d’entente sur le dos des Arabes, bien entendu. Cette alliance de nature opportuniste d’anciens ennemis contre un ennemi commun, les immigrés arabes, catalogués islamistes, n’est pas tout à fait incompréhensible. On se retrouve comme dans un vulgaire western qui met en scène ce genre de situation tripartite dont l’issue n’est pas connue d’avance.

On peut mettre en doute les propos de Farid Smahi en se disant que ce sont des accusations non fondées d’un homme blessé, car excommunié, qui se venge. Mais c’est souvent quand la maison a brûlé qu’on s’aperçoit qu’il y avait des rats dedans, selon un proverbe extrême-oriental. En ce qui concerne le chapitre des financements du FN, signalons aussi les propos sans équivoque de François Asselineau, Président de l’UPR, qui affirme que dans la période 1985-1992, le FN a été financé par la CIA :

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Pour ceux qui sont « maniaques » de preuves, on leur souhaite bon courage dans la recherche des preuves matérielles de ce mariage de raison. On sait par ailleurs que dans la vie politique tout ne passe pas par les banques et les chèques, mais les billets de banque, les valises chargés sont de très utiles moyens pour tout le monde.

Bonne campagne !

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PNAC, The Project for a New American Century

vignetteVous trouverez dans sur cette page une traduction du chapitre « RECONSTRUIRE LA DÉFENSE DE L’AMÉRIQUE » du PNAC. Cette traduction a été faite par Jean-François Goulon, traducteur des « Secrets de la Réserve Fédérale« , qui l’a mise en ligne sur son site. D’autres traductions existent sur le web notamment celle qui a été faite par Pierre-Henri Bunel et qui est accessible via le site de Reopen911.

Voici la traduction de Jean-François Goulon : PNAC.pdf

Canard ou chien de garde ?

vignetteLe nouveau Dossier du Canard enchaîné vient de sortir à la mi-juillet : il est consacré à la future candidate du FN, fille de son père, aux élections présidentielles. En publiant ce numéro Le Canard garde toujours une longueur d’avance sur l’opinion en rassemblant des informations sur Marine Le Pen qui a le vent en poupe dans les sondages.

Le Canard se donne ainsi le beau rôle d’avertir l’opinion sur le possible danger de se retrouver devant un face à face, entre les deux tours, la candidate du FN affrontant un autre candidat venant de la droite (Sarkozy) ou celui issu de la gauche (Aubry ?), tout en gagnant de l’argent puisque le numéro est en vente à 5,35 €. Le Canard n’est pas une entreprise philanthropique, ça tout le monde le sait : on ne va pas publier à perte un numéro soit-il garant de la bonne conscience !

Mais en cognant sur le FN à une époque sensible, on risque de se retrouver avec des effets contraires à l’attente : une partie de l’opinion, révoltée de voir un parti ridiculisé et diabolisé, pourrait lui apporter des voix. Cet aspect pervers du principe d’action-réaction n’échappe sans doute pas aux analyses fines du Canard, on se demande ainsi quelles sont ses intentions quand il publie ce numéro à l’approche des élections présidentielles ? Le Canard est-il gagné par le machiavélisme ou c’est simplement l’expression d’un professionnalisme qui se borne à « informer » sans se préoccuper des conséquences de ses actes ? Après moi le déluge…. L’individualisme n’est pas étranger à ceux issus de la mouvance anarchiste, parait-il. Passons.

En feuilletant le Dossier on tombe sur un article en une pleine page et demie à la « gloire » des « complotistes » qui, dit Le Canard, « sont partout, et jamais très loin de l’extrême droite ». Et de fournir la preuve de cette allégation qui n’a pas d’autre fonction que celle d’accusation gratuite et assassine : Thierry Meyssan. En trois mots et quatre mouvements de plume Le Canard est capable d’insinuer que Thierry Meyssan est passé dans le camp de l’extrême droite pour avoir voyagé avec Dieudonné en 2006 au Liban « flanqué, entre autres, d’Alain Soral (futur FN) et de Marc Robert (ex FN), tout en chantant les louanges de Bruno Gollnisch, qu’il « respecte à la fois comme homme et comme élu du peuple« ». Un peu plus loin, Dieudonné est devenu « l’ex-amuseur ». À notre connaissance Dieudonné qui a rempli le Zénith en 2008 sans avoir fait aucune publicité car toutes les médias lui ont barré la route comme un seul homme, n’a pas encore dit au revoir à son public. Le Canard a sans doute voulu enterrer l’amuseur public, du moins socialement, parce qu’il n’est pas à son goût !

N’étant pas spécialiste de l’extrême droite, relevons simplement qu’Alain Soral n’est plus actuellement au FN, ce que le Canard a omis de signaler, il a signalé ce qui l’arrange, la moitié de la vérité, l’autre moitié il l’a simplement avalée. On peut toujours compter sur Le Canard pour être informé !

Autre allégation trouvée dans ce papier sur les « complotistes » : l’Association Reopen 911 est vue à la fête de l’Huma avec les Éditions Demi-Lune qui publient Thierry Meyssan ! Voilà ce genre d’amalgame et de raccourci qui finit par se mordre la queue : les « complotistes » sont pas loin de l’extrême droite (thèse du Canard), on les voit même à la Fête de l’Huma (antithèse ?) à moins que la Fête de l’Huma soit financée par le FN, c’est de la foutaise !

Sinon l’article en entier est un ensemble de ramassis, de raccourcis et d’amalgames sans aucune preuve pour conforter les choses dites, il est fait pour nuire ! Passons sur les autres aspects évoqués sinon il faudrait un roman pour répliquer point par point. Passons sur les approximations telles que la Commission Trilatérale, le Council on Foreign Relations et le groupe Bilderberg appelés tous les trois des think tank. De mémoire, Le Canard n’a jamais parlé du groupe de Bilderberg resté confidentiel jusqu’à ces dernières années avant que l’Internet s’en mêle. C’est vrai que Le Canard n’aime pas Internet où tout le monde peut s’exprimer, informer les autres sans son aval, sans l’aval des maîtres de la pensée unique et à sens unique. Quel grand esprit ! Moi seul ai le droit d’informer parce que je suis journaliste. Alors faites votre travail comme il faut et on vous respectera, et inversement si votre travail est bâclé le respect ne sera pas au rendez-vous. Si vous vous contentez d’étaler vos opinions et vos jugements à défaut de recherches et d’investigations, de vous donner le rôle de procureur, alors ne soyez pas surpris qu’on vous réserve du mépris.

Quant à Thierry Meyssan dont la photo figure en bonne place dans l’article, on peut se demander ce qu’il a fait au Canard pour que celui-ci s’acharne sur lui comme ça. Rien à notre connaissance, Thierry Meyssan n’a jamais mis en cause Le Canard qui, sans doute par solidarité corporatiste, n’a pas digéré son Effroyable imposture, sa thèse sur le 11 septembre qui devient non seulement de plus en plus populaire dans le monde entier mais crédible et une évidence grâce aux travaux des citoyens états-uniens et ceux de par le monde qui ont apporté pièce sur pièce au dossier face auquel la version officielle du 11 septembre est d’un mauvais comique qui ne fait rire que les ignares. On se demande comment il est encore possible que les gens dont la fonction est d’informer les autres croient encore à la version officielle du 11 septembre servie par l’Administration états-unienne et présentée dans un rapport qui enterre plutôt l’affaire que de la mettre en lumière ? C’est une version obscurantiste faite pour crétiniser les gens, et les journalistes gobent, y compris ceux du Canard, à moins que cela relève de la mauvaise foi ! Voilà où nous en sommes. Sur cette question ultra-sensible du 11 septembre, tous les médias parlent d’une seule voix, celle des États-Unis de Bush-fils, mais cela ne relève pas de la pensée unique, ce n’est pas de la conspiration ! Puisque c’est le Soleil qui tourne autour de la Terre, ceux qui pensent le contraire doivent aller au bûcher ! C’aurait été le sort réservé aux « conspirationnistes » à une certaine époque. Le Canard fait figure d’exception ? La preuve, il accuse simplement Thierry Meyssan d’être « conspirationniste », comme le font tous les médias. On aurait aimé :

  • que Le Canard informe aussi ses lecteurs sur les menaces qui pesaient sur la personne de Thierry Meyssan après le changement de locataire de l’Élysée en 2007 : il a dû s’expatrier au Moyen-Orient pour échapper à la menace de mort proférée sur lui ;
  • que Le Canard informe ses lecteurs sur les menaces de mort qui pesaient sur Jimmy Walter qui n’a rien fait d’autre que de réclamer la vérité sur le 11 septembre et qui soutient le mouvement pour la vérité sur le 11 septembre. Ce citoyen états-unien a fini par se réfugier dans la « vieille Europe » pour avoir la vie sauve ;
  • voir Le Canard voler aux États-Unis pour apporter des preuves de ce qu’il dit au lieu de hurler avec les loups sans avancer la moindre preuve du contraire ;
  • que Le Canard lise les ouvrages édités par les Éditions Demi-Lune avant de les incriminer comme le font les suiveurs écervelés. Oui, il faut saluer le courage de ceux qui prennent le risque de publier des ouvrages qui vont à l’encontre de la pensée unique dans un contexte idéologique qui leur est très défavorable, et n’ayant pour seul but que celui de rétablir la vérité trop longtemps déformée.

Une dernière question au Canard et à ceux qui partagent ses opinions autrement dit aux tenants de la pensée unique : si la vérité est du côté de ceux qui soutiennent la version officielle du 11 septembre, de quoi ont-ils peur, pourquoi ont-ils peur quand leurs antagonistes ne font que la réclamer ?

En lisant ce papier, on croirait lire un des nombreux billets de Caroline Fourest, autre pourfendeur de Thierry Meyssan et des « complotistes ». En tout cas les loups se reconnaissent entre eux, comme Dieu reconnaît ses chiens.

Un lecteur du Canard de longue date nous a confié qu’il avait arrêté d’acheter le journal quand celui-ci s’est rangé du côté des caricaturistes de Mahomet, s’est complu à diaboliser le président iranien Ahmadinejad, et à ridiculiser Thierry Meyssan sans apporter la moindre preuve.

D’ailleurs on n’a pas vu l’ombre du Canard dans le procès intenté contre le président de RACCFC (Rassemblement des auditeurs contre la Casse de France Culture) accusé d’injures envers « Mme Clauzet Laure, épouse Veinstein dite Laure Adler [1] » pour un dessin satirique, pas de trace non plus dans ses colonnes. Dans d’autres circonstances Le Canard aurait ouvert son bec pour crier haut et fort : « Liberté d’expression ». Cette liberté est en fait très sélective chez Messieurs les Canards comme chez d’autres journaux. Le Canard s’intéresse à la culture paraît-il. Que France Culture soit démantelée pour devenir une radio comme une autre, Le Canard s’en bat les ailes !

Alors gardien de la liberté d’expression ou chien de garde ? Seul Le Canard peut répondre à cette question existentielle. La plupart des lecteurs de cet hebdo ignorent sans doute qu’un de ses membres, David Fontaine pour ne pas le citer, fait partie des Young Leaders français de la French-American Foundation, une officine atlantiste où se retrouvent aussi bien Nicolas Bazire, Alain Juppé, Jérome Clément, Jean-Marie Colombani, Alain Minc, Lacques Toubon, Valérie Pécresse, que Christine Ockrent, François Hollande, Jean-Noel Jeaneney, Laurent Joffrin, Bernard Guetta, Sylvie Kauffmann, Alain Richard pour ne citer que les plus connus. Peut-être ceci explique cela.

Notes :

[1] Patrick Broguière, France Culture. La destruction programmée d’une université populaire, Éditions Delga, 2007, p.94.