blog danco

presse alternative, stratégie, géopolitique, rapports Nord-Sud, peuples sans État, critique du libéralisme, écologie, santé, agriculture biologique, alternatives, musique du monde et tout ce qui nous tient à coeur. Bref, la vérité comme fin et la liberté comme moyen.

  • Accueil
  • Avant-propos
  • Contact
  • Lettre ouverte aux peuples des États-Unis

Archive for the ‘Pot-pourri’ Category.

« Previous Entries

Meilleurs voeux pour 2013

31st décembre 2012, 06:00

Bonne année

Chúc mừng năm mới

Pour une bonne partie du monde, la nouvelle année du serpent va commencer si ce n’est pas déjà commencée depuis quelques heures si on se trouve en Asie orientale ou en Asie du sud-est. Alors bonne année à toutes et à tous pour la nouvelle année qui pointe son nez. Que le serpent nous apporte paix et sérénité, lucidité et générosité.

Bon vent au serpent.

 

i cartee

* * * * *

La fin du monde étant passée, nous présentons nos meilleurs voeux aux rescapés & rescapées pour ne pas dire les chanceux & chanceuses (sans être les élus car la place est déjà prise depuis la création du monde…).
Nous adressons nos voeux de santé, de paix et de lucidité aux abonnés à notre liste de diffusion et aux internautes qui ont croisé notre chemin ainsi qu’à tous ceux et toutes celles qui ont rêvé et qui continuent à rêver d’un monde meilleur.

* * * * *

0
Category: Pot-pourri  |  Commentaire

La médecine conventionnelle & la chasse aux sorcières

22nd mai 2012, 03:58

La machine inquisitoriale s’est mise en branle, d’ailleurs elle n’a jamais été au repos. Au nom de la Science et des patients, cette machine a déjà broyé bien des destins qui voulaient simplement exercer leur profession selon leur conscience, leur sensibilité, leur approche, leurs connaissances, leurs compétences. Mais l’inquisition ne tolère aucune déviation, aucune “brebis galeuse” n’est autorisée à venir brouter l’herbe des pâturages gardés.

En une seule semaine deux médecins sont mis à l’index, l’un est le docteur Didier Moulinier, cancérologue menacé d’être rayé de l’Ordre national des médecins qui lui reproche de ne pas « appliquer strictement les dogmes » prescrits par l’Ordre dans l’exercice de son métier, autrement dit il risque d’être interdit d’exercer son métier, et l’autre le Docteur Dukan qui a fait l’objet d’une campagne de dénigrement, on lui reproche de « faire du commerce » avec la médecine. « Ce que ses nobles confrères lui reprochent, c’est d’avoir vendu un trop grand nombre d’exemplaires de son livre Je ne sais pas maigrir (plus de 4 millions d’exemplaires en France, traduit dans plus de 14 langues) », d’après Jean-Marc Dupuis, animateur et responsable du site Santé – Nature – Innovation, et celui-ci de poursuivre : « Il ne fait pour moi aucun doute que c’est la jalousie, dans ce qu’elle a de plus vil et méprisable, qui est le principal mobile derrière les attaques dont est victime le Docteur Dukan. Certains médecins ne supportent pas de voir un de leurs confrères devenu une célébrité mondiale, et être écouté par des millions de personnes. Et évidemment, l’argent qu’il a gagné en vendant ses livres en rend certains verts de jalousie. »

Voilà le tableau !

En consultant le Bulletin d’information de l’Ordre national des médecins , n° 21 (jan-fev 2012), dont le dossier est consacré « aux dérives sectaires« , on peut être sûr que la chasse aux sorcières est annoncée en grande pompe par cet Ordre qui regroupe la majorité des pratiquants de la médecine conventionnelle. Quand on découvre que cet Ordre s’est associé avec un organisme intergouvernemental piloté par l’UNADFI (mais celle-ci restée dans l’ombre), il y a de quoi se poser bien des questions. L’ADFI est l’Association de défense de la famille et de l’individu, d’obédience catholique à sa création mais qui s’est fait par la suite doubler par des francs-maçons, la pourchasseuse de petites « sectes » sans défense. Les ADFI sont à leur tour regroupées au sein de l’Union nationale des Associations de défense de la famille et de l’individu (UNADFI) qui joue le rôle de conseil auprès de la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, créée en 2002). À en croire une enquête indépendante, l’UNADFI n’est pas au-dessus de tout soupçon  [1], notamment en matière d’argent. Ceux qui souhaitent en savoir un peu plus sur cette association qui veut se faire passer pour vertueuse aux yeux du public peuvent aussi consulter le dossier la concernant rassemblé par le CICNS, ils sauront à qui ils ont affaire.

Des suicidés criblés de balles dans le dos

Dans le dossier consacré « aux dérives sectaires » du Bulletin d’information de l’Ordre national des médecins cité plus haut, on commence par faire peur avec l’image véhiculée sur les sectes par les médias dominants en évoquant un événement dont l’horreur dépasse un peu l’imagination d’un être sain : « Le drame de l’Ordre du temple solaire (OTS) est resté dans toutes les mémoires : entre 1994 et 1997, 74 personnes tombées sous l’emprise de ce mouvement ont péri en France, en Suisse et au Canada. » Ce que l’Ordre national des médecins a oublié c’est la vérité sur ces événements dont les tenants et aboutissants ne sont pas aussi simples qu’on a laissé entendre. Il suffit d’écouter l’interview de l’avocat Jean-Pierre Joseph, pour se rendre compte que ce qu’on nous racontait sur l’OTS reste à prouver, pour ne pas dire que ce sont de purs bobards. On nous a expliqué que les membres de cette secte se sont « suicidés », mais on a oublié de donner des détails qui fâchent : chacun a reçu plusieurs balles dans le dos, puis a été grillé au lance-flamme. L’ouvrage de Christian Cotten et Alejandro Jodorowsky intitulé Mafia et démocratie, publié aux Éditions Louise Courteau en 2003 peut aussi apporter un éclairage saisissant sur cette affaire impliquant le monde politique et le trafic d’armes, camouflée en drame résultant des agissements d’une secte.

Utiliser un événement dramatique dont la véracité est sujette à caution pour faire peur est un procédé monstrueux, cela relève de la manipulation, de la désinformation, mais visiblement le Cnom n’en a cure. Quelle crédibilité peut-on alors accorder à ses sirènes annonçant des catastrophes, ou à ses conseils de sauveurs de l’humanité ?

Cette collaboration entre une association pourchasseuse de « sectes » dont la réputation sur le plan efficacité, utilité, méthode et objectivité reste à prouver pour ne pas dire plus, et un ordre professionnel dont la mission consiste à veiller « au maintien des principes de moralité, de probité, de compétence et de dévouement indispensables à l’exercice de la médecine, et à l’observation, par tous ses membres, des devoirs professionnels, ainsi que des règles édictées par le code de déontologie prévu à l’article L. 4127-1. », a de quoi inquiéter tous les esprits libres et lucides, car, si le sabre et le goupillon peuvent faire bon ménage, c’est aux dépens des autres.

Manuel d’inquisition à l’usage de Mr. Tout-le-monde

D’après le Centre d’Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS), cette dérive totalitaire n’a cependant suscité aucune réaction publique à part la sienne. Dans le dossier consacré aux « dérives sectaires » de ce numéro du Bulletin d’information de l’Ordre national des médecins, toutes les pratiques thérapeutiques non conventionnelles, autrement dit hors de contrôle de l’Ordre, sont visées. L’approche de la médecine chinoise est particulièrement mise à l’index, nous semble-t-il, car c’est l’Ordre qui a lui-même signalé ce qui lui semble douteux : « …nous avons pu constater des actions de la Fédération de médecine chinoise dans toute la France, que nous avons signalées à la Miviludes » . Et un conseil a été mis en exergue dans le même encadré qui donne le point de vue de l’Ordre à travers le président de la section Santé publique et Démographie médicale du Cnom, le Dr. Patrick Romestaing :« Au moindre doute, alertez votre conseil départemental » (p. 23).
Si on regarde de plus près le signalement des sectes élaboré par l’UNADFI, voici les perles rares :

« COMMENT RECONNAITRE UNE PERSONNE EN DANGER ?”

Il se peut que, dans votre ENTOURAGE (votre famille ou vos amis), vous connaissiez une personne VICTIME, malgré elle, d’un groupe dont les intentions vous semblent suspectes. L’ADFI, pour vous aider dans son diagnostic, a dressé une liste de SYMPTOMES qui confirmeront, peut-être, vos doutes :

     

  • Modification du comportement, de la tenue vestimentaire, du vocabulaire, des centres d’intérêt
  • Citations répétitives et inhabituelles
  • Discours appris …ou effet de magnétophone
  • Désinvestissement de la vie familiale, affective, professionnelle ou scolaire, des loisirs.
  • Multiplication des réunions en semaine, le week-end …
  • Déplacement en France ou à l’étranger.
  • Nombreux appels téléphoniques
  • Courrier abondant
  • Long temps de lecture ou de méditation
  • Régime alimentaire
  • Changement d’accent (voix monocorde)
  • Agressivité ou indifférence
  • Repli sur soi ou exaltation pour une cause nouvelle
  • Importantes dépenses financières : emprunts bancaires, tournée des grands-parents, des frères, sœurs, amis. [2]

Si l’on se fie à cette description de symptômes manifestés chez les embrigadés des sectes, cette fiche signalétique est un véritable manuel d’inquisition à l’usage de la chasse aux sorcières qui laisserait peu de gens y échapper. Des indices définis en termes aussi vagues qu’infondés, c’est la porte ouverte à toutes les dérives et tous les abus imaginables. Quand ce manuel est dans les mains des gens dont l’intention saine reste à prouver, on peut s’attendre à justement des dérives sectaires de la part de ceux qui proclament haut et fort combattre ces mêmes dérives. Pour ne pas citer les pourfendeurs de cette association qui a pignon sur rue, prenons simplement par exemple le témoignage de son ancienne présidente Janine Tavernier pour se faire une idée de cette association chasseuse de sectes. Cette femme courageuse a fini par quitter l’association suite à des dérives sectaires : elle parle de « climat de peur« , de « drogue psychique« , de « viol psychique » ou d’ »infection sectaire« , de « pieuvre« , de « localiser les proies« , d’ »objectifs subversifs« , de « rapt psychologique« , de « contamination sectaire« , de « mutilés de l’entendement« , de « sida spirituel« , etc. Avec une telle publicité, si l’État continue à lui renouveler sa confiance, c’est que l’État est soit bien myope soit complice de ces dérives.

L’UNADFI est une association privée reconnue d’utilité publique ce qui lui permet de toucher des subventions de la part de l’État ou d’autres collectivités. Chaque année elle reçoit 600.000 € de subventions [3] pour un résultat presque insignifiant. À elle seule avec 290 membres actifs déclarés, elle reçoit beaucoup plus que la Fondation de l’abbé Pierre dont la réputation n’est plus à faire, laquelle perçoit 437.000 € de subventions d’État et diverses collectivités, pour 10 972 membres actifs [4]. Ces deux chiffres mis côte-à-côte révèlent, sans entrer dans les détails, déjà un certain favoritisme dans la pratique d’aide aux associations de la part des organismes d’État. Qu’est-ce qui justifie ce parti pris ? Les intéressés doivent bien connaître la réponse. Par ailleurs les fonds publics reçus par l’UNADFI ne font l’objet d’aucune redistribution vers ses antennes départementales, bien nombreuses d’après les données affichées sur son site web. Une situation pour le moins bizarre de la part d’une association qui entend lutter contre le phénomène des sectes sur l’ensemble du territoire.


Mais ces chiffres nous plongent aussi dans une réalité en complète contradiction avec la loi de séparation de l’Église et de l’État, autrement dit la laïcité : voici l’État français qui finance presque entièrement (97%) une association privée qui pourchasse les petites minorités spirituelles appelées pour la circonstance les « sectes », ce qui arrange tout le monde. En outre cette situation plus qu’ambiguë qu’on doit garder à l’esprit, c’est qu’elle contrevient à la liberté de croyance garantie par la République et la Constitution.

Sur le terrain, à en croire l’UNADFI, le nombre de mouvements sectaires n’arrête pas de progresser d’année en année en France et de plus en plus de monde est touché [173 mouvements sectaires recensés pour l'année 1995, 600 en 2004, 782 en 2006] [5]. Le gonflement de ces chiffres ne cherche-t-il pas tout simplement à justifier l’utilité de l’UNADFI, pour continuer à toucher des subventions publiques ? Si cette organisation chasseuse de « sectes » fait feu de tout bois pour se faire mousser dans les médias et particulièrement à la télévision, il n’existe toujours pas sur le plan juridique une définition précise d’une secte, par ailleurs tout ce qui touche à la religion, aux croyances relève de la sphère privée. Faut-il rappeler aussi que d’après la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ». Si on prend en compte toutes ces considérations, l’UNADFI a-t-elle encore une raison d’être ? Mais tant que l’État ne révise pas ses engagements, cette situation peut encore perdurer, puisque « la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit » nous avait fait remarquer Napoléon.

Une démarche maladive et malsaine

Le Cnom qui représente le respect et le dévouement auprès du grand public n’est pas censé ignorer tout cela, s’il collabore avec l’UNADFI c’est en toute connaissance de cause. Cette démarche maladive et malsaine qui consiste à éliminer toute voix discordante en se camouflant sous la bannière de lutte contre des phénomènes sectaires n’est certes pas entreprise pour assainir la situation, puisqu’elle cherche tout simplement à écraser, éliminer, faire taire, toute autre personne qui conteste l’approche de la médecine conventionnelle, pour ne pas dire tout autre concurrent. Ceux qui sont visés par cette déclaration de guerre sont des professionnels de la santé qui ont choisi d’autres approches moins brutales, plus globales et plus respectueuses du corps humain, qui n’est pas une simple association d’organes inertes comme des pièces mécaniques d’une voiture [6] qu’on remplace ou qu’on jette comme un gobelet en plastique ayant servi.

Puisqu’on est aussi dans une économie de marché dont le but est de gagner de l’argent (aux dépens des autres qu’on ignore royalement), toute personne qui propose des soins alternatifs est considérée comme un concurrent dangereux qui vient arracher une part du gâteau protégé par l’Ordre, mais cela ne se dit pas, quelle horreur, alors on argumente au nom des patients à qui personne n’a demandé leur avis.

C’est aussi prendre le problème à l’envers, et on peut se demander si les responsables du Cnom n’ont pas agi en toute connaissance de cause parce qu’ils ont pris le parti de défendre l’Ordre contre vents et marées, car, au lieu de se poser des questions, de faire un état des lieux,  – et pourquoi ne pas organiser les États généraux de la médecine conventionnelle -, au lieu de faire une recherche pour connaître les raisons qui ont amené des patients à se tourner vers des thérapies alternatives en en payant le prix car les consultations ou les soins ne sont pas remboursés par la Sécu, pour connaître le bilan des traitements à base de chimiothérapie en matière de cancer, l’efficacité d’autres soins alternatifs, etc. etc., au lieu de cela on sort la massue pour écraser une mouche, on accuse tel chien d’être atteint de la rage pour mieux le noyer publiquement. C’est une véritable méthode dictatoriale puisqu’elle ne laisse aucun espace à la discussion, à la recherche, à la compréhension de l’autre. Venant de la part de personnes instruites, cultivées, puisqu’il s’agit des médecins, cette méthode a de quoi indigner plus d’un. Mais nous en sommes là. La pensée unique est à l’œuvre !

D’après les chiffres fournis par la Miviludes « quatre Français sur dix ont recours aux médecines dites complémentaires (dont 60 % parmi les malades du cancer), et 3.000 médecins seraient en lien avec la mouvance sectaire » [7], cela fait tout de même un joli paquet de déviants aussi bien chez les patients que chez les médecins-traitants conventionnels. Ce serait sans fondement d’accuser aujourd’hui les patients d’être atteints d’obscurantisme médical en prêtant l’oreille aux premiers charlatans venus. Une enquête faite par Olivier Schmitz, sociologue et anthropologue, chargé de cours à l’Université Charles de Gaulle de Lille-III, met les points sur les i : « Contrairement à une idée fort répandue, le recours à des pratiques « magiques » n’est pas l’apanage de paysans dont les conditions de vie feraient obstacle à la « rationalisation » des pratiques et des croyances. L’urbanisation des campagnes et l’évolution du monde rural ont rendu caduque l’opposition entre zones rurales et espaces urbains. Aujourd’hui, nombreux sont les citadins à consulter les guérisseurs et on trouve de nombreux guérisseurs exerçant en ville. D’autre part, la clientèle se compose aussi bien d’ouvriers que d’employés, d’enseignants, de cadres, de professions libérales, etc. » [8]

Si cet Ordre se penche un peu plus sur la formation des médecins et leurs rapports avec des firmes pharmaceutiques, sur l’efficacité des comprimés prescrits, sur la consommation élevée et inquiétante de somnifères et autres psychotropes, etc. etc., au lieu de braquer les projecteurs sur des confrères plus originaux, on aurait plus de respect et de considération pour lui. D’un autre côté, si on est acculé à sortir l’argument de choc qui consiste à accuser le concurrent de faire partie d’une secte c’est qu’on n’a plus grand-chose comme argument scientifique ou médical valable, pour le vaincre et convaincre, alors, on s’appuie sur le pouvoir puisqu’on tient le bon côté du couteau, le manche, et puisqu’on a le pouvoir, qu’on est du côté du pouvoir. Ceux qui gagnent par la force sont-ils respectables ? Les lois sont certes légales (par leur nature) mais elles ne sont pas toutes morales ni justes puisqu’elles sont l’instrument de pouvoir pour ceux qui ont le pouvoir et le manipulent. Le pouvoir peut faire peur, mais il n’inspire en aucun cas le respect. Il y a plus de deux mille ans, un philosophe politique des contrées lointaines qui ont légué à l’humanité des méthodes de soins inappréciables mais décriées aujourd’hui par les tenants de l’ordre établi, disait déjà : « Si le prince conduit le peuple au moyen des lois et le retient dans l’unité au moyen des châtiments, le peuple s’abstient de faire le mal, mais il ne connaît aucune honte. Si le prince dirige le peuple par la vertu et fait régner l’union grâce aux rites, le peuple a honte de faire le mal [...]« . Ces paroles vont sans doute glisser sur l’oreille des membres du Cnom comme l’eau sur la tête du canard, « des chinoiseries », pourrait-on dire, mais peu importe, car on n’entend que ce qu’on a envie d’entendre.

Peut-on espérer que le Cnom retrouve sa sérénité, sa lucidité, sa largesse d’esprit au lieu de s’enfermer dans des rhétoriques belliqueuses ? Au su des actions engagées par le Cnom, on est tenté de répondre par la négation. Il appartient donc au Cnom de prouver la supériorité et l’efficacité des méthodes de soins promulgués par la médecine conventionnelle par rapport aux autres approches alternatives. Chacun d’entre nous connaît dans son entourage des exemples d’individu atteint qui du diabète, qui du cancer, qui d’autre chose, à qui des médecins conventionnels travaillant dans des hôpitaux ont fini par dire qu’il n’y a plus rien à faire avant de le renvoyer dans sa famille. Mais la famille ne baisse pas les bras : en cherchant, elle a fini par trouver un thérapeute non conventionnel, certains sont domiciliés hors de France puisque celle-ci ne les accueille pas comme thérapeutes, qui veut bien s’occuper du diabétique dont la médecine conventionnelle ne veut plus. Au bout de 6 mois de soins et de suivis par un acupuncteur, le malade a retrouvé sa santé, il continue à marcher, sauter sur ses jambes comme à l’époque de ses vingt ans, alors que ses membres étaient paralysés. On pourra aligner des exemples comme celui-ci qui, au lieu d’intéresser les médecins traitants conventionnels, ce qui est dans l’ordre des choses, du bon sens, normal dans une démarche scientifique qui consiste d’abord à comprendre les choses, est rejeté : on se métamorphose en autruche en ignorant le problème. Et si problème il y a cela ne peut venir que du côté des charlatans. Voilà où nous en sommes.

Est-ce que les morts parlent des effets secondaires ?

Il ne nous vient pas à l’esprit de nier l’existence de charlatans, cependant les charlatans existent dans tous les camps aussi bien chez les conventionnels que les autres. Prendre un cas particulier pour en faire une généralité, voilà une autre erreur pour ne pas dire faute professionnelle de la part de l’ordre établi. Chez beaucoup de peuples pour ne pas dire des minorités ethniques, celui qui est en charge de guérir les autres est considéré comme irréprochable, autrement dit, il doit être bon (cela ne veut pas dire encore une fois qu’il n’y existe pas de charlatans). Combien de médecins parmi les adhérents au Cnom peuvent-ils s’affirmer bons moralement ? Combien d’entre eux peuvent affirmer sans mauvaise foi qu’en tant médecin, il n’y a que l’attention portée au malade, la volonté de guérir son patient qui le guident sans autres considérations, soient-elles pécuniaires, de prestige, de privilège, de carrière, etc. ? Combien peuvent-ils dire, sans mauvaise foi que leur boussole reste la morale ?

On peut aussi nourrir ce débat avec quelques chiffres qui ne proviennent pas du camp des charlatans puisqu’il s’agit du rapport de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée en conclusion des travaux de la mission sur le Médiator et la pharmacovigilance, d’après le député Roland Muzeau : «On estime dans notre pays à 150 000 le nombre d’hospitalisations annuelles liées à des accidents médicamenteux et de 13 à 18 000 le nombre de morts provoquées par des médicaments » [9]. 13 à 18.000 morts liés à la prise des médicaments prescrits par des médecins conventionnels sans que cela les pousse à réfléchir, à se remettre en question, en cause ! 150.000 hospitalisations, cela représente quel prix que la communauté doit payer annuellement par la faute des autres ? Est-ce qu’on est entré dans la logique du Dr Knock ? Les esprits lucides et sains ne peuvent pas ne pas s’indigner de ces gâchis alors qu’on aurait pu faire autrement au moindre coût et sauver plus de vies humaines. Face à cela le Cnom brandit la menace à l’adresse des pratiquants de thérapies alternatives avec l’aide de l’Unadfi. La technique d’amalgame est mise en œuvre, on associe tout pratiquant de médecine non conventionnelle à l’appartenance à une secte ! La honte, on ne sait plus ce que cela veut dire. On peut toujours fustiger la Chine comme cela arrange certains, mais là-bas deux médecines (la médecine occidentale et celle issue des traditions pluri-millénaires) coexistent et non sans règlementations pour le bien de tout le monde, patients compris. Alors la liberté dont on se réclame à tort et à travers, elle est où dans ce cas qui nous concerne, en Chine ou en France ? Bien sûr le Cnom réclame pour lui la liberté d’écraser les autres. Ça aussi est une forme de liberté sélective qui ne peut aboutir qu’au monopole. On tombe ainsi sur le domaine de l’économie, pardi. L’argent n’a rien à voir avec tout cela, vont sans doute proclamer haut et fort certains, alors jetons-le par la fenêtre ! On verra bien qui franchira le pas.

La tradition populaire dit sans équivoque : à quelque chose malheur est bon. Les fabricants de médicaments chimiques ne chôment pas, leurs chiffres d’affaires montent en flèche, leur secteur se consolide même en temps de crise. Non, les firmes pharmaceutiques ne vivent pas des malheurs des autres, elles trouvent tout le temps de nouveaux médicaments pour venir soulager les patients, n’est-ce pas ? Pour terminer on peut aussi poser quelques questions à ceux qui détiennent le pouvoir de défaire, d’éliminer, casser les autres. Qu’ont-ils à répondre à des données chiffrées fournies non pas par des charlatans mais par leurs confrères australiens, et aux auteurs mentionnés ci-dessous pour ne citer que les plus connus.
Au bout de 20 ans de recherche, trois médecins australiens: Graeme Morgan, Robyn Ward & Michael Baton publient dans une revue spécialisée [10 ] , qu’en Australie, sur les 10.661 personnes atteintes du cancer du sein et traitées par la chimiothérapie, seulement 164 personnes ont survécu pendant cinq ans.
[L'article] « étudie les données d’études cliniques avec chimiothérapie au cours des 20 dernières années en Australie et aux USA. Le résultat est tout simplement consternant. En ce qui concerne la survie au bout de 5 ans, et bien qu’en Australie seuls 2,3 % des patients tirent profit d’une chimiothérapie et qu’aux USA, il n’y en ait que 2,1 %, on continue malgré cela à proposer ces mêmes thérapies aux patients cancéreux.
Au total, ce sont les données de 72 964 patients en Australie et de 154971 aux USA, tous traités par chimiothérapie, qui ont été étudiées. Ici, personne ne peut plus prétendre qu’il ne s’agit que des données de quelques patients et, par conséquent, « insignifiantes »…Les auteurs s’interrogent, avec raison, sur le fait qu’une thérapie qui a si peu contribué à la survie des patients au cours des 20 dernières années, ait dans le même temps connu un tel succès commercial. Et cela devient totalement incompréhensible, lorsque l’on considère, une par une, les différentes sortes de cancer. C’est ainsi qu’aux USA, depuis 1985, il y a eu exactement 0 % de progrès dans les cancers suivants :-Cancer du pancréas, Sarcome des parties molles, Mélanome, Cancer des ovaires, de la Prostate, des reins, de la vessie, tumeurs cérébrales, Myélomes multiples.
Pour le cancer de la prostate, par exemple, rien qu’aux USA, 23.000 patients ont été analysés. Mais au vu des « taux de succès », on ne peut que constater : ils étaient de 1,4 % pour le cancer du sein, de 1,0 % pour le cancer de l’intestin, et de 0,7 % pour le cancer de l’estomac. Et ceci au bout de 20 années de recherches intensives dans le domaine de la chimiothérapie et l’investissement de milliards provenant de fonds pour la recherche et de dons faits aux grandes organisations pour le cancer. »  [11]

Des auteurs à jeter au bûcher ?

     

  • Peter H. Duesberg, L’invention du virus du SIDA, Éd. Marco Pietteur, Collection Résurgence, EMBOURG (Belgique), 640 p. ;
  • Dr Étienne de Harven& J-C Roussez, Les 10 plus gros mensonges sur le SIDA, Éd. Dangles, 2005, 253 p.
  • Sylvie Simon, Les 10 plus gros mensonges sur les vaccins, Éd. Dangles, 2005, 221 p.
  • Nicole Delpine, La face cachée des médicaments, Éd. Michalon, 2011, 299 p.
  • Marc Girard, Médicaments dangereux : A qui la faute ? Éd. Dangles, 2011, 128 p.

De deux choses l’une soit ces auteurs ont raison et qu’attend le Cnom pour se mettre au travail afin d’examiner les questions épineuses et changer éventuellement d’approche pour le bien des patients et leur propre bien, ou bien s’ils écrivent tous des âneries dans ce cas, il faut les dénoncer avec des arguments scientifiques et des expériences prouvées à l’appui et non avec des accusations gratuites sans fondements. Où en est le Cnom dans toutes les graves questions touchant la société dans sa totalité ? Quel est le véritable enjeu ? L’efficacité des approches ou la carrière personnelle des hommes de pouvoir ? La santé publique ou le chiffre d’affaire des firmes pharmaceutiques ?

CICP (Collectif d’Initiative Citoyenne Pyrénées)

* * * * *

Notes :
[1]. Les fonds publics sont-ils utilisés dans l’intérêt général ?, p. 13 (Brochure publiée par la CAP LC (Coordination des Associations et Particuliers pour la Liberté de Conscience)
[2]. http://membres.multimania.fr/jausiers/
[3]. Les fonds publics, op. cit.
[4]. Les fonds publics… op.cit.
[5]. Les fonds publics… op.cit.
[6]. Voir le témoignage de l’actrice Charlotte Valandrey, De cœur inconnu, Le Cherche Midi, 2011.
[7]. http://www.unadfi.org/
[8]. Schmitz O., Soigner par l’invisible. Enquête sur les guérisseurs aujourd’hui, Ed. Imago, 2006, p. 10.
[9]. http://www.ouvertures.net/
[10]. « The contribution of Cytotoxic Chemotherapy to 5-year Survival in Adult Malignancies » in Clinical Oncology, 2004 Dec;16(8):549-60.
[11] http://www.medecine-ecologique.info/

* * * * *

Crédits photos :

  • Caricature de l’Unadfi : http://lille-art.com/
  • Ave-Maria : http://www.filmotv.fr/
  • Le cancer : http://t2.gstatic.com/
  • Système de santé : http://gaetanpelletier.files.wordpress.com/
  • Statistiques sur le cancer : http://www.ladepeche.fr/
  • Commission AMM : http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/

* * * * *

1
Category: Pot-pourri, Santé  |  Un commentaire

À propos de l’appel du Dr Didier Moulinier

22nd mai 2012, 11:30

Menacé par le Conseil national de l’ordre des médecins d’être rayé de l’Ordre, le Dr Didier Moulinier a fait un appel de détresse à travers un site web qui a bien voulu entendre sa cause, le seul moyen qui lui restait, car les médias dominants ont d’autres chats à fouetter. (Il faut qu’il s’estime heureux car quand les médias se détournent des chats ils hurlent avec les loups comme ils sont en train de faire contre un autre médecin, le Docteur Dukan). Qu’est-ce que ce médecin cancérologue a fait de mal, qu’est-ce qu’il a commis comme crime pour qu’on invoque l’excommunication ? Il le dira dans son appel au public.

Cet appel a soulevé une vague de sympathie qu’on peut voir dans la page de Youtube qui le retransmet. C’est un premier pas. Mais est-ce qu’on peut se contenter de paroles consolantes face à une entreprise dictatoriale, une machine inquisitoriale qui vise à monopoliser le secteur de la Santé qui nous concerne tous ?

Si le Cnom arrive à faire taire, éliminer tous ses concurrents, ce sont les patients qui devront payer les pots cassés : demain il n’y aurait plus de thérapies alternatives, fini les soins par les plantes et par-là même, aux orties les connaissances ancestrales léguées par des générations et générations, fini toutes les approches différentes de celle de la médecine conventionnelle qui, rappelons-le, privilégie les pathologies au détriment du patient, contrairement à l’approche de la médecine traditionnelle chinoise qui place le patient au centre de la thérapie, pour ne citer que cet exemple. On se retrouve donc dans l’approche de la médecine conventionnelle avec le même médicament pour tous les patients atteints de la même maladie alors qu’avec la médecine chinoise chaque patient reçoit une ordonnance différente, c’est-à-dire une potion pharmaceutique personnalisée selon les résultats obtenus par le médecin. On ne s’étonne pas après de constater que les effets secondaires sont devenus un véritable problème dans l’approche de la médecine occidentale, et pour cause : on donne le même médicament à tout le monde sans connaître les caractéristiques quant à la tolérance de chacun des patients. Mais pour les médecins traitants, s’il y a des effets secondaires c’est le patient qui est en cause et non pas le remède censé le soigner ! Une paresse d’esprit et une insulte à l’esprit scientifique ! En se fondant sur cet exemple, on voit bien quelle est l’approche la plus globale, la plus riche, la plus intéressante pour les patients comme pour les médecins-traitants. Mais si on se bande les yeux dans ce cas tout va bien. Cela nous rappelle une blague racontée par une connaissance : « Je fais bien la cuisine mais ce sont les autres qui ne la mangent pas ! »

Profitons de cette occasion pour réclamer la liberté dans le choix de thérapies, le devoir de cultiver puis de transmettre les traditions thérapeutiques ancestrales aux générations futures, l’échange des méthodes d’approches pour trouver la meilleure pour chaque patient, au lieu de se soumettre à un ordre dictatorial qui traite les malades comme des moutons.

Après la parution de ce papier, nous avons trouvé une pétition qui a été lancée pour le droit à la liberté thérapeutique des malades et le libre choix du thérapeute.

Voici l’appel du Dr. Didier Moulinier :

Image de prévisualisation YouTube

 

* * * * *

1
Category: Pot-pourri, Santé  |  Commentaire

Appel à solidarité avec Michaël Ruppert

22nd janvier 2012, 07:50

vignetteEnglish version

Quand on voit qu’un homme intègre et incorruptible se retrouve dans une détresse matérielle, il y a de quoi se retourner contre le monde entier. Bien sûr que maintenant on ne procède plus par assassinat à tout va comme au bon temps de la conquête de l’Ouest : on n’a plus besoin de ces méthodes barbares, on a des lois, des tribunaux, le marché, autrement dit le pouvoir de l’argent ; comme tout repose sur l’argent on peut aussi éliminer un gêneur sans avoir à recourir aux méthodes expéditives quand cela ne s’impose pas en empêchant l’emmerdeur par des mesures administratives et coercitives, de pouvoir gagner sa vie, le ruinant par des procès, lui rendant la vie impossible, puis le laisser mourir à petit peu. Le dernier exemple nous vient des États-Unis : il s’agit de Michaël Ruppert.

Quelles ne furent pas ma tristesse et ma colère quand j’ai appris dans le documentaire le concernant qu’il risquait d’être expulsé de son logement, du moins à l’époque où le documentaire fut tourné. Peut-être que ma réaction obéit à l’effet de retard dû à l’éloignement dans l’espace et dans le temps et qu’aujourd’hui Michaël Ruppert est hors de danger. Nous le souhaitons pour lui.

J’ai découvert le documentaire en cherchant des infos pour notre bulletin hebdomadaire. Je ne connais Michaël Ruppert qu’à travers Franchir le Rubicon. Le déclin de l’Empire américain à la fin de l’âge pétrole qui m’a beaucoup appris sur le désordre mondial dont l’épicentre se trouve aux États-Unis, l’empire en perte de vitesse. Rien que le fait qu’il a dénoncé le trafic de drogue au sein de la CIA m’a inspiré de l’estime. Pour avoir défendu l’honneur d’un flic, l’intégrité d’un homme, il a été victime d’une machination venant de très haut : on l’a fait passer pour fou, enfermé dans un hôpital psychiatrique pour faire taire le gêneur. Malgré des épreuves qui ont pulvérisé sa vie, comme il le raconte dans ce documentaire, il n’est jamais tombé dans la compromission, n’a jamais baissé les bras dans sa mission d’informer le public à la recherche des renseignements fiables. Chaque épreuve l’a rendu plus déterminé que jamais grâce sans doute à ses amis qui l’ont encouragé. Ils étaient aussi nombreux. Pour ne citer que les plus connus, il avait le soutien d’autres justes comme lui tels que :

  • Catherine Austin Fitts, ancienne Secrétaire-Adjoint au Logement de l’ère Bush I, celle qui a refusé un poste prestigieux au sein de la Federal Reserve pour créer une banque citoyenne, elle voulait expliquer les circuits de l’argent aux citoyens afin qu’ils prennent conscience de leurs actes, elle aussi, a été neutralisée, sa banque saccagée, etc. C’est Catherine A. Fitts qui a rédigé la préface de Franchir le Rubicon. Le déclin de l’Empire américain à la fin de l’âge pétrole
  • Cynthia McKinney, parlementaire élue de Géorgie qui a dénoncé la guerre faite à l’Irak, elle a par la suite perdu son fauteuil d’élue à cause de sa prise de position pro-arabe autrement dit pro-palestinienne. D’ailleurs ses détracteurs l’ont prévenue de cette défaite annoncée

Nous espérons que Mike ne se retrouve pas seul dans cette épreuve. illusCe serait trop triste. Les forces du mal auraient gagné. S’il y a quelque chose à faire c’est bien de protéger ceux qui nous aident à voir plus clair les choses, qui nous fournissent des informations fiables sur ce qui se trame dans notre dos contre nous, bref protéger les justes de l’infâme, de la désinformation, de la machination.

En parcourant le site From The Wilderness (En direct de la jungle) nous apprenons que son œuvre Franchir le Rubicon. est actuellement menacée : 4.000 exemplaires risquent d’être mis au pilon s’ils ne trouvent pas d’acquéreur. Le propriétaire du magasin de stockage souhaite se débarrasser de tout ce lot, pas de détail. Il va falloir trouver une solution à ce problème urgent.
Si on se mettait à la place de Mike, combien on serait triste de voir son œuvre de valeur partir en fumée sans pouvoir rien y faire faute tout simplement de moyens financiers. C’est donc à chacun d’entre nous qui pense que son œuvre a contribué à la compréhension de notre monde, de faire un geste pour le sauver. À l’heure actuelle, d’après les renseignements provenant du site From The Wilderness les arriérés dûs au magasin de stockage sont de 1.500$US, à revoir au moment des transactions, ce qui n’est pas la mer à boire. Cette petite somme permettrait de sauver les 4.000 exemplaires de Franchir le Rubicon qui se vendent encore bien aux États-Unis à raison de 14$ l’exemplaire.

Des dizaines puis des centaines et des milliers [1] de personnes (hommes politiques, chercheurs, journalistes, etc.) ont bénéficié des informations fiables que Mike et son équipe leur envoyaient à travers sa liste de diffusion pendant des années. Si chacun lui envoie ne serait-ce que 1$, il aurait de quoi payer ses dettes et récupérer les 4.000 exemplaires. Mais si un groupe de personnes souhaite acquérir ce lot au prix à décider avec le propriétaire du magasin de stock au moment des transactions, pour distribuer, par la suite, eux-mêmes l’ouvrage de Mike, il n’y aurait pas de problèmes, c’est cette solution-même que souhaite Mike, car son état actuel de santé ne lui permettrait pas de suivre cette histoire, il n’aurait pas non plus le temps de s’en occuper. Le cas idéal, à notre avis, c’est que tous ceux qui apprécient les écrits de Mike contribuent chacun en fonction de ses moyens à payer les dettes envers le propriétaire du magasin de stock pour que Mike puisse récupérer les 4000 exemplaires de Franchir le Rubicon, puis un groupe d’amis se chargerait de les distribuer à la place de Mike pour qu’il puisse bénéficier des retombées de son œuvre. Étant loin des États-Unis (nous sommes dans le sud de la France), nous ne sommes pas en mesure de nous occuper de la distribution de l’œuvre.

Nous lançons donc cet appel de solidarité entre gens de bonne volonté pour sauver une œuvre de valeur afin d’aider moralement un homme intègre et incorruptible qui a fait ses preuves. Ceux qui entendent ce cri de détresse peuvent contacter directement le site :

From The Wilderness

ou l’avocat de Mike dont l’adresse figure à la page :  liquidation notice

Mr. Ray Kohlman
116-16 142nd St.
Jamaica, NY 11436
raykohl@hotmail.com
646-785-0869

* * * * *

Call for solidarity with Michael Ruppert [2]

 

When you see a man of integrity and incorruptible which is found in material distress, there is something to turn against the world. Of course now we will no longer by killing all goes to the good times of the conquest of the West : we no longer need these barbaric methods, we have laws, courts, markets, ie the power money : like everything depends on money we can also eliminate a nuisance without the need for expeditious methods when it is not necessary in preventing the pain in the ass by administrative and coercive measures, to be able to earn a living, the trial by ruining him making life impossible, then let him die in little. The latest example comes from the United States : This is Michael Ruppert.
What was not my sadness and anger when I learned in the documentary about him that he could be evicted from their home, at least at the time the documentary was filmed. Maybe my reaction is governed by the effect of delay due to the distance in space and time, and now Michael Ruppert is out of danger. We wish for him.
I found a documentary seeking information for our weekly newsletter. I know that through Michael Ruppert Crossing the Rubicon. The decline of the American Empire at the end of oil age, I learned a lot about global disorder whose epicenter is the United States, the empire in decline. Nothing that he denounced drug trafficking within the CIA inspired me esteem. For defending the honor a cop, a man of integrity, he was the victim of a plot from very high : we have passed for a madman, locked in a mental hospital to silence the intruder. Despite the trials that have powdered his life, as he relates in the documentary, he never fell into the compromise, has never given up in its mission to inform the public searching for reliable information. Each event has made it more determined than ever thanks probably to his friends who encouraged. They were also numerous. To mention only the most famous, he had the support of others just like him such as:

  • Catherine Austin Fitts, former Assistant Secretary for Housing-era Bush I, one who refused a prestigious position within the Federal Reserve Bank to create a citizen bank, she wanted to explain the channels money to citizens to aware of their actions, too, has been neutralized, the bank sacked, etc.. This is Catherine A. Fitts who wrote the preface to Crossing the Rubicon. The decline of the American Empire at the end of oil age.
  • Cynthia McKinney of Georgia elected member who denounced the war on Iraq, it has since lost her chair because of her elected position that is pro-Arab pro-Palestinian. Moreover, critics have warned of the loss announced.

We hope that Mike is not found only in the event. It would be too sad. illusThe forces of evil have won. If there is something to do it is to protect those who help us see things more clearly, we provide reliable information on what is happening behind our backs against us, in short, just protect the infamous, disinformation, of the machine.

Browsing through the site From The Wilderness we learn that his work Crossing the Rubicon is threatened: 4,000 copies may be pulped if they do not find a buyer. The owner of the warehouse wants to get rid of all that lot, not retail. We’ll have to find a solution to this pressing problem.

If we put in place of Mike, how much would be sad to see his work go up in smoke value without being able to do anything about it simply because of money. So each of us who think that his work contributed to the understanding of our world, do something to save him. At present, according to information from the website From The Wilderness arrears due to the warehouse is 1,500 USD, to review at the time of the transactions, which is not rocket science. This small amount could save the 4,000 copies of Crossing the Rubicon that still sell well in the U.S. at a rate of $ 14 per copy.

Tens and hundreds and thousands [3] people (politicians, scientists, journalists, etc..) received reliable information that Mike and his team sent them through his mailing list. If everyone would send him $ 1 Does he have enough to pay its debts and recover 4,000 copies. But if a group of people wants to buy this lot for the price to decide with the store owner at the time of stock transactions, to distribute, then, themselves the work of Mike, there would be no problems is this solution as well as Mike wants because its current state of health would not permit him to follow this story, he would not have time to do it. Ideally, in our opinion is that those who appreciate the writings of Mike each contribute according to their means to pay debts to the store owner to stock for Mike to get the 4.000 copies of Crossing the Rubicon and a group of friends would be responsible for distributing them in place of Mike so he can reap the benefits of his work. Being away from the U.S. (we are in the south of France), we are not able to handle the distribution of the work.
We therefore call this solidarity between people of good will to save a work of value to help a man morally upright and incorruptible, which has been proven. Those who hear this cry of distress can contact the site:
From The Wilderness
or to Mike Ruppert’s attorney whose email is listed on page: liquidation notice
Mr. Ray Kohlman
116-16 142nd St.
Jamaica, NY 11436
raykohl@hotmail.com
646-785-0869

* * * * *

Notes:

[1] Ils étaient 12.000 à être inscrits sur sa liste de diffusion en 2004
[2] This translation was done with the help of our friend Polycarpe M. Kalembwe.
[3] They were 12.000 to be included on the mailing list in 2004.

* * * * *

webmaster
Nguyen Van Ky

1
Category: Pot-pourri  |  Commentaire

Meilleurs voeux 2012

31st décembre 2011, 10:10

Blog.danco.org xin kính chúc các thân hữu cũng như tất cả những ai đã ghé đây một năm Nhâm Thìn nhiều may mắn và thịnh vượng.

Nos meilleurs voeux pour l’année du dragon aux internautes.

Our best whishes to everybody for the new year of the dragon.

carte

 

* * * * *

Au seuil de la nouvelle année 2012, le site danco et son blog (où nous sommes) vous présentent leurs meilleurs vœux : vœux de santé bien sûr mais aussi de réussite dans les entreprises de contestation du modèle dominant, de solidarité entre les peuples, entre citoyens, vœux de liberté dans un monde qui cherche à enchainer les gens avec de la consommation, des dettes, des médias sous contrôle, etc.

À nous de nous libérer des chaînes. N’attendons pas que les autres viennent nous libérer. Le mouvement des Indignés en Europe, et Occupy aux États-Unis de cette d’année ont frappé juste, là où ça fait mal : l’argent et ceux qui le manipulent au sein des institutions étatiques et mondiales qu’ils ont créées.

Bonne année tout de même bien que nous ne soyons pas l’abri d’un conflit planétaire qui se trame au Moyen-Orient.

carte

 

danco & son blog

* * * * *

0
Category: Pot-pourri  |  Commentaire

Quelques considérations sur la guerre d’hier et d’aujourd’hui. Les barbares décomplexés

12th novembre 2011, 12:15

vignetteAu temps des Primitifs on se battait à coups de lances, de couteaux, de sabres, de flèches, etc., on razziait le village victime puis on remportait le butin et éventuellement quelques prisonniers pour les vendre aux autres tribus ou les garder comme otages contre rançons. Chez les peuples primitifs il n’y avait guère de prison, lieu d’enfermement et de privation de liberté [1], une invention des États avancés, civilisés, etc. Le summum de cette absence de lieu de privation et d’oppression s’illustre le mieux avec le cas des Amérindiens du Nord qui laissaient leurs prisonniers en liberté, mais surveillés bien entendu, en tout cas ils n’avaient pas le droit de maltraiter des êtres contraints à la soumission. Au bout d’un certain temps, les geôliers en avaient assez de voir leurs prisonniers tourner en rond, ils finissaient par leur donner un cheval pour qu’ils s’en aillent et retournent chez eux.

Au temps des Mongols dont l’empire était le plus vaste en termes de superficies conquises et contiguës, ces hordes de barbares dévastaient tout sur leur passage : Bagdad a été mise à sac et ce ne fut pas la dernière. Cependant le but de l’empire demeura la domination, la guerre n’était qu’un des moyens, fût-il ultime, pour y parvenir. Si on pouvait y arriver sans livrer bataille c’était le meilleur cas de figure possible puisque cela permettait à l’empire de ne pas gaspiller ses forces. Autrement dit si une principauté ou un royaume n’oppose aucune résistance et propose une entente ou une soumission, cette solution est préférable à la conquête par les armes. À notre époque on est loin de ces considérations primaires : à l’approche de la guerre faite à l’Afghanistan et à l’Irak, certains esprits naïfs pensaient qu’il suffit de livrer Ben Laden puis Saddam Hussein aux autorités états-uniennes pour éviter la guerre, puisqu’elles les réclamaient et les accusaient de représenter une menace pour leur sécurité. Cette éventualité a pourtant été proposée lors des préparatifs de guerre et les autorités états-uniennes ont fait savoir, d’une part que même si Saddam Hussein se rendait, la guerre aurait quand même lieu, et d’autre part, elles ne voulaient rien savoir quand le Mollah Omar se proposa de leur livrer Ben Laden si elles apportaient la preuve de son implication dans les attentats du 11 septembre, ce qui trahit les objectifs déclarés de la guerre : arrêter Ben Laden et se débarrasser d’un dictateur pour le bonheur du peuple irakien. Après l’arrestation du dudit dictateur, on a mis en place une justice digne du vaudeville pour le juger : on l’a fait pendre le jour de l’Aïd, le jour saint pour les musulmans du monde entier, c’est bien un message de haine et qui provoque la haine dans le monde musulman, car la coalition anglo-saxonne voulait faire croire au public que le clash de civilisations vient de commencer.

À l’époque moderne dominée par l’Occident, la guerre se targue de quelques règles de bonne conduite pour préserver le peu d’humanité qui en restait sur les champs de bataille : ménager le sort des blessés, prisonniers, civils, etc. Mais il existait une règle implicite qui fait des vainqueurs des arbitres dans la détermination du montant des réparations des dommages de guerre imposées aux vaincus. Ce fut la porte ouverte à tout : le traité de Versailles signé en 1919 entre les ex-belligérants en fut l’illustration la plus caricaturale et les Allemands n’ont fini de payer leurs réparations à la France et à l’Angleterre que l’année dernière (2010), presque un siècle après l’armistice.

À un autre niveau, cela suppose que les belligérants étaient consentants pour se faire la guerre. Mais on peut constater que la guerre eut quand même lieu dans bien des cas sans que l’une des deux parties soit consentante mais contrainte. C’est ce qui s’est passé pendant l’expansion de l’impérialisme colonial. Pour donner un seul exemple, la conquête du Vietnam par la France et l’Espagne illustre ce cas de figure. Voilà un État qui refusa de se soumettre au diktat des puissances coloniales et qui se trouva soumis par la force des canons. Une fois la victoire emportée, et ce fut facile contre un État qui n’avait pas les moyens militaires pour se défendre contre une armada moderne occidentale, la France exigea du vaincu des dédommagements de guerre. C’est formidable, on gagne sur tous les tableaux. (On verra que cette pratique cynique dictée par des gains faciles est poussée encore plus loin au début du XXIe siècle avec la guerre faite à l’Irak et la Libye). Certes, ces dédommagements exigés par les puissances coloniales, pour ne pas dire colonialistes, [ce dernier terme est malpropre dans le monde universitaire (!)], ont par la suite été annulés après la mainmise coloniale sur l’ensemble du pays.

Quelque temps auparavant des puissances coloniales (la France, l’Angleterre, la Russie…) ont forcé la barrière chinoise à coups de canons pour contraindre la Chine à accepter l’introduction du commerce de l’opium encore interdit dans l’empire du Milieu à cette date. Voilà un des buts de guerre des empires coloniaux : faire du trafic de drogue chez les autres. Notons en passant que beaucoup de peuples d’Asie consommaient de l’opium issu de leur culture ancestrale comme un passe-temps agréable sans être accoutumés comme par la suite. Bien des peuples amérindiens fumaient du tabac sans que celui-ci devienne une drogue, de même que les feuilles de coca qu’ils mâchaient pour garder une bonne vitalité, n’avaient pas la fonction d’une drogue. Mais au contact des Occidentaux qui voyaient là une source de profits, ces plantes sont devenues des composantes servant à la production de substances plus dangereuses pour la santé : au produit sain au départ on a ajouté des produits chimiques dans le but de créer une accoutumance chez la personne qui en consomme. C’est ainsi qu’on obtient de l’héroïne avec de l’opium, de la cocaïne avec de la coca, du tabac trafiqué contenant même de l’acide. Tout cela pour le bonheur des trafiquants contrôlés d’ailleurs en sous-main par des officines d’État, et celui qui a cru bien faire en dénonçant ce trafic a été traité de fou, enfermé dans une asile psychiatrique, puis poussé à la démission de son emploi de flic de Los Angeles [2]. À la belle époque de colonisation en Indochine, le budget de la colonie était alimenté par le commerce de l’opium, de l’alcool et du sel, puisque l’État colonial a institué ces trois Régies et en gardait le monopole. Et gare à celui ou à la collectivité qui n’en consomme pas ou pas assez, les amandes ou la prison les attendent.

Au siècle suivant dans les décennies 1960 et 1970, ce même pays, le Vietnam, était le théâtre d’une autre guerre beaucoup plus dévastatrice qui a duré vingt ans. Qu’avait fait ce petit pays aux États-Unis pour que ceux-ci interviennent en masse avec plus de 600.000 GI ? Rien ! Simplement il représentait le pays du bloc communiste le plus avancé sur le plan géopolitique vers l’Asie-du-Sud-Est, une menace contre le « Monde Libre » ! Après une guerre qui a fait plusieurs millions de morts côté Vietnam et plus de soixante mille côté États-Unis sans parler des millions de blessés, handicapés et invalides qui en résultent avec leur lot de malheur inhérent, sans compter une quantité phénoménale de bombes de toutes sortes larguées sur les champs de bataille, des millions de litres d’herbicides sous l’appellation d’agent orange déversés qui ont dévasté la couverture forestière, l’armée états-unienne était obligée de se retirer pour évacuer entièrement le Sud Vietnam. Certes sur le plan militaire les États-Unis n’ont pas perdu la guerre mais sur le plan politique et diplomatique ils ne savaient plus où se terrer pour garder la face le 30 avril 1975 : une superpuissance avec des armes les plus sophistiquées de l’époque n’a pas réussi à faire plier un petit pays, pire elle était contrainte de fuir comme de pauvres réfugiés à l’approche de l’armée ennemie. Certes d’un autre côté le Vietnam en sort exsangue. Après bien des années de brouille entre ces deux ex-belligérants, quand celui-ci évoqua la question des réparations et des dommages de guerre, les États-Unis eurent le culot de dire qu’il n’y avait pas vraiment de guerre puisqu’ils ne l’ont pas déclarée.

Ces quelques exemples sont mis en exergue pour souligner l’attitude des grandes puissances qui sont à la fois juges et parties dans ces circonstances. La parole du plus fort (en armes) devient la loi. Pascal à son époque l’a bien dit en d’autres termes : « N’ayant pu faire que ce qui était juste fût fort, on a fait en sorte que ce qui était fort fut juste« .

Depuis la fin du XVe siècle, les puissance coloniales, pour des raisons qui tiennent à leur expansion, en partie liée aux débouchés de leur commerce et industries, ont parcouru le monde puis se sont emparées par la force des positions stratégiques avant de s’installer pour durer. La destruction des lieux visés était la règle, ce fut ainsi pour Malacca (conquise en 1551 par les Portugais), Calicut (conquise en 1502 par les troupes de Vasco de Gamma), puis au XIXe siècle le Palais d’été de Pékin a été mis à sac en 1860 par les troupes anglo-françaises, le butin emporté dont les traces alimentent encore aujourd’hui le commerce des objets d’antiquités. La destruction ordonnée des statues géantes de Bouddha de Bâmiyân en Afghanistan à la fin du deuxième millénaire par les Talibans a scandalisé le monde entier. Quelle sauvagerie devant une oeuvre-témoignage à la fois historique et culturel ! Ce geste insensé relève du fanatisme religieux de leurs auteurs qui sont des islamistes radicaux. Quelques années plus tard, le monde assiste à la mise à sac de Bagdad et de son musée : les pièces les plus anciennes et les plus rares ont disparu dans la confusion. Rares étaient les voix qui se sont élevées pour protester contre ces actes de brigandage. Ce pillage fut commis sous bonne garde puisque des unités de l’armée US étaient stationnées devant ledit Musée sans broncher. La destruction de Bagdad par des bombes a couvert le pillage en règle des trésors archéologiques, l’anéantissement de la mémoire du pays victime. Dans le même temps, au lieu de braquer les caméras sur ce pillage d’une valeur inestimable, la télévision préféra montrer au monde entier des pilleurs minables de canapés et de frigidaires ! Quelques semaines avant le début de la guerre faite à l’Irak, de mauvaises langues ont signalé la pression exercée par des professionnels du marché d’antiquités international sur leurs pays respectifs afin d’obtenir un assouplissent des règles en la matière. Quelle coïncidence ! Quelle chance pour les collectionneurs !

Si les Talibans ont fait sauter leurs patrimoines historiques et culturels, ils n’ont pas détruit le patrimoine de leurs voisins ou celui d’un autre pays, c’était par pure foi religieuse : ils avaient tout de même une foi, même si cette foi finit par les aveugler. Mais les pilleurs en col blancs aux apparences respectables et sans doute respectés par beaucoup, ceux qui ont dévasté les musées d’Irak, se comportèrent comme de simples brigands, des bandits de grands chemins car seul l’appât du gain commandait leur geste. Si on devait les comparer avec les Talibans destructeurs de statues de Bouddha, qui sont les vrais sauvages, qui agissent par pur intérêt sans aucune autre considération ? Les pilleurs cupides ou les fondamentalistes religieux ? À cet égard, un petit reportage réalisé quelque part à Ankara à la veille de l’invasion de l’Irak par les troupes de la coalition anglo-saxonne fait sens : le journaliste posa la question à un passant pour savoir ce qu’il pensait de la guerre qui approchait. Celui-ci répondit en substance avec une colère maitrisée  : « Ces gens-là – les États-Uniens – n’ont pas de religion ? Seul le pétrole les intéresse ? » Hélas oui, seuls les profits, la volonté de domination commandent leurs actes. On verra par la suite que les profits ne s’arrêtaient pas là.

photoSur un autre plan concernant les Talibans, quoiqu’on en dise, en quelques années à la tête d’un pays comme l’Afghanistan, ils ont tout de même éradiqué la culture du pavot, source du trafic de drogue fabriquée à partir de l’opium. Après l’invasion par les troupes de l’OTAN en 2001, la culture du pavot y fleurit de plus belle : désormais c’est la CIA qui contrôle le trafic des drogues par l’intermédiaire des seigneurs de guerre. Les faits parlent d’eux-mêmes mais bien sûr, la machine de désinformation fait tout pour dire le contraire.

Il convient aussi de remarquer que si les moyens de destruction ont changé et sont plus meurtriers qu’avant, les méthodes utilisées pour provoquer la guerre restent, elles, inchangées. Une petite rétrospective peut nous éclairer sur cette question. Au XIXe siècle quand l’Empire britannique jetait un regard intéressé sur l’Iran, ses méthodes pour parvenir à ses fins résonnent en écho avec ce qui annonçait hier la guerre d’invasion de l’Irak, les pressions d’aujourd’hui sur l’Iran accusé de fabriquer en cachette des bombes nucléaires. Lisons ce qu’un observateur avisé de cette époque a écrit à ce sujet  :

La déclaration de la guerre à la Perse par l’Angleterre [3] ou plutôt par la Compagnie des Indes orientales, est la réédition d’un des coups astucieux et téméraires de la diplomatie anglaise en Asie, grâce auxquels l’Angleterre a étendu ses possessions sur ce le continent. Dès que la Compagnie [des Indes Orientales] jette un regard cupide sur n’importe lequel des États souverains indépendants ou n’importe quelle région dont les ressources politiques ou commerciales ou dont l’or et les joyaux sont prisés, la victime est accusée de violer telle ou telle convention fictive ou réelle, de transgresser une promesse ou une restriction imaginaire, de commettre quelques nébuleuses offenses, et la guerre est déclarée, et l’éternité du mal, la perpétuelle actualité de la fable du loup et de l’agneau teignent de sang une fois encore l’histoire nationale anglaise. (…)

L’Angleterre avait convoité depuis de longues années une position dans le golfe Persique et par-dessus tout la possession de l’île de Karak, située dans la partie nord de ces eaux. (…) La tentative récemment renouvelée et couronnée de succès de la Perse contre Hérat [4]avait fourni à l’Angleterre une occasion d’accuser le chah d’un manquement à la bonne foi envers elle et de prendre l’ile, comme un premier pas vers les hostilités.[5]

Un autre passage de ce même penseur sur l’intervention des forces anglaises en Chine résonne étranglement :

Sur les motifs qui viennent d’être exposés brièvement – les comptes rendus officiels présentés au peuple anglais confirment entièrement cet exposé – la guerre la plus inique a été entreprise. Les citoyens inoffensifs et les pacifiques commerçants de Canton ont été massacrés, leurs maisons rasées par l’artillerie, et les droits de l’humanité violés, sous le vain prétexte que « des vies et des biens anglais sont mis en danger par les actes agressifs des Chinois ! »[6]

Ce passé récent n’est hélas pas entièrement passé car il se perpétue selon des circonstances analogues dans notre présent. Mais la guerre du XXIè siècle a aussi pour but de détruire, raser un État, le ramener à l’âge de la Pierre », expression cynique employée par l’ex-Secrétaire à la Défense des États-Unis Donald Rumsfeld avant l’attaque de l’Afghanistan en 2001. Et l’innovation en matière de guerre moderne réside aussi dans l’acte d’accaparer les richesses de l’ennemi pour faire reconstruire le pays dévasté par des entreprises du pays envahisseur. On gagne donc sur tous les tableaux : on trouve un ennemi facile à vaincre par les armes, et de préférence riche en matières premières par exemple, on l’accuse de tous les maux, on porte l’affaire aux Nations-Unies, on fait voter une décision permettant d’intervenir pour légitimer la guerre, on détruit le pays, on bloque ses avoirs dans les banques étrangères, on met en place un gouvernement fantoche, on révise les contrats d’avant-guerre, on fait de nouveaux contrats d’exploitation des richesses du sous-sol au profit de nouveaux maîtres, on fait venir des entreprises de Travaux publics de son choix aux frais du pays conquis. Puisqu’on a tout détruit il faut reconstruire pas pour le bien des gens du pays conquis mais aux profits des entreprises amies. L’argent du pétrole en Irak coulait à flots, à tel point que des milliards de dollars ont disparu sans que personne ne le sache, dit-on.

Ce schéma cynique se répète maintes fois depuis les guerres faites à l’Afghanistan, puis à l’Irak et maintenant à la Libye. Soulignons également le courage de ces barbares de l’ère moderne qui s’attaquent immanquablement aux faibles, aux plus faibles qu’eux, et le plus souvent désarmés d’avance. Quand on soumet les autres par la force, par les armes, cela relève de quoi sinon de la barbarie ? Mais cette barbarie moderne est décomplexée !

photoLa guerre reste donc le dernier moyen pour soumettre des régimes récalcitrants face à la volonté de l’impérialisme quand celui-ci n’a pas pu trouver d’autres moyens (endettement, corruption…) et l’OTAN n’a pas hésité à montrer sa puissance de feu et de destruction. L’humanité a bien progressé dans la voie de la barbarie qui n’a jamais disparu… Alors les tenants de la force brutale, les brutes en somme, ne chantez plus les refrains mettant en avant la démocratie ou les droits de l’homme puisque vous êtes les premiers à les violer quand cela vous arrange. Bas les masques ! On a vu votre vrai visage de barbares modernes décomplexés.

* * * * *

Notes :

[1] Remarquez aussi que l’industrie de la prison fonctionne à plein régime au pays prétendu champion de la Liberté, les États-Unis. Paradoxe? Non. Il suffit de lire les choses à l’envers et ne pas se fier aux slogans ou autres propagandes.

[2] Voir l’anecdote racontée par Michaël Ruppert dans son ouvrage Franchir le Rubicon, Tome 1, Éditions Nouvelles Terre, pp. 7-11,

[3] Il s’agit de la guerre anglo-persane de 1856-1857.

[4] Hérat est une ville de l’ouest de l’Afghanistan proche des frontières de l’Iran et du Turkménistan, et située dans la province de Hérat. C’est l’antique Alexandrie d’Asie fondée par Alexandre le Grand, une des villes-étapes de la Route de la soie

[5] Karl Marx, « La guerre anglo-persane », éditorial paru dans le New-York Daily Tribune, n° 4904 du 7 janvier 1857, in Marx Engels, Textes sur le colonialisme, Moscou, Éditions du progrès, 1977, pp.100-101.

[6] Ibid, « Les atrocités anglaises en Inde », éditorial paru dans le New-York Daily Tribune, n° 4984 du 10avril 1857, p. 130.

0
Category: Pot-pourri, Rapports Nord-Sud  |  Un commentaire

Le lobby pro-israélien aux États-Unis : le sionisme en action

12th octobre 2011, 12:43

Une enquête qui explique la réalité de la politique étrangère des États-Unies au Moyen-Orient, laquelle est influencée, le mot est faible, par le lobby sioniste qui soutient inconditionnellement Israël. Ce groupe de pression, le plus influent en la matière, a des ressources inégalées (organisations bien implantées, églises évangélistes avec leurs millions de fidèles, et bien sûr des millions de dollars) pour faire tomber n’importe quel député ou sénateur qui est hostile à Israël. On comprend aussi pourquoi le vote à l’ONU récemment sur la création d’un État palestinien n’a pas débouché sur un résultat espéré. Barak Obama qui avait fait rêver le monde arabe avec son discours au Caire sur les colonies juives au lendemain de son élection, n’a pas hésité par la suite à « retourner sa veste » pour défendre la position israélienne. Mais ce que le reportage n’a pas mentionné c’est que Obama s’était engagé devant l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) lors d’une de ses journées de conférences annuelles, à assurer la sécurité d’Israël coûte que coûte, juste après avoir été désigné par la convention des démocrates comme candidat aux élections présidentielles.

http://www.dailymotion.com/videoxlhi0o

 

* * * * *

0
Category: Documentaire, Pot-pourri  |  Commentaire

Canard ou chien de garde ?

23rd juillet 2011, 12:05

vignetteLe nouveau Dossier du Canard enchaîné vient de sortir à la mi-juillet : il est consacré à la future candidate du FN, fille de son père, aux élections présidentielles. En publiant ce numéro Le Canard garde toujours une longueur d’avance sur l’opinion en rassemblant des informations sur Marine Le Pen qui a le vent en poupe dans les sondages.

Le Canard se donne ainsi le beau rôle d’avertir l’opinion sur le possible danger de se retrouver devant un face à face, entre les deux tours, la candidate du FN affrontant un autre candidat venant de la droite (Sarkozy) ou celui issu de la gauche (Aubry ?), tout en gagnant de l’argent puisque le numéro est en vente à 5,35 €. Le Canard n’est pas une entreprise philanthropique, ça tout le monde le sait : on ne va pas publier à perte un numéro soit-il garant de la bonne conscience !

Mais en cognant sur le FN à une époque sensible, on risque de se retrouver avec des effets contraires à l’attente : une partie de l’opinion, révoltée de voir un parti ridiculisé et diabolisé, pourrait lui apporter des voix. Cet aspect pervers du principe d’action-réaction n’échappe sans doute pas aux analyses fines du Canard, on se demande ainsi quelles sont ses intentions quand il publie ce numéro à l’approche des élections présidentielles ? Le Canard est-il gagné par le machiavélisme ou c’est simplement l’expression d’un professionnalisme qui se borne à « informer » sans se préoccuper des conséquences de ses actes ? Après moi le déluge…. L’individualisme n’est pas étranger à ceux issus de la mouvance anarchiste, parait-il. Passons.

En feuilletant le Dossier on tombe sur un article en une pleine page et demie à la « gloire » des « complotistes » qui, dit Le Canard, « sont partout, et jamais très loin de l’extrême droite ». Et de fournir la preuve de cette allégation qui n’a pas d’autre fonction que celle d’accusation gratuite et assassine : Thierry Meyssan. En trois mots et quatre mouvements de plume Le Canard est capable d’insinuer que Thierry Meyssan est passé dans le camp de l’extrême droite pour avoir voyagé avec Dieudonné en 2006 au Liban « flanqué, entre autres, d’Alain Soral (futur FN) et de Marc Robert (ex FN), tout en chantant les louanges de Bruno Gollnisch, qu’il « respecte à la fois comme homme et comme élu du peuple« ». Un peu plus loin, Dieudonné est devenu « l’ex-amuseur ». À notre connaissance Dieudonné qui a rempli le Zénith en 2008 sans avoir fait aucune publicité car toutes les médias lui ont barré la route comme un seul homme, n’a pas encore dit au revoir à son public. Le Canard a sans doute voulu enterrer l’amuseur public, du moins socialement, parce qu’il n’est pas à son goût !

N’étant pas spécialiste de l’extrême droite, relevons simplement qu’Alain Soral n’est plus actuellement au FN, ce que le Canard a omis de signaler, il a signalé ce qui l’arrange, la moitié de la vérité, l’autre moitié il l’a simplement avalée. On peut toujours compter sur Le Canard pour être informé !

Autre allégation trouvée dans ce papier sur les « complotistes » : l’Association Reopen 911 est vue à la fête de l’Huma avec les Éditions Demi-Lune qui publient Thierry Meyssan ! Voilà ce genre d’amalgame et de raccourci qui finit par se mordre la queue : les « complotistes » sont pas loin de l’extrême droite (thèse du Canard), on les voit même à la Fête de l’Huma (antithèse ?) à moins que la Fête de l’Huma soit financée par le FN, c’est de la foutaise !

Sinon l’article en entier est un ensemble de ramassis, de raccourcis et d’amalgames sans aucune preuve pour conforter les choses dites, il est fait pour nuire ! Passons sur les autres aspects évoqués sinon il faudrait un roman pour répliquer point par point. Passons sur les approximations telles que la Commission Trilatérale, le Council on Foreign Relations et le groupe Bilderberg appelés tous les trois des think tank. De mémoire, Le Canard n’a jamais parlé du groupe de Bilderberg resté confidentiel jusqu’à ces dernières années avant que l’Internet s’en mêle. C’est vrai que Le Canard n’aime pas Internet où tout le monde peut s’exprimer, informer les autres sans son aval, sans l’aval des maîtres de la pensée unique et à sens unique. Quel grand esprit ! Moi seul ai le droit d’informer parce que je suis journaliste. Alors faites votre travail comme il faut et on vous respectera, et inversement si votre travail est bâclé le respect ne sera pas au rendez-vous. Si vous vous contentez d’étaler vos opinions et vos jugements à défaut de recherches et d’investigations, de vous donner le rôle de procureur, alors ne soyez pas surpris qu’on vous réserve du mépris.

Quant à Thierry Meyssan dont la photo figure en bonne place dans l’article, on peut se demander ce qu’il a fait au Canard pour que celui-ci s’acharne sur lui comme ça. Rien à notre connaissance, Thierry Meyssan n’a jamais mis en cause Le Canard qui, sans doute par solidarité corporatiste, n’a pas digéré son Effroyable imposture, sa thèse sur le 11 septembre qui devient non seulement de plus en plus populaire dans le monde entier mais crédible et une évidence grâce aux travaux des citoyens états-uniens et ceux de par le monde qui ont apporté pièce sur pièce au dossier face auquel la version officielle du 11 septembre est d’un mauvais comique qui ne fait rire que les ignares. On se demande comment il est encore possible que les gens dont la fonction est d’informer les autres croient encore à la version officielle du 11 septembre servie par l’Administration états-unienne et présentée dans un rapport qui enterre plutôt l’affaire que de la mettre en lumière ? C’est une version obscurantiste faite pour crétiniser les gens, et les journalistes gobent, y compris ceux du Canard, à moins que cela relève de la mauvaise foi ! Voilà où nous en sommes. Sur cette question ultra-sensible du 11 septembre, tous les médias parlent d’une seule voix, celle des États-Unis de Bush-fils, mais cela ne relève pas de la pensée unique, ce n’est pas de la conspiration ! Puisque c’est le Soleil qui tourne autour de la Terre, ceux qui pensent le contraire doivent aller au bûcher ! C’aurait été le sort réservé aux « conspirationnistes » à une certaine époque. Le Canard fait figure d’exception ? La preuve, il accuse simplement Thierry Meyssan d’être « conspirationniste », comme le font tous les médias. On aurait aimé :

  • que Le Canard informe aussi ses lecteurs sur les menaces qui pesaient sur la personne de Thierry Meyssan après le changement de locataire de l’Élysée en 2007 : il a dû s’expatrier au Moyen-Orient pour échapper à la menace de mort proférée sur lui ;
  • que Le Canard informe ses lecteurs sur les menaces de mort qui pesaient sur Jimmy Walter qui n’a rien fait d’autre que de réclamer la vérité sur le 11 septembre et qui soutient le mouvement pour la vérité sur le 11 septembre. Ce citoyen états-unien a fini par se réfugier dans la « vieille Europe » pour avoir la vie sauve ;
  • voir Le Canard voler aux États-Unis pour apporter des preuves de ce qu’il dit au lieu de hurler avec les loups sans avancer la moindre preuve du contraire ;
  • que Le Canard lise les ouvrages édités par les Éditions Demi-Lune avant de les incriminer comme le font les suiveurs écervelés. Oui, il faut saluer le courage de ceux qui prennent le risque de publier des ouvrages qui vont à l’encontre de la pensée unique dans un contexte idéologique qui leur est très défavorable, et n’ayant pour seul but que celui de rétablir la vérité trop longtemps déformée.

Une dernière question au Canard et à ceux qui partagent ses opinions autrement dit aux tenants de la pensée unique : si la vérité est du côté de ceux qui soutiennent la version officielle du 11 septembre, de quoi ont-ils peur, pourquoi ont-ils peur quand leurs antagonistes ne font que la réclamer ?

En lisant ce papier, on croirait lire un des nombreux billets de Caroline Fourest, autre pourfendeur de Thierry Meyssan et des « complotistes ». En tout cas les loups se reconnaissent entre eux, comme Dieu reconnaît ses chiens.

Un lecteur du Canard de longue date nous a confié qu’il avait arrêté d’acheter le journal quand celui-ci s’est rangé du côté des caricaturistes de Mahomet, s’est complu à diaboliser le président iranien Ahmadinejad, et à ridiculiser Thierry Meyssan sans apporter la moindre preuve.

D’ailleurs on n’a pas vu l’ombre du Canard dans le procès intenté contre le président de RACCFC (Rassemblement des auditeurs contre la Casse de France Culture) accusé d’injures envers « Mme Clauzet Laure, épouse Veinstein dite Laure Adler [1] » pour un dessin satirique, pas de trace non plus dans ses colonnes. Dans d’autres circonstances Le Canard aurait ouvert son bec pour crier haut et fort : « Liberté d’expression ». Cette liberté est en fait très sélective chez Messieurs les Canards comme chez d’autres journaux. Le Canard s’intéresse à la culture paraît-il. Que France Culture soit démantelée pour devenir une radio comme une autre, Le Canard s’en bat les ailes !

Alors gardien de la liberté d’expression ou chien de garde ? Seul Le Canard peut répondre à cette question existentielle. La plupart des lecteurs de cet hebdo ignorent sans doute qu’un de ses membres, David Fontaine pour ne pas le citer, fait partie des Young Leaders français de la French-American Foundation, une officine atlantiste où se retrouvent aussi bien Nicolas Bazire, Alain Juppé, Jérome Clément, Jean-Marie Colombani, Alain Minc, Lacques Toubon, Valérie Pécresse, que Christine Ockrent, François Hollande, Jean-Noel Jeaneney, Laurent Joffrin, Bernard Guetta, Sylvie Kauffmann, Alain Richard pour ne citer que les plus connus. Peut-être ceci explique cela.

Notes :

[1] Patrick Broguière, France Culture. La destruction programmée d’une université populaire, Éditions Delga, 2007, p.94.

3
Category: Pot-pourri  |  Commentaire

Revoir Luang Prabang après trente-six ans.

17th juin 2011, 03:01

vignetteTout voyage comporte son lot de surprises, bonnes ou mauvaises, agréables comme désagréables. Aller revoir une ville où on avait grandi et qu’on a quittée il y a plus de trente ans n’est pas une simple sortie du dimanche. La première surprise a eu lieu à l’aéroport de Toulouse : les voyageurs sont interdits de garder sur eux tout ce qui est liquide, même des bouteilles d’eau minérale, au-delà du contrôle de sécurité pour des raisons de sécurité justement, c’est une mesure pour lutter contre le terrorisme ! Mais une fois cette barrière franchie, on n’a que le choix pour acheter toutes les bouteilles qu’on veut ! Au retour le même manège recommence à l’aéroport de Hanoi. Et là l’explication donnée était la même, pour des raisons de sécurité avec des détails succulents : les bouteilles de liquide peuvent contenir des explosifs, cependant ces mêmes bouteilles peuvent voyager dans la soute. Chose plus surprenante encore : les bouteilles d’eau minérale distribuées durant le vol aux voyageurs, donc en principe déjà contrôlées, et qui ne contiennent pas d’explosifs sinon elles auraient explosé à la figure des voyageurs en entraînant la chute de l’avion, ces bouteilles-là aussi ont été saisies, car interdites de franchir la barrière de sécurité à l’aéroport de Blagnac. Cette barrière franchie, on est libre d’acheter tout ce qu’on veut un peu plus loin, des bouteilles d’eau, d’alcool, du vin, à profusion. Certes les mesures de sécurité doivent, en aviation, primer sur toute autre considération, mais dans cette histoire, il y en a qui sont mieux considérés que d’autres, leur commerce n’en souffre pas, au contraire ! À quelque chose malheur est bon, non ?

Mais laissons cette comédie humaine aux affairistes pour aller voir plus loin, le but de notre voyage. Si la réputation de Luang Prabang n’est plus à faire et si tout voyageur qui y est passé la préfère à Huê, une autre ville de la région, classée elle aussi patrimoine de l’humanité par l’Unesco, il convient aussi d’être attentif aux alarmes données par certains. Bruno Philip fut de ceux-là, il a essayé d’alerter l’opinion publique à travers sa chronique du 25 décembre 2010 parue dans le journal Le Monde, sur justement le risque de voir cette ville débarrassée de ses habitants à cause de la pression immobilière au profit des constructions à usage touristique.

Quand on vient d’une grande ville, le contraste est saisissant surtout si l’on arrive de Bangkok, de Saigon ou même de Hanoi. La pression démographique de ces grandes métropoles à une heure ou deux de vol, sur leurs habitants, même passagers, n’a plus cours à Luang Prabang dont la population se chiffre encore à quelques dizaines de milliers, certes bien supérieure au chiffre d’il y a une trentaine d’années. C’est justement quand on vient d’une grande ville de la région que le regard n’est plus le même que si on venait directement d’Europe ou d’Amérique. Les effets de proximité et de comparaison apparaissent au grand jour. De son vivant Jean Chesneaux qui nous a quittés en 2005 aimait à souligner cette perspective du voyageur.

Vietnam, pays des possibles

Venant du Vietnam on a encore en tête le cortège de cyclos ou de motos (xe ôm) qui vous harcèlent ou qui vous suivent, ou de petits vendeurs, – qui sont contrôlés par des patrons pour ne pas dire des gangs, et ne sont pas des individus réduits à de petits métiers pour essayer de s’en sortir- , qui essaient de vous faire acheter leurs bibelots, jusqu’au moment où, excédé, on est obligé de les renvoyer. Ici au Laos, du moins à Vientiane et à Luang Prabang, ces scènes sont inexistantes. Cela ne veut pas dire que la pauvreté ou la misère n’existe pas. À la campagne les gens sont pauvres, certains très pauvres mais ils ne sont pas misérables, ils ne mendient pas, ce n’est pas leur attitude devant la vie. Un petit détour pour éclairer cette situation. Chez les Bahnar, peuple des Hauts Plateaux du Vietnam, quand on est pauvre et misérable on se compare à un mendiant vietnamien (kon yuon an mai [1] parce qu’il n’y avait pas de mendiants chez eux. La présence de mendiants vietnamiens dans les Hauts Plateaux depuis le XIXe siècle s’explique par la migration de Vietnamiens vers ces contrées lointaines pour chercher une vie meilleure, ou un lieu à l’abri des persécutions frappant le catholicisme, mais parmi ces migrants certains se sont trouvés réduits à devenir des mendiants. C’est ainsi que la langue bahnar s’est enrichi d’un nouveau terme au contact des misérables Vietnamiens.

arbre déraciné
Venant du Vietnam par la route, le contraste entre les deux pays saute davantage aux yeux : l’utilisation intensive du sol côté vietnamien et la jachère à une grande échelle côté lao, un habitat dense d’un côté, parsemé de l’autre ; la forêt décimée ici, encore en vie là-bas. Justement, au poste-frontière de Lao Bao, on a vu ce jour-là une dizaine de camions d’une dizaine de mètres de long et chargés chacun d’un tronc d’arbre énorme, sans doute centenaire, débarrassés de leurs racines et de leurs branches. À une question faussement innocente à un fonctionnaire lao pour connaître la destination de ces troncs, on s’entend répondre qu’ils prennent la direction du Vietnam pour être replantés, car là-bas ils n’ont plus d’arbres. Oui, on va replanter des arbres centenaires sans racines au Vietnam, pays des possibles ! Les mauvaises langues disent que maintenant qu’ils ont fini de détruire la forêt au Vietnam ils vont saccager celle du Laos.

Sur la côte centrale du Vietnam, une patronne qui, de mèche avec les autorités si elle ne les représente pas, concentre dans ses mains des sociétés de taxis, de services liés au tourisme (restaurants, lieux de loisirs, resorts pour employer un mot à la mode là-bas) a sous ses ordres des centaines d’employés dont elle n’a pas hésité à menacer l’une de lui flanquer une gifle si elle se montre insolente. Ça aussi ça existe et c’est possible au Vietnam. À une employée qui gagne 1.400.000 đồng [2] par mois comme serveuse dans un resort sur une plage déserte, cette Dame a trouvé le moyen de lui retenir sous diverses prétextes quelques centaines de milliers de đồng. Les pères fondateurs du capitalisme sauvage peuvent se retourner dans leur tombe, car le capitalisme sauvage se porte bien au pays des petits dragons, les investisseurs étrangers peuvent venir, ils sont en sécurité : pas de problème de grèves, pas d’emmerdes avec les syndicats, etc. Au moindre signe de contestation, les autorités locales s’en chargent. La liberté totale pour ceux qui détiennent les capitaux, le rêve ! Et pourtant les opposants au régime demeurés sur la côte californienne et ailleurs qualifient toujours le Vietnam de communiste, cela les arrange, car sans le communisme sur quoi pourraient-ils s’appuyer, à moins que ce credo relève de la myopie, ce qui n’est pas impossible au pays des possibles. Mais si on leur demande ce qu’il y a encore de communiste au Vietnam, ils auraient du mal à répondre.

voiture ecolo
Puisque l’heure est au vert, les Vietnamiens, c’est-à-dire les autorités vietnamiennes, ont bien saisi cette opportunité pour se faire valoir. Hanoi peut se targuer d’avoir un quartier piéton : la rue Hàng Ngang et ses prolongements (quelques centaines de mètres) dans le vieux quartier sont effectivement réservés le soir, mais pas dans la journée, aux piétons qui déambulent pour voir dix mille objets les uns importés de Chine, les autres fabriqués sur place par des artisans. Au bord du Petit Lac quelques voitures électriques aux enseignes vertes proposent aux touristes des promenades écolo autour de la ville.

C’est aussi ici que les choses sont remplacées par les mots, et plus l’occasion est solennelle plus il y a de banderoles-slogans étendues sur le fronton des bâtiments publics ou suspendues en hauteur sur la largeur des rues passantes. À l’occasion de la fête du travail dans un pays dit socialiste, les manifestations se sont résumées à une soirée de spectacles de jongleries et de prestidigitation au bord du Petit Lac, même pas de musique, mais à côté de cela on voit partout dans le centre ville des banderoles chargées de slogans de circonstance tels que « Vive la fête du Travail ». Une fête du Travail triste en somme dans un pays qui se dit socialiste.

De l’autre côté de la frontière la vie est plus paisible, plus facile, c’est ce qui attire nombre de Vietnamiens à la recherche d’une vie meilleure. Dès la frontière, les voyageurs sont pris d’assaut par une armée de changeuses de monnaie qui viennent jusque dans le car vous proposer leurs services, elles sont toutes des Vietnamiennes. Elles avaient dans leur sac des liasses de billets lao et vietnamiens, mais aussi des dollars et des euros. On n’a pas besoin de chercher un bureau de change, ce bureau ambulant vient vers vous. Les pères fondateurs du capitalisme financier n’ont sans doute pas pensé à cette possibilité. Là aussi des réseaux s’installent entre chauffeurs de cars, changeuses, restaurateurs et chaque partie doit trouver son compte.

L’hémorragie provoquée par les événements de 1975 a laissé à Luang Prabang la place vide dans la communauté vietnamienne aux nouveaux arrivants, pas tous des anges, loin de là. Et les premières victimes de ces nouveaux immigrés ne sont autres que leurs compatriotes anciennement installés mais pas assez méfiants à leur égard. Ces hommes sans foi ni loi ont laissé une réputation abominable sur leur passage : tontines crevées, abus de confiance, dettes volatilisées, etc.

Tourisme & tout risque …

Comment ne pas s’étonner pour celui qui revient après plus de trente ans de tomber sur des hôtels, plus luxueux les uns que les autres, qui intimident plus d’un par leur cadre somptueux alors jusqu’en 1975 il n’y avait qu’un seul hôtel classé de luxe à Luang Prabang ? Le boum des constructions hôtelières se poursuit à tel point que des complexes touristiques n’ont pas hésité à occuper le terrain en s’implantant dans les environs de la cité aux dix mille bonzes : les Thaïlandais mettent à profit leur savoir-faire et leur expérience dans un complexe aux environs de la cascade Nadeuay, la plus proche de la ville à quelque trois kilomètres. À l’autre bout de la ville, à une dizaine de kilomètres, un complexe hôtelier qui se veut original, propose des séjours hors des sentiers battus. L’aménagement d’un terrain de golf à quelques kilomètres du centre ville se termine pour le bonheur de futurs clients qui sont déjà choyés par le responsable des lieux. La construction de cet espace de loisir de luxe très sélectif a déjà nécessité le déplacement des personnes qui avaient toujours habité là. Ceux qui ont voulu croire à leur bon droit du sol en ont fait les frais et se sont retrouvés, dit-on, en prison. Mais l’ancienne prison, elle aussi, a été transformée en hôtel de luxe, de même l’unique hôpital de la ville, lui aussi, a dû déménager vers la périphérie pour laisser les anciens bâtiments disposés sur plusieurs hectares au nouvel investisseur qui les a transformés en résidence hôtelière pour la clientèle huppée qui n’a pas besoin de compter ses billets avant d’y pénétrer.
terrain de golf
Si le tourisme commence à faire prendre conscience aux gens lucides du risque encouru (monétarisation à outrance, désacralisation des lieux sacrés ou de culte, standardisation du mode de vie, paupérisation de l’expression culturelle, occidentalisation des rapports sociaux et humains, pour ne parler que de ceux-là) il représente pourtant sans conteste un facteur d’amélioration de la vie matérielle. La ville s’anime au rythme de l’arrivée des touristes et de leurs promenades. Les jeunes voyageurs n’hésitent pas à manger au marché la cuisine locale pour une bouchée de pain.

Ici, au pays du million d’éléphants, la méfiance n’est pas la règle d’or dans les relations. Pour preuve une situation insolite qu’on dirait sortie tout droit d’un roman : un voyageur débarquait dans une maison d’hôte à deux heures du matin. La porte métallique coulissante était entrebaîllée, derrière elle un homme de type occidental vit un nouveau client arriver, lui ouvrit la porte puis il s’éclipsa. Celui qui venait d’arriver se dit que c’était un drôle de patron qui ne voulait même pas recevoir du monde; en attendant il ne voyait personne venir. Comme c’était difficile de chercher une autre maison ouverte à cette heure-là, il s’installa sur une chaise contre le mur à l’opposé du bureau d’accueil. Un quart d’heure passa, toujours personne, une demi heure toujours personne. Il décida, en attendant que quelqu’un arrive, d’aller s’allonger sur un fauteuil dans la salle d’accueil plus loin, il ne faisait de mal à personne. Une demi-heure plus tard, la porte s’ouvrit à grand bruit, on entendit un couple entrer. Puis une conversation s’installa entre le nouveau client et une autre personne qui ne pouvait être que le gérant ou le gardien. Le couple voulait une chambre. Il y avait encore des chambres libres. Le couple s’éclipsa par la suite en prenant l’escalier. Quand le calme revint, le voyageur clandestin se leva pour aller voir le gérant qui venait en fait de surgir de derrière le comptoir où il dormait. Il lui expliqua la situation puis lui demanda s’il y avait encore une chambre. Aucun problème, une chambre libre l’attendait au premier étage. Le voyageur s’éclipsa à son tour pour essayer de dormir un peu avant que le jour ne se pointe. Peut-on imaginer pareille situation, dans un pays riche d’Occident dit civilisé ?

Les fêtes du Pimay

Tomber sur une période de fêtes quand on voyage est une véritable aubaine à condition de ne pas avoir à faire de démarches administratives. Ici plus qu’ailleurs, les choses peuvent prendre beaucoup de temps car les gens ne sont pas pressés, le temps n’est pas compté en secondes comme en Occident, surtout en période de fêtes. Mise à part cette parenthèse, le temps des fêtes c’est aussi le moment où les gens s’amusent, les traditions rejaillissent, les coutumes remontent à la surface. Ici on improvise un baci pour souhaiter la bonne année au doyen du village, en fait ils sont trois avec ses deux cadets, – un homme et une femme d’une dizaine d’années de moins que lui – , après les avoir installés sous une gouttière, improvisée également, pour qu’ils reçoivent de l’eau parfumée à la manière des statues de bouddha qu’on arrose dans les pagodes à cette occasion. Là-bas on rend hommage à l’esprit de la source située sur une colline de l’autre côté du Mékong, cérémonie accompagnée d’une scène médiumnique. Bien sûr, ce sont les gardiens de la tradition qui organisent ces rituels mais plusieurs générations s’y retrouvent pour l’occasion, les jeunes sont là mais surtout les personnes âgées n’en sont pas écartées, au contraire, elles sont respectées et choyées. Qui connaît mieux le passé qu’elles ?

lolat
À Luang Prabang, tout le monde sait que les fêtes du Pimay explosent dans toute leur vivacité et leur diversité. Elles commencent le premier jour, cette année le 14 avril, avec la traditionnelle lolat (littéralement se promener au marché) le long de la rue principale : la foule s’anime vraiment vers les 9 heures, les uns arrivent les autres rentrent, mais tout le monde s’habille avec ses plus beaux vêtements, enfants comme adultes, hommes comme femmes. Dix mille choses installées sur les deux côtés de la rue s’offrent à la curiosité des yeux : petits fanions représentant les douze animaux du zodiaque dessinés puis peints à la gouache qu’on achète pour les installer sur les petits that (stupa) de sable construits l’après-midi dans l’île du Mékong, oiseaux en cage et petits poissons qu’on libèrera pour acquérir des mérites, ombrelles de toutes les couleurs, vêtements, soieries, jouets, nourriture, gourmandises. Bref, dix mille choses qui attirent le regard.

fanions

Après le déjeuner, c’est le deuxième temps de la journée qui prend la relève. On s’est débarrassé de ses beaux habits pour se vêtir d’une simple chemise ou d’un T-shirt pour la circonstance. Des groupes d’adolescents se forment place des Jets d’eau pour s’arroser mutuellement et se barbouiller de colorants : garçons à la poursuite des filles et inversement. adosIl fait chaud, l’eau rafraîchit. Dans les rues des pick-up circulent à petite vitesse; à l’arrière on a installé un fût rempli d’eau autour duquel les fêtard(e)s se tiennent debout pour pouvoir arroser les passants à l’aide d’une épuisette ou d’une pompe. On chante à tue-tête, on fait du bruit en tapant sur le fût. Puis tout le monde se retrouve dans l’île de sable du Mékong en prenant une pirogue motorisée : chaque groupe construit son stûpa aussi beau et aussi grand que possible. ombrellesQuand c’est fini, on pique au sommet du stûpa le petit fanion aux signes du zodiaque acheté le matin au marché, on se met tout autour pour réciter ensemble une prière, formuler des vœux pour l’année qui vient. Puis on déambule ou on s’arrête au gré de ce qui se passe : ici un orchestre traditionnel accompagne des chanteurs et chanteuses dans leurs joutes amoureuses ou taquines sur l’air du khapthum, véritable fond culturel de Luang Prabang qu’il faut faire classer patrimoine immatériel de l’humanité de même que le mode de chant du Sud du pays, le Lam Saravan que la gracieuse Latsami Phudindong interprète avec virtuosité. ileLà-bas une échoppe qui propose aux passants de la bière lao avec des accompagnements comme de la viande grillée à la braise. Une partie de la foule se dirige vers l’autre rive du Mékong pour atteindre les grottes, lieux de pèlerinage qui attirent particulièrement les jeunes dans leurs aventures sentimentales. La visite des grottes est une vieille institution lors des fêtes chez les peuples d’origine thai dont les Lao font partie. La ville s’anime de nouveau en fin d’après-midi quand la foule revient de l’île avant de laisser la place aux réceptions diverses, officielles ou chez les particuliers.

nang sangkhane
[3] Deuxième temps fort des festivités : la procession de Nang Sangkhan, la protectrice de la ville installée sur le dos du phénix porté par un char bien décoré, entourée de ses six accompagnatrices qui la suivent au sol. Les sept jeunes filles sont élues chaque année par une commission officielle juste avant le jour de la procession, la première, la plus belle incarne l’esprit protecteur de la ville. La procession part de Wat That pour atteindre Wat Xiengthong avant de se disperser. Le jour suivant on sort le Prabang (la statue en or du Bouddha) de son lieu de résidence le Ho Prabang, un bâtiment à l’intérieur du Musée, ex-Palais royal pour l’installer dans la cour de Wat May, juste de l’autre côté de la rue qui la sépare de l’enceinte du Musée, c’est là que les officiels et particuliers viennent lui rendre hommage en versant de l’eau parfumée aux fleurs naturelles comme le frangipanier, sur une gouttière d’où l’eau peut ruisseler de sa tête jusqu’à ses pieds. Pendant que les uns l’arrosent à l’aide de coupes d’argent pour les gens aisés, ou de métal moins noble pour les plus modestes, les autres recueillent au bout d’une autre conduite pour la ramener chez eux, cette eau sacrée. Officiellement les fêtes ne durent plus que trois jours qui sont des jours de congé, alors qu’avant 1975 elles duraient deux semaines, mais les gens, les collectivités continuent la fête au-delà de ces trois jours. Les traditions ne se font pas par décret !

Il ne s’agit pas pour nous de décrire ici la fête du Pimay, d’autres l’ont fait depuis longtemps et avec beaucoup de soin et de passion. Nous nous contentons de donner quelques flashs pour enrichir nos propos.

lamvong
Il n’y a pas de fêtes, à Luang Prabang du moins, sans le lamvong qui reste une danse populaire et appréciée. Lors des fêtes on retrouve de vieux morceaux de musique datant d’avant 1975 mais toujours à la mode. Le lamvong est plus qu’une danse ou une musique, c’est une véritable tradition qui reflète un mode de vie, un art de vivre. Le rythme sur lequel on danse le lamvong sert de contenant à un contenu musical. Comme le lamvong est bien vivant, le contenant n’a pas été dénaturé ce qui a permis de « contenir » la musique, et en fin de compte cette musique reste vivante. Les trente cinq ans de changements et d’austérité ne l’ont pas fait disparaître. La musique lao est donc vivante à l’heure actuelle contrairement à la musique vietnamienne qui subit une acculturation sans précédent : la chanson vietnamienne composée dans les années 1960 et 1970 dans le Sud du pays et appelée « musique jaune » est inconnue de la jeune génération à quelques exceptions près. À la place de cette musique qui était en continuité avec celle de la génération d’avant-garde artistique des années 1940 voire 1930, on a à l’heure actuelle une musique qui n’est ni occidentale ni orientale, une musique bâtarde impropre à l’oreille. Cette situation s’explique aussi par le fait que la musique vietnamienne (entendons la chanson vietnamienne) n’avait pas de cadre précis puisqu’elle a pris forme depuis les années 1930 seulement, pas assez vieille pour être ancrée dans la tradition. Faute de cadre donc de contenant traditionnel, on met tout ce qu’on veut mais dans le vide. Comme les Vietnamiens n’ont pas une seule danse comparable aux danses populaires du Laos telles que le lam vong ou le lam Saravan bien ancrées dans la tradition, donc pas de cadre, c’est-à-dire pas de rythme spécifique pour caractériser une musique, donc pas de contenant musical, la musique, c’est-à-dire le contenu, fuit dans tous les sens pour former une sorte de cacophonie difforme. On voit bien à travers cet exemple que le contenant est aussi important que le contenu en matière de traditions pour ne pas s’étendre dans d’autres domaines.

Ce temps de fêtes est remarquable aussi par ce qui caractérise les fêtes traditionnelles bien enracinées dans la vie matérielle et émotionnelle, le moment où on s’amuse en oubliant les contraintes de la vie, où tout le monde se retrouve sur le même pied d’égalité et surtout on n’a pas besoin d’un porte-monnaie bien garni pour y participer, on n’achète pas ces moments de libération sociale, ils s’offrent à tout le monde. pugneuLes touristes occidentaux ne sont pas ignorés mais incités à rejoindre la foule en délire. Il est difficile de trouver encore des fêtes de cette nature dans les pays industrialisés où pour s’amuser il faut sortir son porte-monnaie : un tour de manège quelconque ça vaut tant, les autos tamponneuses ça coûte tant, voir l’enfer n’est pas gratuit, etc. À côté de ces fêtes, la Foire du Trône est d’une tristesse humiliante. Dans les années 1970, 1980 il y avait encore de timides carnavals à Paris puis petit à petit, ils ont disparu. Celui de Venise est un rescapé mais tout le monde ne peut pas s’y introduire. La société moderne a détruit toutes les fêtes anciennes sur l’autel du profit matériel dressé par quelques-uns. La fête de la Musique a potentiellement un bel avenir si on se donnait les moyens de la faire vivre à l’écart de la consommation, mais pour l’instant elle n’est même pas un jour de congé, ce qui révèle aussi l’esprit de ceux qui régissent la société : les fêtes avec toutes leurs composantes émotionnelles et sociales passent après d’autres prérogatives. Même ceux qui essaient d’inventer des fêtes en faisant appel au passé, ne sont pas parvenus à créer une ambiance libre de toute marchandisation : quand on regarde le programme de Autrefois le Couserans, qui passe pour une grande fête en Ariège et qui essaie de renouer avec les traditions, on s’aperçoit que les 6 pages imprimées sur du papier glacé au format A4 en couleurs sont remplies, chargées de publicités que les commerçants du coin y ont fait paraître, puisqu’ils sont aussi les subventionneurs de cette fête. Voilà comment le commerce s’introduit dans les fêtes modernes. On cherche en vain dans ce programme riche en couleurs, un encart expliquant l’origine de cette fête, de certaines traditions, ce qu’elle est censée véhiculer, son esprit en somme. Les touristes sont invités à admirer et applaudir en tant que spectateur le défilé qui retrace la vie d’autrefois, à regarder les scènes de vie champêtre, les activités du passé, etc. Et à côté de ces spectacles qui sont loin d’être insignifiants, des stands de commerçants vous proposent toutes sortes de produits et d’objets consommables ou non, utiles ou inutiles. Pourrait-on imaginer les fêtes de Noël sans le commerce ? Acteurs et participants dans les fêtes traditionnelles on est réduits à être spectateurs et consommateurs dans la société moderne.

Comment oublier …

Un pays c’est aussi les gens qui y vivent. Si on s’attache à un pays c’est parce qu’on s’attache à eux; un beau paysage, on ne l’emporte pas avec soi mais les sentiments partagés avec d’autres oui. enfantComment oublier celui qu’on avait rencontré la veille dans une fête et qu’on retrouva par un pur hasard le lendemain dans une autre fête et qui vous dit qu’il serait très content de vous recevoir dans la fête de son village ? Comment oublier le moment où un vieux copain vous a reconnu et où vous essayez avec honte de fouiller en vain dans la mémoire pour retrouver son nom? Comment oublier une compagne de route désargentée mais qui avait dans ses affaires pour la route tout ce qu’il fallait pour sa petite fille de 3 ans (riz, viande de buffle séchée et grillée, tisane en bouteille), quand les autres allaient manger dans des échoppes en buvant du coca ou autres boissons gazeuses bien colorées? Comment oublier le visage rayonnant d’un chanteur amateur à qui on adresse un compliment ? Comment rester insensible aux sourires d’enfants quand on leur a jeté des regards complices ? Oui dans ces contrées lointaines on peut encore avoir des moments de complicité avec des enfants sans être fusillés du regard par leurs mères protectrices et possessives, sans avoir à entendre le rappel à l’ordre ˝Toto, viens ici˝ ! Comment oublier la posture cambrée, le corps incliné à moitié caché sous une couverture humide, le regard hagard d’un vieux copain atteint de folie que la famille enferme dans un petit bâtiment à l’écart de la maison familiale ? Comment cacher ses émotions et exprimer sa reconnaissance quand de vieux amis qu’on n’avait pas revus depuis plus de trente ans vous accueillent à bras ouverts, facilitent votre vie, vous promènent partout pour vous présenter à leurs amis, à leurs familles ? Ces retrouvailles permettent par la même occasion de constater que les traditions sont encore bien vivantes au Laos même à l’échelle familiale, en tête desquelles le baci ou soukhouan, cérémonie qui s’impose à toute grande occasion d’une vie telle que mariage, naissance, maladie, guérison, voyage, retour de voyage, promotion sociale, fêtes …
rituels
Quand les gens d’un village organisent un baci pour rendre hommage à leur doyen, on ne peut pas rester apathique devant cette marque de considération pour les personnes âgées, car il faut dire que c’est une très belle tradition, loin de la façon dont on les traite en Occident à l’heure actuelle où une personne d’une cinquantaine d’années est déjà finie pour le monde du travail et, où les plus âgées, on les parque dans des « maisons de retraite » pour y attendre la mort – mais il ne s’agit pas de mouroirs, terme malpropre réservé aux pauvres -, certaines sont abandonnées par les leurs ! La canicule de 2003 a révélé cette horreur chez les êtres déshumanisés. Mais on était encore loin du fond de pensée de certains qui préconisent même l’euthanasie les concernant pour alléger la facture sociale. Oui, on ne raisonne qu’en termes économiques, en termes d’intérêts ! Aux orties les autres dimensions de la vie.

Les paroles d’un sage résonnent encore : la vie est faite de relations, sans relations il n’y a pas de vie chez les humains ou ce ne serait plus une vie. Ici au Laos, comme la vie est plus facile que dans les pays voisins, elle est plus simple aussi. C’est sans doute la raison pour laquelle les relations avec les gens sont plus simples. Et quand on est musicien les relations se font naturellement autour de soi, partout où il va le musicien trouve des gens avec qui faire de la musique, nouer des liens, etc. Il faut dire aussi que la musique a un pouvoir de séduction sans égal, elle seule peut faire vibrer une âme, pleurer un être, ensorceler un individu. Aucune autre discipline artistique ne possède cette résonance avec l’âme. Un tableau d’un grand maître qui peut coûter des millions, une construction d’un architecte de renom, n’ont pas ce pouvoir. On pourrait dire que ce sont les sons produits par la musique, autrement dit les ondes acoustiques qui provoquent, excitent les organes sensoriels pour atteindre la sensibilité du corps humain et qui finissent par provoquer des émotions. Mais évidemment chaque personne a ses propres fréquences de résonance d’où la diversité des goûts musicaux chez les êtres humains.

La musique c’est la vie

Un détour bien tortueux pour parler d’un personnage bien connu du milieu musical de Luang Prabang : il s’agit de Bounthan qui vit de la musique et avec la musique, un des rares qui y parvient. Il doit atteindre ses soixante-dix ans ces temps-ci mais on lui donne beaucoup moins tant il reste jeune dans ses attitudes et ses réactions devant la vie. bounthanPour lui, la vie c’est la musique, sans la musique la vie n’aurait plus de sens. Dès sa tendre jeunesse, il s’est passionné pour la musique en s’initiant à plusieurs instruments à la fois. Comme Luang Prabang était une petite ville sans école de musique pour les passionnés, il est allé chercher ses maîtres à la capitale, Vientiane. Là il a croisé des guitaristes venant d’ailleurs pour gagner leur vie dans des night-clubs huppés : Philippins, Vietnamiens, Chinois, etc. Dans les années 1960, on a fait appel à lui pour diriger l’orchestre de l’armée installée à Luang Prabang, il jouait de tout, de la guitare bien sûr mais aussi de l’accordéon, de la trompette, du trombone, de la batterie. Comme il est d’origine vietnamienne, il donnait un coup de main en tant que musicien à la communauté vietnamienne qui organisait des fêtes chaque année (à la mi-automne, à la fin de l’année scolaire), plus précisément aux jeunes amateurs qui se formaient. Le vent des changements survenus en 1975 l’a appelé à d’autres responsabilités : instituteur à l’école de la communauté vietnamienne, enseignant de langues, du lao aux Vietnamiens venant du Vietnam et du vietnamien aux Lao. Il a aussi rempli deux mandats de maire de son village/quartier. Malgré ses diverses activités qui absorbaient beaucoup de son temps il n’a jamais lâché sa passion pour la musique.

Mais les temps ont changé. Pour des raisons un peu trop compliquées à expliquer en deux mots, la mode actuelle dans les soirées consiste à faire venir un musicien qui fait du clavier et un chanteur puis la sono fait le reste. Il n’y a plus d’orchestre avec d’autres instruments que le clavier (guitares, batterie, etc.). En quelque sorte il y a bien sur ce plan appauvrissement. En tant que multiple-instrumentiste, Bounthan n’a pas eu de mal à s’adapter à la nouvelle conjoncture, il est encore souvent sollicité par diverses collectivités ou amis pour animer des soirées musicales et dansantes. Il arrive qu’il anime avec un de ses enfants, un jeune d’une vingtaine d’années qui est décidé à le suivre dans cette voie. parolesSon studio installé dans une petite pièce attenante à la maison sert aussi de salle de cours quand il donne des leçons de musique aux jeunes. Il y a là-dedans de vieilles guitares électriques et guitares sèches, accrochées pèle-mêle au mur, des claviers, la table de mixage, la sono. En tant que compositeur, il a envoyé à la communauté lao des États-Unis un certain nombre de chansons lao qu’il avait composées contre des droits d’auteur avec cependant une restriction : ces chansons ne pouvaient revenir au Laos sous forme arrangées et chantées, ailleurs libres à eux de faire ce que bon leur semble. À Luang Prabang même, certaines institutions font aussi appel à lui pour avoir de nouvelles chansons afin de faire passer leurs idées. Au moment où nous l’avons vu il venait de finir une chanson pour le Trésor que nous avons eu le plaisir d’écouter. Bref un artiste riche d’expériences et d’amitié.

Le soleil se couche de l’autre côté du Mékong, le jour se retire pour laisser le calme et la nuit aux noctambules qui ne sont pas rares en période de fêtes. Et pourtant les soirées se terminent bien tôt à Luang Prabang mais on se lève tôt aussi. À partir de cinq heures on entend les coqs chanter comme à la campagne, ce qui dérange certains touristes trop conformistes pour apprécier ce qui leur semble étrange. Certains vont jusqu’à trouver que le poulet élevé en plein air est trop coriace, on leur sert alors du poulet industriel à la place. Bon appétit messieurs les touristes.

Ce tour d’horizon rapide empreint de souvenirs et d’émotions, marqué par des contrastes et des permanences (que les bouddhistes me pardonnent d’employer une notion à l’encontre de leur univers spirituel), bouscule les préjugés qu’on pouvait avoir à chaque voyage. mekongD’après notre musicien de Luang Prabang, les traditions et coutumes lao sont préservées à 90%, sujet fort intéressant mais qui n’a pu être approfondi à cause de la situation transitoire du voyageur, mais qui le mérite bien entendu. Les femmes lao s’habillent globalement encore à la laotienne alors que les hommes ont depuis longtemps troqué leurs habits traditionnels contre la tenue moderne occidentale sauf à de rares occasions près. Ici aussi et à ce niveau, les femmes demeurent les dépositaires et conservatrices de la tradition bien plus que les hommes. Alors qu’au Vietnam, il faut vraiment chercher pour trouver une femme en tunique traditionnelle, la fameuse ao dài, que la publicité met tant en avant. Si les traditions sont globalement conservées au Laos, on constate tout de même un léger écart entre la ville et la campagne où elles sont mieux ancrées dans la vie et dans les esprits. À Huê [4], une cité quand même de plus de 300.000 âmes, on peine à trouver un endroit pour écouter de la musique vivante, alors qu’elle se joue un peu partout à Luang Prabang, certes on était en période de fêtes, mais au Vietnam on ne trouve aucune occasion similaire même lors des fêtes : une société où la musique ne trouve pas sa place est une société triste.

Le Laos coincé entres ses voisins aussi encombrants les uns que les autres doit se frayer un chemin pour trouver sa voie. Les Vietnamiens de Vientiane s’inquiètent de l’arrivée prochaine de 5.000 familles chinoises qui seront installées sur un terrain marécageux à la périphérie de la ville, concédé aux autorités chinoises pour 50 ans. Les accords de coopération entre le Laos et la Chine se multiplient à un rythme soutenu (sept barrages sur le Nam Ou, parc de communications par satellite, l’Hôtel international « Bon repos » à Luang Prabang sur un terrain de 10 hectares, etc.). On parle déjà des liaisons ferroviaires pour trains à grande vitesse qui mettront Vientiane à quelques heures de Kunming, capitale du Yunnan, avant d’atteindre Singapour. Ce projet rentre dans le cadre de la dynamisation régionale entre la Chine et l’Asean. Le Nord du Laos est déjà acquis à la Chine pour nombre d’observateurs. Le casino dans la « zone économique spéciale » vers la frontière chinoise en est le signe précurseur. N’oublions pas que Luang Prabang était dans le passé un lieu de passage sur la route de la soie venant de la Chine vers la Birmanie. Qui dit passage dit contacts, échanges, commerce, richesse et peut-être aussi bouleversements quand les temps changent.

Les relations spéciales qui lient le Laos à son voisin Vietnam résistent-elles à l’opération de charme à coups des millions de dollars d’aide et de coopération diverses avec la Chine – et la Chine a beaucoup de grosses coupures à écouler – , décidée à ne pas laisser cette plaque tournante occupée par d’autres ? À terme le Laos peut devenir une source de tensions entre ses voisins qui ont déjà d’autres différends en matière stratégique régionale. On vient d’apprendre que les Vietnamiens ont manifesté les 5 et 12 juin 2011 à Hanoi et à Saigon contre l’occupation des Iles Spratleys et Paracels par la Chine. Cette manifestation n’aurait pas pu avoir eu lieu sans l’aval des autorités vietnamiennes. Espérons que le petit Laos ne se laissera pas entraîner dans ces jeux de partage d’influences et qu’il puisse maintenir un équilibre tenable pour la tranquillité de son peuple, un peuple qui a d’autres choses à faire que de guerroyer.

Les Pyrénées 16 juin 2011

Notes

[1] Kon yuon = Vietnamien ; an mai : terme emprunté au vocabulaire vietnamien qui veut dire mendier.

[2] Fin avril 2011, 1€ vaut dans les 30.000 đồng.

[3] Cette photo est une carte postale de Luang Prabang dont l’auteur est Song Phonepaseuth. Que l’auteur trouve ici l’expression de ma gratitude.

[4] Les deux « cabarets » (phòng trà) des dernières années ont fermé leurs portes, faute de clients.

0
Category: Pot-pourri  |  Commentaire

Temps de crise ou le ventre et la tête

25th janvier 2011, 11:10

vignette
Il y a quelques mois les Saint-Gironnais ont eu le bonheur de découvrir le Pont Vieux rénové :

  • la chaussée a été rétrécie pour que les piétons aient plus de place ;
  • le revêtement de la chaussée a été refait à neuf : on a remplacé les vielles dalles de marbre qui datent d’un temps certain par de petits pavés en pierre ordinaire.
  • Quand on passe dessus à vélo ou en voiture le confort est certain : on a l’impression de rouler sur une machine à secouer ;
  • la chaussée est séparée de la partie réservée aux piétons par des petits poteaux métalliques sur toute la longueur du pont mais sur un seul côté. C’est très beau à voir par rapport à avant où il n’y avait pas de séparation matérielle à part la différence de niveau avec le trottoir. C’est une œuvre d’art.

Au final on a un pont plus étroit, qui secoue quand on roule dessus, et qui coûte un certain prix. Mais c’est sans doute aux frais de la Princesse.
Mais au fait, que sont les vieilles dalles de marbre qui revêtaient la chaussée devenues ? Elles ont sans doute été jetées à la rivière ou à la décharge, puisqu’on était obligé de les remplacer par autre chose c’est qu’elles n’étaient plus utiles. Mais quand on a besoin d’une dalle de marbre de ce gabarit pour embellir son jardin on verra que ça a certain prix chez les vendeurs de matériaux.
Apparemment les Saint-Gironnais ont autre chose à faire que de s’intéresser à leur Pont.
Alors pourquoi ne pas continuer ? Les travaux publics ne doivent pas chômer. À l’heure où ces lignes sont rédigées on procède au renouvellement des trottoirs de la rue Desbiaux : rebelote, on remplace des dalles de marbre par des carreaux en béton. C’est pas mieux ? Ça ne glisse pas, les personnes âgées se sentent ainsi en sécurité, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour elles ? Que les promoteurs de cette idée géniale soient rassurés, il y a encore à Saint-Girons d’autres rues avec des trottoirs pavés de dalles de marbre. Il faut en finir avec ces vieilleries qui datent des siècles. Les Saint-Gironnais peuvent dormir sur leurs deux oreilles, les impôts locaux ne vont pas augmenter exprès… à cause de ces menus travaux…puisque c’est aux frais de la Princesse…
photo
Mais il se passe des choses à Saint-Girons. Tenez, le seul magasin de musique à Saint-Girons a fermé avant les fêtes de fin d’année après trois semaines de liquidation. Et à la place, une boutique de produits régionaux est apparue pour servir les fins connaisseurs. À la même époque une boucherie-charcuterie a déménagé pour s’installer à la place d’un café-restaurant fermé depuis un an. À l’heure actuelle, juste après les fêtes de fin d’année on peut aligner à Saint-Girons deux charcuteries, deux boucheries, cinq boucheries-charcuteries, un rôtisseur et une boucherie chevaline pour une population d’à peine 4000 habitants sans compter les super marchés qui font aussi boucherie. Mais il y a les 18 vallées où s’éparpillent les gens… pourrait-on dire. Même en comptant la population de ces 18 vallées des environs il n’y a pas de place pour un magasin de musique. Mais il y a de la place pour deux salons de beauté à l’intention de nos amies les bêtes, et une dizaine de boucheries-charcuteries. Que vive la concurrence ! Vive la liberté du commerce. Pour le libéralisme, cette liberté sacrée prime sur toute autre liberté [hier les promoteurs de l'AGCS ont préconisé des modifications dans les Constitutions d'État pour qu'elles soient conformes aux règles du commerce transnational]. On sait fort bien par ailleurs que la concurrence ne frappe que les petits, les grands n’ont pas à les concurrencer, ils les éliminent, pas à coup de bâton, c’est barbare, il y a mieux : la règlementation, les normes, c’est beaucoup plus moderne, plus civilisé. Les petits exploitants agricoles disparaissent d’année en année au rythme de plusieurs dizaines de milliers par an, au bonheur des grands. Mais ce n’est qu’un détail dans une grande crise globalisée. Ce détail ne cache-t-il pas le vrai choix de société fait en douceur par ceux qui préfèrent remplir leur ventre que de faire de la musique et qui ont les moyens de le faire ?
Un vieux sage des contrées lointaines disait qu’il suffit de faire le vide dans la tête et le plein dans l’estomac des administrés pour écarter tout risque de révoltes de leur part, mais à l’époque personne n’avait osé aborder la question. Maintenant c’est fait à notre époque sans que personne accorde la moindre attention.
À quelque chose malheur est bon. La crise n’est pas pour tout le monde.

0
Category: Pot-pourri  |  Commentaire
« Previous Entries
  • Recherche

  • Les USA à la CPI

    Just Foreign Policy - Morts irakiens dus à l'invasion U.S.
  • Calendrier

    mai 2013
    L Ma Me J V S D
    « avr    
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  
  • Carte de connexions - Depuis le 13 mai 2012

  • Visiteurs en ligne

  • Pages

    • Avant-propos
    • Contact
    • Lettre ouverte aux peuples des États-Unis
  • Articles récents

    • Bulletin du 24 mai 2013
    • Sida quand le malheur des uns fait le bonheur des autres
    • Bulletin du 17 mai 2013
    • Bulletin du 10 mai 2013
    • Bulletin du 3 mai 2013
    • Bulletin du 26 avril 2013
    • Bulletin du 19 avril 2013
    • Bulletin du 12 avril 2013
    • Bulletin du 5 avril 2013
  • Categories

    • 11 septembre (15)
    • Archéologie (2)
    • Bibliothèque à contre-sens (1)
    • Bulletin (158)
    • Ce n'est pas de l'utopie (4)
    • Consommation (9)
    • Dialogue entre deux tondus (5)
    • Discours (4)
    • Documentaire (42)
    • Documentation (31)
    • Interview (8)
    • Lettre ouverte (9)
    • Musique (12)
    • Photos (4)
    • Portrait d'artiste (2)
    • Pot-pourri (18)
    • Rapports Nord-Sud (7)
    • Santé (22)
    • Vidéo (41)
  • Commentaires récents

    • bagan dans Bulletin du 29 mars 2013
    • Gitano dans Bulletin du 22 mars 2013
    • bagan dans Bulletin du 15 mars 2013
    • Gitano dans Bulletin du 8 mars 2013
    • Gitano dans Bulletin du 11 janvier 2013
  • Blogroll

    • 911 artefacts
    • Dé-manipulations
    • Le blog d'Eva
    • Le blog de Gilles Munier
    • Le blog de Nguyễn Thành Thống
    • Le blog de Robert Sỹ
    • Le blog de syti
    • Mounadil al Djazaïri
  • sites

    • Action Urgence internationale
    • CICNS
    • Citoyens du Monde
    • Danco
    • Dân luận
    • Dedefensa
    • Etienne Chouard
    • Fondation Beljanski
    • Francis Beauvais
    • Hạt nắng
    • Jean-Pierre Petit
    • John Pilger
    • L'oscillateur à longueurs d'onde multiples
    • La bachata
    • La Fondation Beljanski
    • La Fondation du Dr. Rath
    • La république du Lakota libre
    • Le moteur à eau
    • Le réseau Voltaire
    • Luang-Prabang
    • Ouvertures
    • Questions critiques
    • Radio Iran en langue française
    • Réelle démocratie
    • Syti
    • Tout sur AZF
    • Võ Tá Hân
    • Vivre sans OGM
    • Đồi Sen trắng (Latbuakhao)
  • Méta

    • Inscription
    • Connexion
    • Flux RSS des articles
    • RSS des commentaires
    • WordPress.org
  • Les archives du Bulletin

  • Mots-clefs

    11 septembre Afghanistan Afrique Banque Big Pharma Brésil Chine CIA Citoyen Civilisation Colonisation Consommation Dictature Démocratie Eau Empire Environnement Fascisme Finance Guerre Impérialisme Iran Israël Libye Mali Manipulation Médias Nucléaire Occident OGM OTAN Palestine Pensée unique Pesticides Peuples Pillage RD Congo Russie Santé Sionisme Syrie Vietnam Vénézuela Énergie États-Unis
  • RSS flux RSS

    • Sida quand le malheur des uns fait le bonheur des autres
    • Bulletin du 17 mai 2013
    • Bulletin du 10 mai 2013
    • Bulletin du 3 mai 2013
    • Bulletin du 26 avril 2013
    • Bulletin du 19 avril 2013
    • Bulletin du 12 avril 2013
    • Bulletin du 5 avril 2013
    • Conférence de Ghislaine Lanctôt
    • Bulletin du 29 mars 2013
Entries (RSS) and Comments (RSS). Valid XHTML and CSS.
Powered by WordPress and Fluid Blue theme | Mention légale