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Zeus – Iezeus – Isis – Jésus

vignette« Poussé par le désir de créer (qui est en Brahmâ), l’Esprit opère la création et produit l’éther auquel on reconnaît la propriété du son. L’éther en se transformant donne naissance à l’air, pur, puissant, véhicule de toutes les odeurs, auquel on attribue la propriété de la tangibilité. Puis l’air en se transformant donne naissance à la lumière brillante, qui éclaire et dissipe les ténèbres : on lui reconnaît la propriété de la couleur. La lumière en se transformant (donne naissance à) l’eau qui a pour propriété la saveur; de l’eau (provient) la terre qui a pour propriété l’odeur : telle est la création à l’origine. » (Les lois de Manou)

De même que les quatre législateurs dont nous avons parlé, Manou, Manès, Minos et Moses, dominent la société antique tout entière, de même ces quatre noms, Zeus, Iezeus, Isis, Jésus, sont à la tête de toutes les traditions religieuses des temps anciens et modernes.
Zeus, en sanscrit, signifie le Dieu par excellence; c’est l’épithète de Brahma, non agissant, irrévélé avant la création. Ce nom renferme en lui tous les attributs de l’Être suprême : Brahma-Vischnou-Siva.
Cette expression de Zeus fut admise sans le moindre changement par les Grecs; pour eux elle représente également Dieu dans sa pure essence, dans son existence mystique ; quand il sort de son repos et se révèle par l’action, l’Être suprême reçoit de la mythologie grecque le nom de Zeus-pater, c’est-à-dire Jupiter, Dieu père, créateur, maître du ciel et des hommes.
Le latin, adoptant ce mot sanscrit et grec de Zeus, ne lui fit subir qu’une légère modification d’écriture, et ce nom de Zeus devint Deus, d’où nous avons tiré nous-mêmes notre expression de Dieu, avec une signification identique à celle adoptée par les anciens.
Dieu est, en effet, dans l’idée chrétienne, le nom de l’Être symbolique, réunissant en lui tous les attributs des trois personnes de la Trinité : le Père, le Fils, le Saint-Esprit.
Ainsi, ce nom de Dieu, dans son origine grammaticale, c’est-à-dire dans son étymologie, aussi bien que dans le sens figuré qu’on y attache, n’est qu’un legs du sanscrit, qu’une tradition indoue. De Zeus, les Grecs firent aussi Théos. Cette seconde expression s’éloignait peu de la première, car si nous avons rendu par notre ‘th’ le ‘z’ un peu aspiré du sanscrit et le ‘thêta’ du grec, en suivant les règles de prononciation de ces deux langues, nous lirions Zéos, plutôt que Théos. Le ‘th’ grec n’est qu’un ‘z’ fort et aspiré.
Du Zeus sanscrit est né également le Jéhova des Hébreux, qui signifie celui qui existe par lui-même, copie évidente de la définition de l’Être suprême par Manou, livre Ier, sloca 6 : « Le Seigneur existant par lui-même, et qui n’est pas à la portée des sens externes. » Lire la suite

Jacolliot indianiste par passion

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« Les rois cherchent la guerre comme les mouches recherchent les ulcères; les méchants ne se plaisent que dans les querelles; l’honnête homme fuit les rois, les mouches et les méchants. » (Sagesse indienne)

Nous avons, dans nos dernières publications, présenté Louis Jacolliot (1837-1890) à travers des extraits de ses ouvrages. Avant de publier d’autres traductions de textes indiens découverts par notre chercheur, notamment la version indienne de la Genèse, du déluge, etc., nous tenons à présenter à nos lecteurs-internautes le point de vue de Jacolliot sur les recherches menées par des Occidentaux en Inde en matière d’histoire et de civilisation, sa méthode d’approche qui n’a rien à envier à nos méthodes actuelles à plus d’un siècle de distance. Tout anthropologue ou ethnologue en particulier, doit connaître son terrain pour être pris au sérieux, et pour connaître son terrain il faut avoir fait du terrain : partir pour la terre étrangère, y vivre avec le peuple étudié, apprendre sa langue, sa culture matérielle et idéelle, etc. Ces aspects nous semblent évidents mais ce n’était pas le cas au XIXe siècle où bien des « savants » ont déclaré : « J’ai tout lu sur … » sans jamais sortir de leur bureau. Lire la suite

À propos du monothéisme

vignette« Tout ce que le monde renferme est la propriété du brahme (prêtre); par sa primogéniture et par sa naissance il a droit à tout ce qui existe. » Manava-Dharma-Sastra – Livre I, sloca 99 et suivants.


Si aujourd’hui on met sur le dos des musulmans toutes les atrocités véhiculées par les images télévisuelles, on les stigmatise (les actualités abondent en anecdotes faisant des Arabes des accusés, des coupables parce qu’Arabes !), et par ailleurs on fait tout pour que le clash de civilisations (entre le monde judéo-chrétien et la « barbarie musulmane ») ait lieu, l’Occident dominateur et triomphaliste se rappelle-t-il de temps en temps qu’il n’a, dans son histoire, pas produit de prophète de même dimension que celle de cet Arabe né en Palestine ? Et pourtant cet Occident, à l’initiative de Rome, n’a pas hésité à récupérer la sagesse répandue par cet Arabe nommé Jésus pour en faire une religion qui se veut universaliste. À tel point que l’identité de l’Occident dont certains se réclament aujourd’hui a été forgée par les idées de ce natif palestinien ensuite déformées par l’Église romaine avant de se répandre dans le monde entier. Que l’Occident se retourne contre les descendants des frères de son prophète a quelque chose de malsain. D’un autre côté, on cite toujours le monothéisme parmi les inventions qui font la fierté de l’Occident. Et pour que personne n’oublie cette idée géniale, le grand Attali Jacques a rappelé que c’est le peuple juif, si inventif et si généreux, qui a inventé le monothéisme et a légué la Bible à l’humanité. Si quelqu’un comme Attali a dit une telle chose ça ne peut être que vrai. Il a une immense culture, il connaît tout le monde, tous ceux qui comptent, les mauvaises langues chuchotent qu’il fait partie des maîtres du monde… Il a écrit plein de livres, tout seul, sans jamais plagier personne comme le font des ignorants profiteurs en costume trois-pièces ou comme d’autres qui font écrire leur gloire par des nègres. En tout cas c’est lui qui a béni la candidature de François Hollande aux primaires du PS avant les dernières élections présidentielles en disant que « c’est le meilleur d’entre nous… ». On en connaît les résultats, mais le grand Attali a peut-être d’autres raisons de bénir François qu’il ne convient pas de dire à la plèbe. Lire la suite